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Ce Leinster, c’est de la Playstation !

Ce Leinster, c’est de la Playstation !

Le 14/05/2022 à 18:10Mis à jour

CHAMPIONS CUP - Samedi après-midi, les coéquipiers de Johnny Sexton ont déroulé à l’Aviva Stadium un rugby en tout point magnifique. On vous explique pourquoi les Leinstermen étaient injouables, en demi-finale...

Pour tout dire, on avait rarement vu pareille démonstration en demi-finale de coupe d’Europe. Pour être franc, même le grand Toulon qui écrasa la compétition pendant trois saisons (2013, 2014 et 2015) ne nous avait fait pareille impression de force, au fil de ses trois parcours de champion. Car on a beau faire et défaire cette rencontre, on se dit que le Leinster était samedi après-midi injouable. Pour plusieurs raisons : défensivement, les coéquipiers de Johnny Sexton étouffèrent globalement les Toulousains, poussant les champions d’Europe à surjouer, tenter la passe de trop et finalement, marcher à côté de leurs pompes.

Au sein de cette muraille en titane, on soulignera d’ailleurs l’incroyable performance de Josh van der Flier ou Robbie Henshaw, si denses au contact que le "jeu de mains, jeu de Toulousains" de nos belles soirées de Top 14 ne fut à l’Aviva Stadium qu’un concept assez flou. Offensivement, aussi, où les vagues bleues incarnées par le deuxième-ligne James Ryan, l’ailier James Lowe ou l’arrière Hugo Keenan ne cessèrent d’affluer, à l’intérieur de Johnny Sexton, dans son dos, au grand large et partout où les défenseurs toulousains n’avaient ni les yeux, ni les mains, ni les jambes pour faire barrage.

Alors ? C’était fort, c’était beau ; c’était un rugby de Playstation qui contrastait au plus haut point avec la barbante époque de Joe Schmidt, où les Blues se contentaient d’enchaîner les temps de jeu jusqu’à l’overdose….

Boxe-t-on dans la même catégorie ?

Vous l’aurez compris : la performance collective du Leinster nous a laissés pantois et l’on se dit, après cette démonstration de force en tout point stupéfiante, que les Irlandais seront champions d’Europe dans une semaine s’ils reproduisent pareille partition… et ce quel que soit le nom de leur adversaire en finale. C’est qu’en matière de rugby, ma bonne dame, la fraîcheur, le tonus et tout ce que le sélectionneur Fabien Galthié appelle de son côté "l’énergie", sont le commencement et la fin de toute chose.

Champions Cup - Le Stade toulousain est éliminé de la Champions Cup par le Leinster

Champions Cup - Le Stade toulousain est éliminé de la Champions Cup par le LeinsterIcon Sport

A ce titre, il va de soi que samedi, Toulousains et Dubliners se trouvaient dans des états de forme à l’inverse opposée : après avoir franchi ces dernières semaines trois cols hors catégorie (deux fois contre l’Ulster puis face au Munster), les Rouge et Noir n’avaient plus assez d’essence dans le moteur pour rivaliser avec des adversaires au sommet de leur forme physique.

L’autre chance du Leinster ? C’est finalement d’appartenir à ce Rugby United Championsghip qui ne veut pas dire grand-chose, cette usine à gaz mêlant celtes, italiens et sud-africains, cette horrible ligue fermée où l’on peut multiplier les impasses sans craindre pour sa survie ou son avenir à court terme. C’est de la mauvaise foi, dîtes-vous ? Un peu, oui. Mais après avoir mis au frais son quinze majeur deux semaines avant d’aborder les quarts de finale de la compétition, Stuart Lancaster et Leo Cullen avaient compris que leur équipe d’Irlande (ou assimilé) serait intouchable. Bien vu, les gars…

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