Icon Sport

Baky écrit - La Coupe d'Europe vidée de son sens : "Et les ennuis ne font que commencer..."

Baky écrit - La Coupe d'Europe vidée de son sens : "Et les ennuis ne font que commencer..."
Par Rugbyrama

Le 12/01/2022 à 14:53Mis à jour

BAKY ÉCRIT - Tout jeune retraité, Bakary Meité profite de sa liberté retrouvée pour intégrer l’équipe des chroniqueurs Midi Olympique. L’ancien troisième ligne a tout connu du rugby, d’abord amateur et finalement professionnel. Pour Rugbyrama, l’ancien international ivoirien va désormais s’attacher à poser un regard libre, décalé et forcément engagé sur l’actualité du rugby.

Si l’on se souvient bien, l’an passé, le Stade Toulousain est devenu champion d’Europe en ne disputant qu’une seule rencontre de poule. Une belle victoire chez les Irlandais de l’Ulster. Une opposition de style remportée notamment grâce aux deux lutins, Kolbe et Dupont. Rebelote contre l’équipe au nom de fromage : le Munster en huitième de finale. S’en suivit alors des joutes franco-françaises à partir des quarts de finale : Clermont, Bordeaux et La Rochelle. Tout cela avant même que la présidence de l’union Européenne échoit à la France. Vous avez dit coupe d’Europe ?

Cette saison encore, la phase initiale de cette coupe d’Europe reste inchangée. Pour cause de Covid, il a fallu s’adapter. Et quelle adaptation ! Ne serait-ce que pour les matchs de poule. Prenez une feuille, un stylo et concentrez-vous. Vous êtes prêts ? C’est parti ! 3 fois 2 équipes réparties en 4 chapeaux pour être reversées en 2 poules de 12 qui mixent chapeau 1 et 4 et chapeau 2 et 3. Chaque équipe dispute 4 matchs en aller-retour sans jouer contre un club du même championnat domestique. Vous êtes toujours là ?

Bien entendu, ça, c’est dans le meilleur des cas. Dans un monde sans Covid. Mais étant donné que le nouveau variant semble ne pas vouloir s’en laisser compter, nous revoilà dans une situation ubuesque. Les matchs de poule qui n’ont pas pu se jouer en décembre ont vu leur résultat être entériné avec le score nul et vierge : 0-0. La faute à un calendrier aussi avaricieux en dates qu’Harpagon et sa cassette.

Cette décision de l’EPCR fait clairement maugréer côté français. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les ennuis ne font que commencer. En effet, pour les clubs anglais et gallois, la venue en France nécessite une quarantaine de 48 heures avant la moindre activité. Du coup c’est à leur tour de rouspéter. Sur l’équité sportive et sur le surcoût que ces déplacements anticipés engendreront. Plus de joueurs, pour parer à une défection de dernière minute, et des nuits d’hôtel supplémentaires. Surtout quand on sait que la refonte de la phase de poule a été dictée par une volonté de réduire à la fois la transhumance et les dépenses.

Et nos amis britanniques de se lancer dans une série d’ultimatums, pour faire infléchir la législation en France. Démarche assez audacieuse, mais qui pourrait néanmoins aboutir. Le ministère des sports, par le truchement de sa Ministre déléguée aux sports Roxana Maracineanu, s’escrime pour le retour des bulles sanitaires dans les différentes compétitions sportives.

Se pose alors la question : le sport doit-il s’affranchir des règles et des lois qui sont en vigueur pour tout un chacun ? En élargissant un peu le spectre, on est en droit de se demander si le maintien d’une compétion dont une partie des résultats s’est déjà décidé dans les bureaux à Lausanne a encore du sens. Le divertissement que représente le sport pour les non-acteurs a-t-il le pouvoir d’aller créer des exceptions de la part des autorités ? Le quoi qu’il en coûte doit-il s’appliquer ?

Les sommes engagées par les télés, entres autre dictent pas mal de choses. L’argent reste en tout lieu le ressort ultime. De plus, les avis concernant la gestion de cette pandémie agglomèrent de nombreux griefs et clivent.

Le cas Djokovic, qui joue le rebelle à Melbourne (vous l’avez ?) est révélateur. Le jusqu’au-boutisme de part et d’autre montre bien que les enjeux ne sont plus au niveau du filet de tennis, mais bien au-delà.

Sa présence dans le Park Hotel de Melbourne aura au moins eu le mérite d’attirer l’attention sur d’autres occupants de cet hôtel, qui errent là depuis plusieurs années sans aucune visibilité sur leur avenir. Leur tort ? Être réfugiés politiques. Nul doute que Djoko, nouveau chantre d’un monde qui se veut libre et affranchi du joug de décideurs zélés, saura utiliser toute son aura pour leur venir en aide.

D’ici là : Panem et circenses* disait Juvénal.

Contenus sponsorisés