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Coupe du monde, Nouvelle-Zélande - France: Ces Bleus-là auront-ils la rage ?

Ces Bleus-là auront-ils la rage ?

Le 14/10/2015 à 10:01Mis à jour Le 14/10/2015 à 11:34

COUPE DU MONDE - Pour espérer battre les All Blacks samedi en quart de finale (21h), les Bleus devront afficher un état d’esprit de guerriers. Mais le groupe de Philippe Saint-André a-t-il suffisamment de charisme et de maturité pour se transcender ?

Bon, soyons honnête. Mardi matin, en débarquant dans le cadre somptueux du Celtic Manor de Newport, la résidence du XV de France, nous nous attendions à retrouver des joueurs affamés, révoltés, au regard noir. Ouais, la rébellion attendra encore. Le brouhaha des journalistes sonnait finalement plus fort que les propos sages des Tricolores. "Pour l’instant, tout se passe bien dans le groupe et on n’a pas à se dire des vérités entre quatre murs", expliquait le pilier Nicolas Mas. "C’est important de rester ensemble sans que ça nous fasse sortir du match. Il faut être soudé mais sans tomber dans l’excès". Et pourtant ! Un peu d’excès ne ferait sans doute pas de mal à une équipe de France endormie. "Il ne faut surtout pas que l’on perde confiance", poursuit un Nicolas Mas volontairement optimiste. "On a montré de bonnes choses dans le combat contre l’Irlande, dans le caractère. Il faut faire abstraction de tout et se mettre dans une bulle pour bien se préparer. Il faut être positif, ne pas se mettre la tête au fond du seau et se révolter".

Nicolas Mas sonne la charge contre le Canada - 1er octobre 2015

Nicolas Mas sonne la charge contre le Canada - 1er octobre 2015Icon Sport

Mas: "On est passé par des moments très difficiles pendant quatre ans"

Se révolter d’accord. Mais comment ? En écoutant les discours ronronnants, il est difficile d’imaginer les hommes de Philippe Saint-André en transe. Et quand on demande à Sébastien Tillous-Borde comment il juge la maturité de l’équipe, sa réponse, après un silence de quelques secondes, laisse pour le moins perplexe : "Je ne sais pas… On verra après le match". Mais ces 31 joueurs retenus par le sélectionneur ont-ils véritablement un mental de guerrier pour battre les All Blacks ? "Je l’espère" , glisse le demi de mêlée du RCT sans afficher la moindre certitude sur les ressources psychologiques de ses coéquipiers.

Nicolas Mas, en revanche, rappelle avec raison le passé tourmenté de cette équipe tellement laborieuse dans ses résultats. "On est passé par des moments très difficiles pendant quatre ans", rappelle le pilier droit de Montpellier. "Si l’équipe n’avait pas été serrée, on n’en serait pas là aujourd’hui. On a réussi à faire bloc ensemble. On a ces ressources-là qui montrent qu’on a le caractère nécessaire pour être présents dans ces grands moments. C’est difficile de dire ce qu’on va faire. Il faut que ça reste entre nous. On ne peut pas tout dire. C’est important de se protéger, de rester ensemble sans que ça nous fasse sortir du match".

Brice Dulin (XV de France) face à l'Irlande - 11 octobre 2015

Brice Dulin (XV de France) face à l'Irlande - 11 octobre 2015Icon Sport

Dulin: "Il faut qu’on arrive à se surpasser, qu’on se bouge"

Si la comparaison avec le clash de 2011 entre Marc Lièvremont et son groupe est inappropriée, les joueurs de Philippe Saint-André doivent toutefois abandonner leurs habits de gentils soldats pour un uniforme de grands garçons. "Il faut qu’on prenne les choses en mains", confie Sébastien Tillous-Borde. "Prendre les choses en mains, ça veut dire que tout le monde soit concerné, à fond dans le match de samedi. Après le match de l’Irlande, on s’est réuni entre joueurs. On a discuté et tout au long de la semaine, ce sera la même chose. On n’a pas le temps de s’apitoyer sur notre sort. On n’est pas mort non plus. Le plus important, c’est de déclencher quelque chose cette semaine, un élan collectif".

Mais comme le souligne justement Brice Dulin, cet élan ne pourra être déclenché que si "on arrive à se surpasser, qu’on se bouge sinon on ne pourra pas aller plus loin". Mais ces Bleus-là auront-il la haine samedi soir (21h) ?

De notre envoyé spécial à Newport, Vincent PERE-LAHAILLE

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