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Paiva : "On est un peu la surprise dans ces qualifications"

Paiva : "On est un peu la surprise dans ces qualifications"

Le 09/04/2021 à 11:23Mis à jour Le 09/04/2021 à 12:24

CHAMPIONS CUP - Sélectionné dans le groupe France, Thierry Paiva revient en forme à l'image de l'UBB, pour le quart de finale contre le Racing. Le pilier gauche revient sur ce début d'année intense pour lui et sur ce match qui va marquer l'histoire du club girondin.

Cela a été un hiver et un printemps particuliers pour toi. Équipe de France, blessure. Comment as-tu vécu tous ces événements en si peu de temps ?

C'est vrai que tout est allé assez vite dans une courte période. Je suis revenu de blessure. Peu de temps après, je suis appelé en équipe de France. C'était déjà quelque chose de très très grand. Et après ça, je me blesse là-bas en équipe de France. C'est le point un peu noir. J'étais très déçu. J'ai la possibilité d'être rappelé ensuite pour l'Irlande, mais je ne suis pas totalement au mieux. Franchement, les scénarios se sont un peu enchaînés rapidement. Je me blesse, je reviens au club pour le match contre Brive.

Je me fais rappeler pour l'Écosse suite au problème de Covid avec Cyril Baille qui était positif. Donc, la semaine s'est passé très bien jusqu'au jeudi où j'ai été quasi sûr de jouer et d'honorer ma première sélection. Le jeudi, nouveau cas positif. C'est vrai que c'était une période assez particulière, mais pour moi, cela a été déjà une très bonne chose d'être appelé. J'ai énormément appris. J'ai beaucoup de fierté. C'est que du bon pour la suite. Après, je suis revenu en club et là, il y a eu les vacances. On a joué La Rochelle et puis Bristol. Bristol, cela s'est bien passé et ca remet du baume au cœur.

On dit de toi que tu es quelqu'un de discret mais aussi ambitieux ?

Oui. C'est exactement ça. Je n'affiche pas mes ambitions haut et fort, mais j'ai de très grandes ambitions quand même. Pour moi, être sélectionné en équipe de France, c'est une grande fierté. On s'entraîne tous les jours pour essayer d'atteindre le plus haut-niveau. Il y a un an, où j'étais en pleine forme, on ne m'a pas appelé, je ne savais que j'étais dans la liste des joueurs qui les intéressaient.

Donc, je ne me le mettais pas spécialement en tête et là revenir de blessure et aussi vite intégrer le groupe, c'est quelque chose d'assez énorme. Même si je n'ai pas eu ma première sélection, c'est vraiment du baume au cœur pour la suite et cela donne beaucoup de motivation.

Julien Laïrle parlait de tes progrès en mêlée. Est-ce devenu un de tes secteurs forts ?

Oui. Maintenant, c'est devenu une de mes forces. Là, sur mon retour, j'ai eu besoin de quelques matchs pour bien me retrouver. C'est à l'image de mon dernier match avant de partir en équipe de France, contre le Racing qui a plutôt bien abouti que ce soit en mêlée ou dans le jeu. Aujourd'hui, je suis revenu. J'ai eu quelques pépins qui m'ont ralenti dans cette progression, mais je reviens bien et je suis heureux de ça.

Champions Cup - Thierry Paiva et Kane Douglas lors des phases de poule (UBB)

Champions Cup - Thierry Paiva et Kane Douglas lors des phases de poule (UBB)Icon Sport

En deux ans, tu as énormément. Qu'est-ce qui fait que tu as réussi à monter le curseur ?

Disons que l'année dernière, même avant que Christophe arrive, j'ai commencé à enchaîner les matchs. Et quand tu commences à enchaîner, tu progresses plus vite. Après Christophe est arrivé. Il m'a toujours fait confiance. Entre les départs de Jeff en sélection et les petits pépins qu'il a eus, j'ai été très sollicité. J'ai raté très peu de matchs.

Quand on a la confiance du coach et que l'on s'entraîne dur, souvent les résultats et les performances suivent. J'ai énormément bossé les aspects qui me faisaient défaut et bossé sur mes qualités qui pouvaient ressortir : ma défense, ma conquête, ma présence au cœur du jeu.

Bristol, c'est certainement l'un des matchs les plus aboutis de l'équipe avec une grosse défense en 2e mi-temps ?

Cela avait commencé très fort pour Bristol avec ce premier essai. Mais, dans un second temps, l'équipe a bien réagi. On est revenu petit à petit dans le match. On ne s'est pas inquiété. Et c'est vrai qu'en 2e mi-temps, nous le banc de touche par rapport à celui de Bristol, on a apporté un supplément d'agressivité, d'âme.

C'était un moment particulier, ce match avec juste avant le non-match contre La Rochelle ?

Disons qu'on était dans une période où sur nos derniers matchs, on a pas fait en sorte de se mettre en confiance, que ce soit lors de la défaite à Brive. Lors du match contre Pau, certes, on le gagne, mais on n'arrive pas à déployer notre jeu, contrairement au mois de janvier que l'on a fait en allant gagner à Clermont et au Racing. C'est vrai.

On n'était pas sur une période où on réalisait nos meilleurs matchs. Et derrière, cette raclée prise à la maison contre La Rochelle, cela a mis un gros coup derrière la tête. Mais on a un groupe qui vit très bien. On a des retours, celui de Cameron, de Matthieu, de certains joueurs importants dans le groupe. On s'est parlé entre nous. Et c'est aussi la force de cette équipe.

Jefferson Poirot a eu des mots durs visiblement dans les vestiaires ?

Oui. Il fallait les avoirs, ces mots durs. On en avait besoin. On ne pouvait pas toujours être gentil entre nous et bien vivre et ne pas avoir de résultats. Après un match comme ça, les mots durs, c'est ce qui va nous aider à remonter la pente. Parce que si on essaye de se cacher derrière des jolis mots, cela ne nous aidera pas et cela serait déguisé la réalité. C'est ce que Jefferson a voulu faire comprendre, c'est que, certes dehors, on vit bien, mais ce qui s'est passé sur le terrain ne doit pas se reproduire.

Que ce soit Jeff, des leaders comme Rémi Lamerat,Mathieu Jalibert, ils ont pris leurs responsabilités et remis le groupe sur les rails tout en long de la semaine pour Bristol. Et cela a bien fonctionné. Maintenant au-delà des mots, seuls les actes sur le terrain comptent, on a battu Bristol, mais comme le dit Christophe Urios, on n'est pas champion. Ce week-end, on a un nouveau match et cela sera encore plus dur jusqu'à la fin de saison, on ne doit plus reproduire ça.

Surtout face à une équipe que vous connaissez bien ?

Le Racing, c'est vrai est une équipe que l'on connaît bien. Elle a l'habitude de jouer ces matchs-là, des phases finales et puis surtout, on l'a lu partout, qui a affiché ses ambitions de vouloir gagner ce titre. Donc, ils ne vont pas faire le voyage à vide. À nous maintenant de bien préparer ce match, comme on l'a fait pour Bristol.

Alexandre Roumat a dit préféré la formule tout à gagner que rien à perdre. Tu acquiesces ?

Exactement. On est les petits. On est un peu la surprise dans ces qualifications. Tout le monde nous voyait perdre face à Bristol, sauf nous. Maintenant, tout est à gagner comme dit Alex parce que personne ne s'attend à ce que l'on passe un nouveau tour et nous, on va prendre les matchs les uns après les autres avec un énorme plaisir de jouer. Même si en coupe d'Europe cela aurait été plus plaisant de jouer d'autres équipes que celles du top 14 on arrive dans les phases finales. C'est comme ça, on va jouer une équipe qu'on connaît bien.

Cela va-t-il être différent des matchs de Top 14 contre eux ?

Bien évidemment. Ce sont des phases finales. C'est la Coupe d'Europe. Cela sera différent de ce que l'on a pu voir en championnat. Et ça, on se l'est mis dans la tête et on sera prêt dimanche. La discipline va être très importante. Après le Racing est une équipe assez frontale, mais qui joue aussi beaucoup, avec un système de jeu qui nous ressemble. Et par-dessous tout, il va falloir marquer plus que l'adversaire.

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