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Toulouse, à jamais le premier en 1996

Toulouse, à jamais le premier en 1996
Par Jérôme Prevot via Midi Olympique

Le 07/01/2022 à 14:24Mis à jour Le 07/01/2022 à 16:45

COUPE D'EUROPE - Le 7 janvier 1996, Toulouse gagnait la première finale de l'Histoire de la Coupe d'Europe face à Cardiff. La compétition balbutiait, mais la finale fut palpitante, même si le Stade évoluait un cran au-dessus.

À jamais les premiers... Personne ne pourra enlever ça au Stade Toulousain. Il a gagné la toute première Coupe d'Europe jamais mise en jeu, 21-18 contre Cardiff. "Inoubliable" titra tout de même Midi Olympique avec une photo d'Emile Ntamack et de Philippe Carbonneau en train de brandir la nouvelle coupe en une.

C'était une victoire historique à n'en pas douter, mais ce ne fut pas vraiment un triomphe. On veut dire par là que cette première édition essuyait encore les plâtres, la finale était en début janvier et les clubs anglais avaient refusé de participer. En plus, les clubs et les provinces celtes n'étaient pas encore organisés comme ils le seraient plus tard. Alors ce succès toulousain ne surprit personne, il avait toutes les apparences de la logique. En plus, le stade n'était pas plein, 20 000 personnes à peine, ce qui enlevait un peu de lustre à l'événement.

Christophe Deylaud (Toulouse).

Christophe Deylaud (Toulouse).Icon Sport

Mais les Toulousains entraînés par Guy Novès eurent le mérite de s'imposer à l'Arms Park, sur la pelouse, ou presque, de leur adversaire, le Cardiff RFC et son maillot bleu et noir. Il faut aussi reconnaître qu'à cette époque, le rugby gallois était au creux de la vague, cette équipe de Cardiff-là, n'était pas une machine de guerre. Son joueur le plus talentueux , l'ouvreur Jonathan Davies, n'était même pas titulaire. Il avait 36 ans et revenait à quinze après un long passage à treize. Les Toulousains avaient beaucoup plus d'individualités au talent insolent à commencer par Emile Ntamack, le père de Romain, Christophe Deylaud, Thomas Castaignède, Philippe Carbonneau... On arrête là l'énumération. Si l'on ajoute les qualités de meneur d'hommes de Novès, et la force collective de ce club unique, on comprend pourquoi Toulouse abordait la rencontre en grandissime favori malgré le déplacement.

Mais la finale rendit justice à la création de l'Épreuve, le match fut magnifique et palpitant puisqu'il nous entraîna en prolongation. Mais l'étroitesse du score, 21-18 ne doit pas nous faire oublier que Toulouse s'imposa deux essais contre zéro. Le premier par Castaignède après un maul pénétrant et une splendide intervention de Stéphane Ougier intercalé au cœur de la ligne des trois quarts. Le second fut aplati par Jérôme Cazalbou au relais d'une percée impériale de Thomas Castaignède sur l'aile gauche. Toulouse semblait irrésistible en ce début de rencontre, mais les Gallois surent s'accrocher sans trop d'occasions d'essai, c'est vrai mais avec une bonne provision de pénalités converties par Adrian Davies, demi d'ouverture passable et appliqué. Mais le dernier mot revint à son vis-à vis Christophe Deylaud, buteur à la course d'élan atypique, dos tourné aux poteaux. "Merci pour la leçon" déclarèrent les Gallois, satisfaits finalement de cette posture de magnifique vaincus. Midi Olympique décrivit "Une finale superbe qui crédibilise la compétition." Claude Portolan, pilier droit imposant versa sa petite larme. De ce match mémorable, on retient aussi la production terrible de Stéphane Ougier. L'arrière aux cheveux blonds est un peu oublié aujourd'hui. Cette finale fut l'un des sommets de sa carrière.

Cazalbou: "C'est un souvenir incroyable"

Jérôme Cazalbou, demi de mêlée titulaire de la finale, auteur du deuxième essai et aujourd'hui manager du haut-niveau au Stade toulousain se souvient de ce 7 janvier 1996 comme si c'était hier: "Ce match est le lancement d'une relation très particulière entre le Stade et la compétition qui s'est construite au fur et à mesure des éditions et des titres. Nous étions déjà deux fois champions de France, donc c'était l'opportunité aussi de défendre la France face aux autres nations, même si les anglais n'étaient pas présents sur la première édition", regrette le demi de mêlée aux quatre sélections en équipe de France. "On a vécu des choses assez folkloriques, comme le déplacement en Roumanie pour notre premier match (ndlr. face au RCJ Farul Constanta), ou la réception des Italiens de Trévise", ajoute t-il rieur.

De cette rencontre, Jérôme Cazalbou n'a rien oublié. "C'est un match qui avait très bien débuté, nous maîtrisions notre sujet pendant les vingt premières minutes, les Gallois étaient surpris. Mais Cardiff est revenu dans la match. Le scénario a été incroyable avec les prolongations et une fin de match très tendue. C'est un souvenir formidable. Mais avec le recul, on avait l'impression d'avoir fait un match plein, mais il y avait quand même beaucoup de temps morts, les touches notamment étaient une belle pagaille", conclut-il, plein d'autodérision.

H Cup - Jérôme Cazalbou (Toulouse)

H Cup - Jérôme Cazalbou (Toulouse)Icon Sport

Propos de Jérôme Cazalbou recueillis par Robin Lopez

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