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Gaëlle Hermet, capitaine de l'équipe de France, passeuse d'espoirs en Ehpad

Gaëlle Hermet, capitaine de l'équipe de France, passeuse d'espoirs en Ehpad
Par AFP

Le 03/04/2020 à 09:28Mis à jour Le 03/04/2020 à 09:30

CORONAVIRUS - "Être un relais" avec les familles : la capitaine du XV de France Gaëlle Hermet a enfilé sa tenue d'ergothérapeute en Ehpad à Cadours (Haute-Garonne) et s'est muée en passeuse d'espoirs pour les personnes âgées depuis la fin impromptue début mars du Tournoi des VI nations dames en raison du coronavirus.

"Au-delà du confinement, on essaie d'être encore plus au coeur du relationnel avec nos patients. C'est ce lien dont ils ont besoin. Il manque et il faut l'entretenir pour vaincre ce virus", affirme la 3e ligne aile du Stade Toulousain. "La solidarité, la complémentarité et l'empathie, ces valeurs du rugby qui me tiennent à coeur, on les retrouve dans mon métier. L'ergothérapie et le rugby, ce sont les mêmes valeurs mais avec une autre tenue", estime la jeune femme de 23 ans, diplômée en septembre dernier. La mission d'un ergothérapeute en Ehpad est notamment d'aider ses pensionnaires à conserver leur autonomie le plus longtemps possible.

Mais dans le contexte actuel, avec l'interdiction pour les familles de rendre visite à leurs parents ou grands-parents, les soignants restent aussi le seul lien de contacts pour les personnes âgées en Ehpad.

" Seul lien"

"Nous sommes le relais. Auparavant, nous le faisions déjà. Aujourd'hui, en raison de la situation, c'est encore plus important", insiste Gaëlle Hermet. Avec le "maximum de précautions", comme des "masques livrés récemment" ou des gants, "on essaie de beaucoup discuter" avec les résidents. "On veut vraiment que le confinement soit le moins difficile possible pour eux", souligne la joueuse. Embauchée en décembre, Hermet, employée deux jours par semaine dans cet établissement de Haute-Garonne comptant 60 lits, n'est pas la seule ergothérapeute du XV de France. C'est aussi le cas de la talonneuse Agathe Sochat (Montpellier) et de la centre Camille Boudaud (Toulouse).

La troisième ligne Émeline Gros (Grenoble) travaille, elle, dans un Ehpad comme infirmière, alors que la 2e ligne Amandine Loubet (Toulouse), infirmière, est installée en libérale. La capitaine des Bleues a eu du mal à digérer l'arrêt abrupt des compétitions. Notamment, l'annulation définitive du Tournoi : "Il y a surtout de la déception de finir le Tournoi comme ça", dit-elle. Son grand regret est surtout de n'avoir pas pu disputer le match en Écosse après la contamination d'une joueuse locale, un jour avant la rencontre à Glasgow, prévue le 7 mars.

" Quelques élastiques"

"On comprend la décision. Mais symboliquement, à l'occasion de la journée internationale des Droits des femmes (le 8 mars, ndlr), on devait porter un maillot avec l'image de Simone Veil. On avait vraiment à coeur de porter ce maillot", affirme-t-elle. Face au ravage du virus, Gaëlle Hermet reconnaît volontiers que "le rugby n'est pour l'instant pas sa priorité". Dans le même temps, elle piaffe d'impatience de "retrouver les terrains et les copines" et elle tente autant que possible de s'entretenir physiquement. Son objectif est "de conserver une certaine forme" en prévision de la reprise des entraînements qui seront "encore plus durs que d'habitude" car ils succéderont à "une longue période d'inactivité".

"Je m'entraîne de la meilleure façon possible avec ce que j'ai. Mon appartement est devenu ma salle de musculation, ma salle d'entraînement. Je me sers de ce que je peux. Je fais avec les moyens du bord", raconte Gaëlle Hermet, qui utilise par exemple "quelques élastiques". Finalement, "le plus compliqué, ce sont les séances de courses" mais là encore place à l'imagination. "J'essaie de trouver des alternatives", résume-t-elle, sans plus de précision. Dans sa tête, Gaëlle Hermet, se remet doucement en mode championne car elle s'est déjà fixée un nouvel objectif : la Coupe du monde 2021 en Nouvelle-Zélande.

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