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France/Nouvelle-Zélande - Wesley Fofana: "Si tu les laisses jouer, t’es mort..."

Fofana: "Si tu les laisses jouer, t’es mort..."

Le 15/10/2015 à 15:30Mis à jour Le 15/10/2015 à 15:32

COUPE DU MONDE - Associé à Alexandre Dumoulin pour affronter les All Blacks, Wesley Fofana (27 ans, 38 sélections) a bien conscience que les Bleus devront se transcender pour espérer rejoindre les demi-finales. Mais si les Bleus laissent jouer leurs adversaires, l’addition pourrait être très lourde…

Wesley, que vous inspire la titularisation d’Alexandre Dumoulin à la place de Mathieu Bastareaud ?

Wesley FOFANA: Il ne faut pas mettre toutes les fautes sur Basta. Je n’ai pas envie qu’il se sente le seul fautif. Au niveau de la ligne de trois-quarts, on n’a pas pris nos responsabilités face à l’Irlande. C’est lui qui trinque mais cela aurait pu être un autre.

Derrière, avez-vous l’impression que vous êtes encore trop timide ?

W.F: Quand tu passes ton temps à défendre, tu as moins de lucidité. C’est difficile de reprendre ses esprits. Nos avants ont beaucoup joué au près. Mais on aurait dû beaucoup plus alterner que ça. Ce sont des choses à régler.

Wesley Fofana - Centre de l'équipe de France - France-Roumanie - 23 septembre 2015

Wesley Fofana - Centre de l'équipe de France - France-Roumanie - 23 septembre 2015Icon Sport

Est-ce que cette semaine est particulière ?

W.F: Plus ça va et plus tu sens que ça monte. Ça devient un peu long. On vit ça comme une semaine avec, en face de nous samedi soir, l’une des meilleures équipes au monde. On ne va pas se mentir. Ce sera difficile. Avec tout ce qu’on entend, on n’a peu de chances mais on verra. On a envie de se lâcher.

" Je n’ai pas envie que Basta se sente le seul fautif. On n’a pas pris nos responsabilités derrière…"

Le début de match sera vraisemblablement capital…

W.F: Si on commence à prendre beaucoup de points dès le début, ce sera difficile. Il faudra mettre une grosse intensité pour leur montrer qu’on est présent. Il ne faudra pas jouer de n’importe où, sinon ça pourrait se retourner contre nous. En contre, ce sont les meilleurs. On pourrait se cramer. Mais il faudra garder le ballon plus de deux temps de jeu sinon ça pourrait faire encore plus mal que contre l’Irlande. C’est essentiel pour ce match. Il faut les agresser. Si tu les laisses jouer, t’es mort. Les duels homme à homme, c’est capital. Plus on gagnera nos duels, plus ce sera facile. Ce sont des hommes, ils s’en souviendront et ils ne feront pas la même chose après.

Wesley Fofana (XV de France) face à l'Angleterre - le 22 aout 2015

Wesley Fofana (XV de France) face à l'Angleterre - le 22 aout 2015Icon Sport

Comment trouvez-vous les All Blacks depuis le début de la Coupe du monde ?

W.F: Je les trouve très faciles. A l’image de Dan Carter qui joue dans un fauteuil et en trottinant. Ils sont très bien organisés entre avants et trois-quarts. Ils ont eu des matches délicats contre la Georgie et les Tonga mais ils ont toujours su réagir.

" Les All Blacks sont très faciles. Dan Carter joue dans un fauteuil et en trottinant"

Y-a-t-il une peur supplémentaire à jouer cette équipe néo-zélandaise ?

W.F: Forcément. Mais une bonne peur. Elle transcende. On va jouer un quart de finale de Coupe du monde. Ce sera soit l’un, soit l’autre. Il y a déjà ce stress là. Il y a un peu de peur mais beaucoup d’excitation. C’est rare que tu rentres sur un terrain de rugby en étant très cool. Tu sais qu’il y aura des contacts, de l’engagement, de l’agressivité. Mais face aux grosses équipes, ça te met encore plus dedans et ça t’excite.

Wesley Fofana (XV de France) face au Canada - 1 octobre 2015

Wesley Fofana (XV de France) face au Canada - 1 octobre 2015Icon Sport

Mais la peur de prendre une déroute est-elle présente ?

W.F: On n’a rien à perdre. On n’a pas envie de sortir de cette compétition. Si on prend une déroute, on prend une déroute. Si on a tout donné, on ne s’en voudra pas. Mais si chacun donne le meilleur, on ne prendra pas de déroute. Tout le monde le voit comme ça. On a envie de prendre nos responsabilités et de montrer un autre visage. Sur ce match, tout peut nous servir: le fait de jouer les All Blacks, de sentir nos supporters derrière nous, le stade, ce qu’on a pu vivre depuis trois ans et demi. On ne veut pas s’arrêter samedi. Ce serait assez brutal. Alors il va falloir se sacrifier.

Recueilli par notre envoyé spécial à Newport, Vincent PERE-LAHAILLE

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