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Sazy : "C’est l’heure, il faut que l'on se paie !"

Sazy : "C’est l’heure, il faut que l'on se paie !"

Le 21/05/2021 à 14:55Mis à jour

CHAMPIONS CUP – À la veille de la première de la première finale de Champions Cup de l'histoire du Stade Rochelais (samedi, 17h45) et juste avant la mise en place à Twickenham, le manager maritime Jono Gibbes et son capitaine Romain Sazy se sont présentés face aux micros. Extraits.

Que représente pour vous le fait d'arriver dans le temple de Twickenham et d'être à 24 heures d’un match historique pour le club ?

Romain Sazy : C’est une découverte pour moi. Après, quelques mecs de l’équipe sont déjà venus ici. C'est un magnifique Stade, la pelouse est très belle. Elle ressemble énormément à celle du stade Marcel-Deflandre. On ne sera pas trop dépaysés, sur ce point. Beaucoup d'excitation et hâte d’être à demain.

Romain, vous êtes le jour le plus capé de l'effectif (272 matches) et le plus ancien. Est-ce que vous aviez imaginé, un jour, jouer sur le toit de l’Europe ?

R.S : Non, forcément. À mon arrivée en 2010, même dans mes rêves les plus fous, je n’y aurais pas pensé. L’appétit est venu au fil des années. On a réussi à faire de très belles saisons mais qui se sont heurtées à très peu pour avoir la récompense que l'on cherche. Je suis tombé dans un club qui me correspond avec beaucoup d’ambitions. Maintenant, on est à 80 minutes de le récompenser et on donnera tout. Le parcours a été long mais la progression est énorme et on en est très fiers.

"On a besoin d’avoir un trophée pour unir ce groupe à jamais. Les supporters vont pousser avec nous demain et j'espère qu'on les retrouvera après."

Votre entraîneur en chef Ronan O'Gara évoquait une préparation "normale" cette saison. L'événement, lui, est colossal pour le club…

R. S : Sur la préparation, on est restés sur notre ligne de conduite, qui a fait notre force toute la saison. On n’a rien inventé, on est restés nous-mêmes avec beaucoup d’humilité. Maintenant, on a forcément conscience d’avoir franchi une étape contre le Leinster. Mais ce n'est pas une fin en soi. Maintenant, c’est l’heure, il faut que l'on se paie sur ce match-là ! On est à 80 minutes de pouvoir changer la donne sur pas mal de choses pour ce club, rendre beaucoup de monde heureux et récompenser le travail effectué depuis de nombreuses années. On a besoin d’avoir un trophée pour unir ce groupe à jamais. Les supporters vont pousser avec nous demain et j'espère qu'on les retrouvera après.

Jono, vous prônez depuis une semaine "le calme" comme la clé principale de la préparation. Le groupe l'est-il toujours, à la veille du match ?

Jono Gibbes : Je pense que c’est le bénéfice de l'expérience, on apprend de ses erreurs passées. Le défi c’est toujours de ne pas penser au match trop tôt. C’est ce qu’on essaie de faire. On est excités mais on ne gaspille pas trop d’énergie avant le match. L’objectif, c’est demain. C’est là où l'on doit être les meilleurs. C’est une stratégie, mais ça a été géré facilement parce que les leaders comme Sazy et les autres gars, qui ont énormément d’expérience, en sont capables et arrivent aussi à transmettre du calme au reste du groupe. Ils restent concentrés sur le plan initial.

Jono, il s'agit de votre sixième finale européenne mais la première en tant que directeur sportif de La Rochelle. Comment la vivez-vous, au fond de vous ?

J. G : C'est une expérience agréable de travailler avec ce groupe et ce staff et d’avoir l’opportunité d’être ici. Vraiment super. D’un point de vue personnel, il faut vivre le moment et profiter. Il a fallu beaucoup de travail pour en arriver là. Ce genre de match, ces moments-là, c’est quelque chose d’unique dans une carrière et dans l’histoire d’un club. Il ne faut pas se cacher, on le sait. Je l’ai appris par le passé, j’en ai parlé au groupe, tout comme Ronan, qui a su transmettre son expérience aux joueurs. Il faut faire son travail et être sûr qu’ils sont prêts à jouer et ne pas avoir de regrets après.

"Ça sera du 50-50 […] L’expérience on l’a. Pour moi, on a le mélange parfait cette année."

Quel regard portez-vous sur cet adversaire toulousain que vous connaissez bien ?

R.S : On n'a pas besoin de présenter cette équipe, c’est une équipe avec des individualités très fortes, je pense que le groupe est très puissant aussi. Ça sera du 50/50, on s’est très bien préparés. La question de l'expérience avait été évoquée juste avant la demi-finale contre le Leinster. Il faut arrêter de se cacher là-dessus. L’expérience on l’a. Pour moi, on a le mélange parfait cette année. Je parle du groupe, et aussi des entraîneurs qui ont gagné cette compétition, qui la connaissent très bien. On va jouer à fond, surtout ne pas se poser de questions.

Vous êtes-vous appuyés sur les matches disputés, et perdus, cette saison, contre Toulouse ?

R.S : On les a joués trois fois, en comptant le match amical (en août, NDLR). Les équipes sont différentes des deux côtés, ce n’est pas le même championnat. Bien sûr, l'analyse a été faite en s'appuyant un peu sur ces matchs mais la compétition est différente, la période de l’année aussi. Depuis ces matchs-là, on a pas mal évolué. Eux, aussi.

Et à quoi s’attendre demain ?

R.S : Une finale, tout simplement. Avec un match très engagé. Les deux équipes auront à cœur d’imposer leur jeu, c’est clair. On verra avec les conditions météo, si la pluie s’invite ou pas, mais il faudra être très propre et très précis.

Avez-vous mis en place un plan pour contenir Antoine Dupont et minimiser son impact sur la rencontre ?

J.G : Il faut certainement se rendre compte de la qualité de Dupont. Pour moi, qu’un mec comme Aaron Smith dise à quel point Dupont a changé le poste de demi de mêlée dans le rugby mondial, cela montre sa qualité. Mais il y 15 toulousains sur le terrain, ils ont assez de qualité, ils jouent en équipe et ce serait une perte de temps que de se focaliser sur un seul joueur. On a eu une approche collective toute l’année, une responsabilité collective d’empêcher l’équipe adverse d’avoir de l’espace et du temps. C’est l’approche que l'on défend même si on reconnaît le danger qu’il représente quand il a la balle.

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