Midi Olympique

Novès: "Comment faire?"

Novès: "Comment faire?"
Par Rugbyrama

Le 09/06/2009 à 18:45Mis à jour

Les Toulousains ont hérité d'une des poules les plus difficiles de la prochaine H Cup. Ils devront affronter Cardiff, Sale et les Harlequins. L'entraîneur Guy Novès, fataliste, se demande comment son équipe peut jouer le coup à fond en Top 14 et en Coupe d'Europe. Il pourrait revoir ses priorités.

Quelle est votre réaction après l'annonce de votre poule de H Cup ?

Guy NOVES : Que dire, si ce n'est que ça relève de la Champions League ?! Nous allons affronter un quart de finaliste, un demi-finaliste et Sale, qui est l'une des meilleures équipes du championnat anglais puisqu'elle l'a remporté il y a deux ans. Ça va être du très lourd. Cette poule, plus le Top 14 qui sera encore plus dur puisqu'il faudra finir parmi les deux premiers, plus les stages... Je ne sais pas quoi dire sinon que ce sera très difficile.

La difficulté de cette poule peut-elle vous amener à revoir vos ambitions dans cette compétition la saison prochaine ?

G.N. : Quand je vois l'état de fatigue des joueurs à la fin de cette saison, je me dis qu'on ne peut vraiment pas jouer sur plusieurs tableaux à la fois. A trop le faire, on ne va au bout d'aucun chemin. Peut-être va-t-il falloir avoir un esprit différent, faire plus de rotations. Il faudra mettre moins de pression sur la Coupe d'Europe cette année. D'autant plus que, comme d'habitude, il n'y a pas d'équipe italienne dans notre poule. Nous ne disputerons que des matchs difficiles. Les phases finales de Coupe d'Europe et de Top 14 s'enchaînent les semaines à la suite des autres. Cette saison, je n'avais pas le temps de serrer la main à mes joueurs qu'ils étaient déjà dans un taxi pour rejoindre Marcoussis !

Avoir Cardiff dans votre poule est-il un avantage ou un inconvénient selon vous ?

G.N. : Je ne peux pas encore le dire. Ce qui est sûr, c'est que les Gallois nous ont éliminés en quart de finale. Alors ils sont plus forts que nous et c'est donc un inconvénient.

Vous faites partie des équipes les moins "gâtées" par ce tirage au sort...

G.N. : Le fait d'avoir deux équipes anglaises est vraiment handicapant. Quand on joue contre une équipe italienne, on a une véritable chance de terminer premier de poule. Si ce n'est pas le cas et qu'on échoue sur un match, on peut être meilleur deuxième grâce au goal average particulier. Là, ça va être vraiment, vraiment dur. Je ne suis pas sûr que nous ayons un véritable intérêt à participer aux phases finales de la Coupe d'Europe la saison prochaine.

Est-il imaginable que le meilleur club français en Coupe d'Europe ne joue pas le coup à fond ?

G.N. : Vous savez, le jour de la demi-finale de Top 14, mes joueurs recevaient un fax pour leur départ en tournée dès le lundi suivant... Les gens peuvent comprendre que les joueurs de Toulouse ne sont pas des machines de guerre ! On a vu leur manque de fraîcheur à l'occasion de la défaite contre Clermont. On nous parle de trois doublons pour la saison prochaine, mais il y en a neuf ! Le 15 août pour la reprise du championnat, les internationaux ne pourront pas jouer. Même chose une semaine après les tests de novembre. La Fédération française et l'équipe de France n'appellent pas ça des doublons mais pour nous, c'est la même chose ! Ces difficultés, il faut les digérer. On demande aux joueurs d'être les meilleurs en championnat, en Coupe d'Europe, pendant les tests de novembre, pendant le Tournoi des 6 Nations puis pendant la tournée estivale. Alors vous me dites que ce ne serait pas imaginable, mais moi je vous demande comment faire dans ce cas-là.

Venons-en maintenant aux Barbarians. Vous serez leur entraîneur lors de la tournée en Argentine du 11 au 22 juin. Comment l'abordez-vous ?

G.N. : Ce sera une tournée d'agrément, avec deux matchs en Argentine durant lesquels des joueurs oubliés des sélections pourront jouer un rugby différent, sans pression, qui n'altèrera pas leur début de saison puisqu'ils pourront jouer le 15 août pour la reprise. Ces joueurs pourront découvrir leurs homologues des autres clubs dans des conditions différentes, dans une autre atmosphère. Cette équipe des Barbarians peut, en plus, permettre à certains d'entre eux de se relancer. Je pense à des garçons comme Brian Liebenberg ou David Attoub, qui ne sont pas loin d'être sélectionnés.

On dit aussi que ces matchs rajoutent des dates à ce calendrier déjà chargé que vous dénoncez...

G.N. : Vous savez, ce sera ça ou le beach rugby (rire) ! Pour le moment, j'essaye de trouver des joueurs (Jean Bouilhou et David Marty ont déclaré forfait ce mardi, NDLR). Ils sont tous partis avec l'équipe de France, France A ou les Moins de 20 ans. Et avec les étrangers rentrés chez eux, ce n'est pas facile ! Pour revenir à des choses plus sérieuses, on ne peut pas juste dire que ça rajoute des matchs. Cela permet aux joueurs d'être reconnus comme je le disais et de jouer dans une atmosphère différente, celle des Barbarians.

Personnellement, comment allez-vous vivre cette aventure ?

G.N. : Pour moi, c'est plus une affaire humaine, d'amitié. Partir dix jours en Argentine alors que j'ai travaillé dur toute l'année n'est pas idéal mais, par amitié pour les personnes proches des Barbarians, je ne pouvais pas refuser. Les Baabaas, c'est de l'affectif, une affaire d'hommes et c'est ce qui compte le plus pour moi. Je prends cette responsabilité comme un honneur. J'avais d'ailleurs joué mon premier match avec l'équipe de France en Argentine... Ça va être très agréable.

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