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Mola : "Le Leinster est la meilleure équipe d'Europe depuis très longtemps"

Mola : "Le Leinster est la meilleure équipe d'Europe depuis très longtemps"
Par Rugbyrama

Le 12/05/2022 à 17:33Mis à jour Le 12/05/2022 à 17:37

L'entraîneur des Rouge et Noir, Ugo Mola, était en conférence de presse, ce jeudi, alors que le Stade Toulousain doit se déplacer à Dublin, pour affronter le Leinster en demi-finale de Champions Cup. Entre un choc neuf étoiles, une infirmerie bien remplie, un triptyque de matchs contre des équipes irlandaises, le manager fait le point.

Qu’est-ce que vous retenez de la demi-finale de 2019 contre le Leinster ?

On va jouer une équipe qui maîtrise totalement les joutes européennes. Il y a trois ans, ils nous avaient sorti de demi-finale suite à un match sans partage. Même si on a existé, on avait essayé d'avoir des partis pris un peu forts. Ils n'avaient pas été récompensés. Je pense qu'on a appris beaucoup de choses ce jour-là, et trois ans après, je pense qu'on est plus les mêmes. Eux non plus, parce qu'ils ont une génération en pleine mutation !

Le 30 à 12 de 2019 nous a très certainement permis de gagner les trois matchs qui nous restaient, à l'époque, en Top 14, et de finir sur des phases finales plutôt maîtrisées. On apprend toujours de ce genre de rencontre et de la pression constante que mettent les Irlandais. Vous passez de l’Ulster où il y a 4 - 5 internationaux, au Munster où ils sont 7 - 8, pour finir avec le Leinster où ils sont 16, voire 17, même 20 si on compte les anciens.

Ce qui est sûr, c'est que le tour d'Irlande est quand même copieux et qu’il faudra un tout autre Toulouse que celui de 2019 pour venir à bout du Leinster.

Dans quel mesure les prolongations de samedi dernier vont-elles peser sur les organismes ?

Malheureusement, ça, on ne pourra le savoir qu’à la fin de la rencontre. On a pris le parti de vraiment récupérer cette semaine. On veut privilégier la fraîcheur mentale et physique. On ne s’est réellement entraîné qu'aujourd’hui, et avec une intensité modérée. Ça n'a échappé à personne que notre effectif est en délicatesse, notamment à l’arrière. On n'a malheureusement pas les rentrées de joueurs souhaitées. Après, je suis toujours partagé entre le poids du haut niveau qui t'amène à te galvaniser et à gagner en expérience, et le besoin de récupération du haut niveau. Donc, il faut trouver cette juste balance. Je ne vous cache pas que j'aurais aimé un week-end entre les deux matchs, mais c’est comme ça…

Vous mesurez l’état physique de vos joueurs ?

Oui. On bricole fort. On a la capacité de mesurer avec beaucoup de précisions la fraîcheur de nos joueurs. Les effectifs demandent beaucoup de monde. On se rend compte qu'il y a beaucoup de récidive (blessure) et de casse. Ce qui m'affole un petit peu, c’est que le temps de récupération est aussi lié au calendrier et que cette “guerre des calendriers” n’est pour l'instant pas réglée.

Tant qu’on pense qu’un joueur ne récupère que lorsqu'il est blessé, on fait fausse route. C’est ça le plus terrible dans notre sport. Les choses ne changeront que le jour où une nation majeure se retrouvera à être pénalisée parce que ces joueurs majeurs seront blessés au moment où les échéances arrivent. Et là, les gens iront crier au loup pour changer les calendriers, alors que c’est déjà le cas. On n'a pu couper qu’une semaine en novembre et une en février. Les blessures sont donc logiques et malheureusement, l’état de fraîcheur sera ce qu’il est.

Le point sur les blessés ?

Zack Holmes pourra revenir. Arthur Bonneval, on espère lui donner du temps de jeu la semaine prochaine. Juan Cruz Mallia peut revenir, ce week-end, vu que sa sanction est levée. Samedi dernier, on a perdu Maxime Médard, Dimitri Delibes et Baptiste Germain. Santiago Chocobares devait revenir, finalement, il ne rentrera pas dans le groupe, tout comme Tim Nanai-Williams et Nelson Épée. C'est le lot de tous les clubs, même si ça se concentre un peu trop sur les trois-quarts.

Pour aller plus loin, on aura de nouveau des infos concernant Baptiste Germain en début de semaine prochaine. Il a un kyste au genou qui semblerait être mineur. De son côté, Maxime Médard a enchaîné une commotion et un pépin musculaire. C’est plus compliqué pour lui. On espère le revoir d’ici la fin de la saison.

Cet enchaînement de match est compliqué, n'est-ce pas ?

Je crois qu’en ce moment, il n’y a qu'Ed Sheeran qui est plus en Irlande que nous. (rires)

Le choc thermique au retour de Top 14 va être assez violent. Mais honnêtement et sportivement, c'est génial ! On joue ce qui se fait de mieux sur le rugby européen, avec des caractéristiques très marquées, que ce soit pour les trois équipes irlandaises. Ce sont des références du rugby européen, notamment dans la capacité à provoquer les choses, avoir un rugby structuré, inspiré et inspirant. Je reste convaincu que le Leinster est la meilleure équipe d'Europe depuis très longtemps, dans son rugby, en tout cas, dans sa manière de penser le rugby, avec une philosophie et toute une organisation autour de cette philosophie.

Après, est-ce qu'on est capable aujourd'hui de faire Ulster, Munster, Leinster ? Si je regarde dans leur championnat, personne n’a jamais fait ce triptyque. Vous savez, nous, on est toujours à la quête de choses un peu particulières et exceptionnelles. Je crois que si on est en mesure de le faire, on aura très certainement marqué une page importante de l'histoire du club.

Est-ce qu’il y a des différences de jeu entre ces trois équipes ?

Pas tant que ça au final ! Allez leur dire qu'il joue de la même manière, nous, on peut le penser, mais là-bas, ce n'est pas le cas. Le Leinster maîtrise un peu à l'image de ce qu’était le Munster dans les années 2000. Ils maîtrisent vraiment leur sujet sur tout ce qui ne demande pas de talent, dans le sens suivant : la conquête, les sorties de camps, la capacité à marquer dans les zones de marque. Ce sont vraiment des orfèvres de l’organisation de la structure.

Quel regard portez-vous sur la refonte du rugby international, avec la nouvelle Coupe d’Europe avec les sud-africains et la probable création d’une mini-Coupe du monde ?

La saveur d’une Coupe d’Europe avec des sud-africains est forcément dénaturée. Non pas parce que nos amis sud-africains viendront jouer. Parce qu'à la limite, on n'est pas à ce point xénophobe et fermé pour ne pas accepter d’autres personnes. Mais ce qui est sûr, c'est que ça dénature une coupe d'Europe qui a 27 ans de vie et ça, j'ai du mal encore à me l’imaginer.

Pour ce qui est du rugby international, il y aura toujours des conséquences vis-à-vis du club, mais pour l’instant, ce n'est pas clair. On parle d'une Coupe du monde des clubs, d’une ligue des nations, de l’Afrique du Sud qui pourrait intégrer le Tournoi des 6 nations. On en voit les prémices avec l'arrivée des provinces dans la Coupe d'Europe.

Est-ce que c'est bien que le rugby ce mondialise ? C'est une bonne chose ! Par contre qu'on aille toujours au chevet des uns et des autres. J'ai l'impression, quand même, que c'est toujours les mêmes qui donnent.

Est-ce que vous pensez à la sixième étoile ?

Franchement, je la vois loin. Ce qui m’importe, c’est de jouer ce match contre le Leinster. Sur ces vingt dernières années, on est les deux équipes qui ont rayonné sur cette compétition. Ce match, c’est soit donner la possibilité au Leinster de prendre une cinquième étoile (soit en remporter une septième, NDLR). Quoi qu’il arrive, ils n'en auront pas plus de cinq puisqu’après la compétition changera. On restera ceux qui auront été les plus titrés.

Propos recueillis par Kelman Marti

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