Quentin Guichard

Pelous sur l’exploit "irréel" de 1999 : "Il y a quelque chose qui nous unit"

Pelous sur l’exploit "irréel" de 1999 : "Il y a quelque chose qui nous unit"

Le 21/06/2022 à 00:11Mis à jour

Le match d’une vie de sportif, voire d’une vie d’homme. Fabien Pelous raconte le mémorable succès de l’équipe de France de rugby face à la Nouvelle-Zélande (43-31), à Twickenham, en demi-finale de la Coupe du monde 1999. "Quelque chose qui était un peu irréel" et qui a créé des liens indéfectibles, comme il l’explique dans le podcast Belle Trace, qui sera disponible ce mercredi en intégralité.

"J’ai joué plein de matches avec l’équipe de France, plein de matches de manière générale, mais les joueurs avec qui j’ai joué ce match-là, il y a un petit truc en plus, je n’arrive pas vraiment à le définir, il y a quelque chose qui nous unit." La phrase est de Fabien Pelous, recordman de sélections (118) avec le XV de France. Le match en question, c’est "cette fameuse demi-finale de la Coupe du monde 1999, dont on reparle encore, tout le temps", sourit-il.

Une victoire 43-31 à Twickenham, face à l’ogre néo-zélandais de l’autobus Jonah Lomu. "Un des meilleurs souvenirs de ma carrière, parce qu’il y a eu cette émotion-là, le fait de renverser une montagne, se remémore Pelous, dans le cadre du podcast Belle Trace de Florence Masnada. On joue les All Blacks, quatre mois avant, on en avait pris 50 contre cette équipe [défaite 54-7 en Nouvelle-Zélande, NDLR] (…) Cela reste un fait d’armes du sport français."

"Je crois que cela marque à vie… Une vie d’homme, plus qu’une vie de sportif"

Au-delà du statut d’outsider des Bleus, qui chuteront en finale face à l’Australie, il y a le scénario de la partie. 24-10 pour la machine "néo-z", peu après la pause, grâce au deuxième essai de Lomu… avant que la marée tricolore n’emporte tout sur son passage. "On a basculé dans quelque chose qui était un peu irréel, estime l’ancien deuxième ligne toulousain. Je pense que cela a marqué tout le monde." D’où ce "lien un peu particulier" entre les héros du 31 octobre 1999.

"On a fait cet exploit-là. Je crois que cela marque à vie… Une vie d’homme, plus qu’une vie de sportif, finalement", appuie Fabien Pelous. Ce succès est celui d’un groupe qui s’est soudé dans la difficulté, au gré d’une préparation physique professionnelle à laquelle le rugby hexagonal n’était pas encore habitué. Mais il dépasse ce cadre, il est emblématique : "Cela représente tellement bien ce que l’on aime du sport français, avec un jeu qui procure beaucoup d’émotions, très inspiré."

Philippe Bernat-Salles lors de France - Nouvelle-Zélande à Twickenham en 1999

Philippe Bernat-Salles lors de France - Nouvelle-Zélande à Twickenham en 1999AFP

"Une légende chouette à vivre" mais…

Le mythe du french flair ? "J’ai du mal à définir ce qu’est le french flair, rétorque Pelous. Mais on se disait que tout était possible, que l’on pouvait battre par l’émotion que l’on dégageait des équipes plus fortes que nous… Et à cette époque, beaucoup d’équipes étaient plus fortes que nous, en termes de jeu, de stratégie." Pas des paroles en l’air. Quelques mois plus tôt, la France avait terminé dernière du Tournoi des Cinq Nations.

"On en parle 20 ans après (sic) et, à chaque fois, on rajoute un petit peu à la légende. Une légende chouette à vivre qui, j’espère, prendra un coup de vieux après la saison prochaine, avec une victoire en Coupe du monde, enfin, de l’équipe de France", poursuit Fabien Pelous, en référence au Mondial organisé par la France, en 2023. "Mais pour l’instant, ça tient bon", conclut-il dans un éclat de rires.

Christophe Lamaison au premier plan, la France lève les bras, la Nouvelle-Zélande tête basse

Christophe Lamaison au premier plan, la France lève les bras, la Nouvelle-Zélande tête basseAFP

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