• Champions Cup - Anthony Lepage (Directeur général de l'EPCR
    Champions Cup - Anthony Lepage (Directeur général de l'EPCR

Lepage (EPCR) répond au CO : "On a essayé de décaler le match. C’est déjà une marque de respect"

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CHAMPIONS CUP - À l’aube du début des compétitions européennes, Anthony Lepage fait le point sur les sujets brûlants de l'actualité : format, intégration des franchises sud-africaines, disparition de Worcester et des Wasps... Le directeur général de l’EPCR revient également sur l’impossibilité de reporter le match Castres - Exeter et répond aux attaques du manager tarnais, Pierre-Henry Broncan.

Contrairement à la saison dernière, les huitièmes de finale se joueront en un seul match et non en aller-retour, pourquoi ?

Le format des huitièmes de finale aller-retour était éphémère, on le savait. Pour comprendre, il faut remonter quelques années en arrière. On a acté, il y a deux ou trois ans, le fait de changer de formule pour passer de neuf à huit week-ends de compétition. Cette formule devait prendre effet cette saison seulement. Finalement, il y a eu le Covid-19 avec un report de la saison 2019-2020 en septembre et octobre 2020. On a donc pu reporter la saison à condition de raccourcir la saison suivante. Ce qu'on a fait en appliquant le nouveau format de compétition, plus court : quatre matchs de poules, huitième, quart, demi et finale. L'an dernier nous avions conservé les huitièmes de finale en formule aller-retour -format qui avait donné lieu aux qualifications de Toulouse et Montpellier avec un petit point d'avance après de matchs- afin de revenir aux neuf dates. Cette fois, il est temps de passer à huit.

L’intégration des franchises sud-africaines a suscité beaucoup de réactions. Pourquoi ce choix ?

C'est assez simple : elles jouent en "URC" depuis plus d’un an, dont tous les autres clubs engagés sont également présents en Champions Cup et Challenge Cup. On doit innover et se développer en permanence pour rester attractif, c’est cette combinaison de différents facteurs qui a fait notre choix, approuvé par les clubs anglais et français. Mais, sincèrement, on croit en ce projet; C’est une grande opportunité pour nous comme pour le rugby sud-africain. Le niveau de jeu va naturellement s’élever et ça sera beaucoup plus difficile de gagner cette compétition.

Les franchises sud-africaines vont désormais pouvoir se tester lors de cette première quinzaine de coupe d'Europe. Impressionnantes, elles affronteront notamment des clubs français avec autant de méfiance que d'ambitions.https://t.co/Go7xsQE2mP

— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) December 8, 2022

Avez-vous déjà eux des retours des Sud-Africains ?

D’une manière globale, leur intégration est déjà faite. Ils connaissent les clubs européens et il y a énormément de joueurs qui ont déjà joué en France. Aujourd’hui, ils ont même des entraîneurs français comme Yannick Bru. Ils sont donc prêts. En ce qui concerne la gestion des de match, c’est plutôt classique. On a construit les calendriers avec l’URC, de sorte que les Sud-Africains vuendront en Europe pour y disputer plusieurs matchs.

Les Cheetaths sont les seuls sud-africains "invités", puisqu’ils ne jouent pas en URC comme les autres et qui joueront leur match "à domicile" en Italie, pourquoi ?

C’est simple. Notre accord avec l’union sud-africaine porte sur quatre franchises et les Cheetaths, qui avaient le meilleur dossier et répondaient pleinement à notre cahier des charges, ont été invités en tant que quatrièmes. Cela nous évite d’avoir un club exempt chaque week-end, comme la saison dernière. Ils seront basés en Europe pendant toute la compétition, avec un pied-à-terre en Italie.

Le sujet de l’écologie fait également beaucoup en raison de la multiplicité des longs déplacements...

On est conscient que cela va générer des voyages supplémentaires mais, depuis le début, on travaille ensemble pour optimiser les calendriers. On est d'ailleurs en train de développer quelque chose de plus sophistiqué. Mais, quand on y réfléchit, les Sud-Africains se déplaçaient déjà en Nouvelle-Zélande ou en Australie ; venir en Europe au lieu d'aller chez les néo-zélandais va réduire leurs déplacements. Ceci dit, nous estimerons l'empreinte carbone avec la volonté de s’améliorer au fil des années.

Pourquoi continuer avec des poules de douze équipes ?

Ce format n’a que deux ans. L’idée ce n’est pas de changer toutes les saisons. Et ce n’est pas si simple de trouver un modèle avec seulement huit dates. Mais on n’est pas fermé sur le sujet et on travaille en permanence sur l’idée d'amélioration des formats. Cela demande du temps... Mais encore une fois, tout peut changer.

Comment avez-vous géré les forfaits des Worcester et Wasps ?

On est vraiment désolé pour ces deux clubs anglais, leurs joueurs, staff et supporters. Le covid a fragilisé les entreprises et les clubs de rugby n'y échappent pas. Sur ce sujet;, on a procédé avec humilité et dans le calme. Nous étions en relation permanente avec la Ligue et la Fédération anglaise qui nous ont permis de travailler sereinement. Il y avait plusieurs options : on pouvait soit intégrer d’autres, soit rester en l'état et réaménager les calendriers. Au vu du timing très serré, nous avons finalement décidé de ne pas les remplacer. Du coup, les deux clubs qui se retrouvaient privés de matchs s’affronteront entre eux.

La Fédération anglaise a rejeté les appels des Wasps et de Worcester contre leur relégation en 2e division, l'instance estimant que les clubs étaient responsables de leurs déboires financiers.https://t.co/DYGGBPobiE

— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) December 7, 2022

La Champions Cup et la Challenge Cup seront diffusées sur BeinSport en France, avec moins de visibilité. N'est-ce pas un problème ?

Je vais juste répondre qu’on est content de notre partenariat avec BeinSport. C’est un partenariat complet. Cela fait partie de notre stratégie, aussi : on veut de la continuité pour permettre à tout le monde de travailler sereinement. Le travail de BeinSport est exceptionnel et on a pu voir une forte progression des audiences.

Le Castres Olympique vous a sollicité pour décaler son match face à Exeter, en raison de la programmation au même moment du quart de finale de la Coupe du monde de football France-Angleterre. L’EPCR a finalement refusé le report. Pourquoi ?

D’abord, je comprends la frustration ; cette situation n’est pas idéale pour nous non plus. Nous n’avons rien contre Castres, ni même contre Exeter. Le propblème de chevauchement entre le match de Castres et le quart de finale de football avait déjà été identifié, dès cet été. On savait que c’était une éventualité. Malheureusement, nous n’avons pas trouvé plus de solution il y a quatre mois qu’aujourd’hui. Vous savez, on a beaucoup de contraintes en termes d'organisation, avec un cahier des charges strict à respecter. On a essayé de décaler le match, mais on n’a pas pu. Sicnèrement, on aurait préféré le reprogrammer mais ce n’est juste pas possible.

Une demande de report du match a été rejetée par l’EPCR, ce qui n’a pas forcément enchanté Pierre-Henry Broncan. Le manager tarnais a réagi à sa manière en conférence de presse !https://t.co/HOuwwRU94j

— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) December 8, 2022

Pierre-Henry Broncan a déclaré : "Le CO n’est pas respecté ! On se fout de la gueule du club.". Qu’avez-vous à répondre ?

Pour nous, c’est dur à entendre. On connaissait les risques. On a demandé à nos équipes de travailler à nouveau sur le problème, on a travaillé jour et nuit pour trouver une solution. On a essayé de décaler le match. Et c’est déjà une grande marque de respect. Après, chacun son opinion. C’est assez frustrant parce qu’on est là pour les clubs et on travaille avec eux. Donc oui je comprends leur position, mais avec 42 clubs c’est vrai que ce n’est pas évident de satisfaire tout le monde.

Le problème peut-il potentiellement se poser à nouveau ?

Ces risques ont été identifiés longtemps à l’avance donc s’il devait y avoir une finale avec les Français, nous avons trouvé une solution. S’il devait y avoir d’autres match comme pour la troisième place, je crois que nous n’avons pas de solution.