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Toulouse : à Dublin, une "salle" mais deux ambiances

Toulouse : à Dublin, une "salle" mais deux ambiances

Le 15/05/2022 à 11:56Mis à jour

CHAMPIONS CUP - Une semaine après avoir battu le Munster au bout d'un match fou et d'une séance de tirs au but, le Stade toulousain est donc retourné à Dublin, dans ce même Aviva Stadium, pour y défier ce terrifiant Leinster en demi-finale de Champions Cup. Cette fois, l'histoire ne s'est pas répétée...

C'est une configuration assez inédite à laquelle fut confronté le Stade toulousain en cette phase finale de Champions Cup. Déjà obligé de se déplacer en Irlande du Nord lors du huitième de finale retour, à Belfast pour y affronter l'Ulster, le champion d'Europe 2021 a dû se rendre à Dublin deux week-ends d'affilée. D'abord pour y défier... le Munster, contraint de délocaliser ce match en raison du concert de Ed Sheeran dans son antre de Thomond Park. La semaine dernière, les Toulousains ont su trouver les ressources pour finalement terrasser l'armée rouge après un match nul au bout de la prolongation, puis des tirs au but victorieux.

Thomas Ramos avait été un des grands artisans du succès face au Munster.

Thomas Ramos avait été un des grands artisans du succès face au Munster.Icon Sport

Autant dire que cette équipe, qui devait son salut à un essai d'Antoine Dupont en toute fin de rencontre en Ulster, avait flirté avec le fil du rasoir pour s'inviter dans le dernier carré de la compétition pour la quatrième fois d'affilée. Mais, dans les minutes qui avaient suivi ce succès, Romain Ntamack ne l'avait pas caché : "Il va falloir revenir ici, face à encore plus costaud." Effectivement, l'impressionnante victoire du Leinster à Leicester, pourtant leader du championnat anglais, avait eu deux conséquences. La première : programmer un nouveau rendez-vous à l'Aviva Stadium. La deuxième : défier l'équipe la plus effrayante de la compétition.

Marchand : "Il faut savoir d'où on vient"

Certes, les hommes d'Ugo Mola pouvaient toujours se dire qu'ils avaient pris leurs marques dans la capitale irlandaise. Pour le quart de finale, ils n'avaient débarqué que la veille du match, dérogeant à leurs habitudes, eux qui se déplacent à l'étranger quarante-huit heures avant le match en général. En cause notamment : le prix de l'hébergement qui est actuellement démentiel à Dublin... Cela ne lui avait finalement pas porté malheur. Mais, pour la demi-finale, les Rouge et Noir ont renoué avec les traditions en décollant dès jeudi, au cours d'une semaine placée sous le signe de la récupération, avec un seul entraînement à intensité classique.

Pour autant, ils savaient que ce retour en terres dublinoises n'aurait rien à voir avec le voyage précédent. Le nombre de spectateurs dans l'Aviva était sensiblement le même (un peu plus de 40 000) mais, ce qui changeait le plus, ce n'était pas que les tribunes étaient passées du rouge au bleu. Non, c'était que l'adversaire était clairement un cran au-dessus, voire deux ou trois. Le Leinster, c'est juste douze à treize titulaires actuels de l'équipe nationale irlandaise. Que ce soit en Ulster ou face au Munster, le Stade toulousain a dû retourner des situations mal embarquées. Il y est parvenu à chaque, grâce au talent de ses joueurs bien sûr et à un caractère remarquable. Mais, cette fois, la marche était trop haute...

Les Toulousains sont tombés sur plus fort face au Leinster

Les Toulousains sont tombés sur plus fort face au LeinsterIcon Sport

Comme en 2019, l'Aviva Stadium n'est pas tombé en demi-finale. Étouffés et pris à la gorge, les partenaires de Julien Marchand n'ont jamais trouvé les solutions pour ralentir les Leinstermen et surtout pour poser leurs griffes sur la rencontre, comme ils avaient parfois su le faire en quart et en huitième de finale. "Tout le monde s'y est filé à 100 %, avoue le capitaine. Mais nous avons été pris, il faut le reconnaître." Pour autant, Marchand ne veut pas oublier les heures glorieuses vécues en Irlande ces récentes semaines : "Il faut savoir d'où on vient et regarder derrière nous. On a aussi produit de belles choses et il faut les garder pour la suite. La saison est loin d'être finie. Dès lundi, on doit repartir à fond."

Dublin pour se retrouver face à sa réalité. Dublin pour rebondir aussi, comme cela avait été le cas il y a trois ans quand le Stade toulousain avait décroché son vingtième Bouclier de Brennus deux mois après l'échec européen. "On a appris, au même titre qu'en 2019", plaide Mola. Lequel ajoute : "On n'a pas trop le temps de réfléchir, on doit être dans l'action et être le plus frais possible pour jouer un meilleur rugby, comme on a été capable de le faire à certains moments contre l'Ulster et le Munster." En Irlande, Toulouse a fini par chuter mais n'a peut-être pas perdu son temps.

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