• United Rugby Championship - Steven Kitshoff (Stormers)
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  • Top 14 - Steven Kitshoff (Bordeaux-Bègles)
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  • International - Steven Kitshoff, Malcolm Marx et Frans Malherbe (Afrique du Sud)
    International - Steven Kitshoff, Malcolm Marx et Frans Malherbe (Afrique du Sud)

Kitshoff : "À chaque fois que je venais jouer à Clermont, la Yellow Army était impressionnante"

Par Rugbyrama
Le

CHAMPIONS CUP - Steven Kitshoff s'est livré en exclusivité pour Rugbyrama, à quelques jours du déplacement des Stormers à Clermont, samedi à 16 heures 15. Champion du monde avec l'Afrique du Sud, le pilier gauche aux 71 sélections anticipe une "grande atmosphère" face à l'ASM et répond aux critiques de l'introduction des équipes sud-africaines en Champions Cup...

Dans quel état d’esprit êtes-vous avant d’affronter Clermont ?

Je crois que pour les Stormers, c’est massif. Certains gars vont jouer pour la première fois la Champions Cup, et tout le monde est très excité. On sort de deux bons week-ends en URC, et je crois que le groupe est très enthousiaste à l’idée de jouer l’une des meilleures équipes françaises en match d’ouverture.

Vous êtes arrivés ce mardi matin en Auvergne, était-ce nécessaire d’arriver si tôt pour se préparer au mieux ?

Absolument ! On a voyagé quinze ou seize heures, on a dû encaissé cela et s’habituer au climat. Il fait très froid ici comparé à l’Afrique du Sud (rires). Je crois que c’est nécessaire de s’entraîner dans les conditions réelles et de s’habituer à l’atmosphère d’un match à l’extérieur. Nous avons pu nous entraîner sur le terrain des Espoirs de l’ASM donc c’est parfait.

Comment se sentent vos coéquipiers, et surtout ceux qui n’ont jamais joué la Champions Cup ?

Je pense que les gars sont dans un état d’esprit conquérant. Effectivement, certains n’ont jamais joué cette compétition mais nous avons pu avoir une longue réunion ce mercredi matin pour gérer l’atmosphère d’une rencontre à Clermont, s’imprégner de l’ambiance et la passion qu’il y aura au Michelin. Ce sera hostile, 18 000 personnes vont pousser derrière eux. C’est quelque chose de nouveau pour certains mais nous nous en sommes bien imprégnés. C’est tellement excitant…

Vous qui avez déjà joué en Champions Cup, avez-vous donner quelques conseils à vos coéquipiers ?

Même si mon expérience à Bordeaux-Bègles remonte à 2017, je me rappelle que cette compétition est un niveau au-dessus des championnats classiques. Cela se rapproche du niveau international, et je n’ai pas eu besoin de donner des conseils à mes coéquipiers. Ils savent que ce sont de grands matchs à disputer. Les gars sont bien préparés à cette échéance.

United Rugby Championship - Steven Kitshoff (Stormers)
United Rugby Championship - Steven Kitshoff (Stormers)

Pour vous, la Champions Cup est-elle l’objectif numéro 1 après votre titre en URC ?

Cela en fait partie oui. Nous avons gagné l’URC après une saison incroyable, maintenant le but est de bien figurer en Champions Cup. Le niveau va monter d’un cran, surtout sur ce déplacement en France. Gagner cette compétition serait fantastique mais c’est un gros défi qui nous attend. Le groupe est préparé comme jamais, tant physiquement que mentalement.

Quel regard portez-vous sur l’équipe de Clermont ?

Pour être totalement honnête, je n’ai pas regardé beaucoup de matchs de Top 14 cette saison (rires). Je crois que même s’ils sont dixièmes, Clermont a toujours été une équipe difficile à jouer chez eux. Ils ont un bon équilibre entre leur pack et leurs arrières qui sont très bons en attaque. Ce sera un défi difficile et excitant, cela n’aura rien de facile.

Vous avez joué à l’UBB deux saisons (2015-2017), quels souvenirs gardez-vous de l’ASM ?

Je me rappelle de beaucoup de grandes choses ! À chaque fois qu’on venait jouer à Clermont il y avait toujours cette passion et cette atmosphère si particulières. Je ne crois pas que Clermont soit une grande ville, mais on sent que tout le monde pousse derrière leur équipe. La Yellow Army est vraiment impressionnante. Sur le terrain comme je l’ai dit, cela a toujours été difficile de venir ici. Très physique, très dur…

Top 14 - Steven Kitshoff (Bordeaux-Bègles)
Top 14 - Steven Kitshoff (Bordeaux-Bègles)

Vous allez rencontrer Damian Penaud, que vous avez déjà affronté avec les Springboks, y a-t-il un plan pour le stopper ?

(il sourit) Il a été très bon sur cette tournée d’automne et on a vu à quel point il est rapide, mais nous n’avons pas mis de marqueurs sur les individualités de Clermont. Notre but sera surtout d’arrêter leurs avants et ralentir leurs sorties de balle. L’idée est de contrarier leurs plans.

Selon vous, qu’est-ce qui fera la différence pour ce match d’ouverture ?

Premièrement, nous nous devons d’avoir une grande conquête, c’est primordial à ce niveau. Mais je crois que l’équipe qui gagnera sera celle qui saura imposer le tempo de la rencontre. Notre gros défi sera de savoir identifier les moments où nous devrons leur mettre la pression avec du jeu au pied, ou garder le ballon. Mais c’est aussi notre grande force.

Vous avez d’ailleurs plusieurs joueurs capables d’accélérer le jeu, comme Mannie Libbok ou Damian Willemse, quelle stratégie allez-vous employer ?

Tout ce que je peux dire c’est qu’on a une stratégie, mais je ne vais pas vous la dire (rires). Le plus important est que l’on reste fidèle à notre ADN. On a des trois-quarts très dynamiques qui peuvent prendre des décisions très rapidement. Nous, les avants, devront faire le nécessaire pour leur donner des bons ballons et qu’ils puissent casser les lignes.

Votre entraîneur a d’ailleurs déclaré qu’il fallait que vous jouiez sans vous relâcher en deuxième mi-temps comme sur les deux derniers matchs…

Absolument, même si je n’ai pas joué le dernier match contre les Dragons, j’ai vu qu’on a baissé d’intensité en deuxième mi-temps après un très bon premier acte. Notre jeu s’est un peu cassé en deux mi-temps. C’est vraiment le point que nous devons améliorer et c’est une bonne leçon. Même avec vingt ou vingt-cinq points d’avance, on ne doit pas se relâcher, surtout en Champions Cup.

Beaucoup de critiques ont émergé en France sur l’introduction des équipes sud-africaines en Champions Cup. Qu’en pensez-vous ?

C’est difficile ! Je pense que les Français ont été habitués à voir les Sud-Africains jouer en Super Rugby, contre les Néo-Zélandais et les Australiens. Je comprends qu’ils peuvent être frustrés de ne plus avoir cette "Coupe d’Europe" et qu’ils ont encore ce regard d’européen. Mais je crois que c’est une bonne chose pour l’Afrique du Sud. Cela va simplifier les voyages, amener plus d’audience, avec des matchs au même horaire. En tant que Sud-Africain c’est plus facile, et je pense que dans plusieurs années ce sera une bonne chose pour tout le monde avec plus de grandes équipes qui joueront face à face.

International - Steven Kitshoff, Malcolm Marx et Frans Malherbe (Afrique du Sud)
International - Steven Kitshoff, Malcolm Marx et Frans Malherbe (Afrique du Sud)

Dans ce contexte, seriez-vous favorable à l’introduction de l’Afrique du Sud dans le Tournoi des Six Nations ?

Ce serait une bonne chose ! Premièrement, nos calendriers seraient enfin alignés. Aujourd’hui, l’URC et la Champions Cup s’étendent de septembre à juin et nous, les Sud-Africains, devons ensuite enchaîner avec le Rugby Championship, ce qui fait que nous n’avons jamais de vrai repos. Cela permettrait également aux joueurs d'être davantage présents avec leurs clubs, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Ce serait le prolongement logique finalement.

La saison prochaine vous jouerez en Ulster. Quelle ont été vos motivations ?

Il y en a plusieurs. D’abord, l’Ulster est une grande équipe avec un pack très costaud… ce sera "fun" de jouer là-bas (rires). Ensuite, financièrement ils m’ont fait une belle offre qui en disait long sur leurs intentions avec moi. Nous en avons beaucoup parlé avec ma femme, et je crois aussi que j’avais besoin d’un nouveau chapitre dans ma vie. J’ai beaucoup donné aux Stormers, j’ai vécu des choses incroyables, j’ai joué plus de 120 matchs… C’est un nouveau défi pour moi !

Une dernière question, concernant les Springboks. Quel bilan tirez-vous de cette tournée de novembre ?

Même si nous avons perdu contre l’Irlande et la France, je pense que nous avons progressé et tout le monde est satisfait. On a beaucoup appris sur ces deux rencontres, et surtout, nous avons clairement identifié les forces et faiblesses du top 4 des nations mondiales. On a fait un grand match contre l’Angleterre et je pense que les entraîneurs sont très contents de notre tournée. L’objectif pour le Mondial sera d’être sur la même ligne mentalement. Nous serons prêts physiquement, mais tout le monde devra marcher dans la même direction pour faire le doublé.

Propos recueillis par Clément LABONNE