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Le Bleu du samedi : Ramos, l’ADN du Stade toulousain

Le Bleu du samedi : Ramos, l’ADN du Stade toulousain
Par Rugbyrama

Le 08/05/2022 à 15:05Mis à jour Le 08/05/2022 à 16:18

CHAMPIONS CUP - Des tirs au but, c’est ce qu’il aura fallu pour départager les deux grandes équipes du Munster et de Toulouse, ce samedi, dans la mythique enceinte de l’Aviva Stadium. Un homme, l’arrière du XV de France, Thomas Ramos, a marqué cette rencontre de sa patte. Avec un sans-faute au pied et une envie incessante de faire vivre le ballon, il est notre Bleu du samedi.

Un Aviva Stadium presque plein de supporters tant encourageants que respectueux, une redoutable équipe du Munster, toujours solide dans les grands rendez-vous, que ce match pouvait faire peur aux Toulousains… Pourtant, c’est la tête haute, plein d’ambition et d’apparence sans pression que sont arrivés les troupes Rouge et Noir, à Dublin. La rencontre entre ces deux mastodontes du rugby européen s’annonçait énorme, et elle l’a été.

Un climat de confiance

Au coup d’envoi, Thomas Ramos est titularisé par Ugo Mola et le staff stadiste pour la quinzième fois de la saison à l’arrière, son poste habituel. Depuis le retour du Tournoi des 6 nations, où il officiait comme doublure de son futur partenaire Melvyn Jaminet, l’ancien columérin marche sur l’eau. Ses bonnes prestations s’enchaînent les unes après les autres aussi vite que ses ballons passant entre les perches. Lors de son match précédent, au Stadium, face à La Rochelle, le natif de Mazamet s’était distingué des autres en gratifiant le public toulousain d’une grande performance.

C’est donc plein de confiance que Thomas Ramos est arrivé sur la pelouse de l’Aviva Stadium. Ici même où il y a trois ans, il avait inscrit neuf des douze points de la défaite du Stade, en demi-finale de Champions Cup, face à l’équipe irlandaise du Leinster (30-12) ; cette même équipe que les Rouge et Noir retrouveront encore en demie, et encore à Dublin, samedi prochain.

Une première mi-temps parfaite

Le retour défensif de Thomas Ramos sur Zebo

Le retour défensif de Thomas Ramos sur ZeboIcon Sport

À la quatorzième minute, il réalise un excellent retour défensif sur Zebo qui pouvait filer à l’essai. Le jeu bat alors son plein et les organismes sont, déjà, à genoux. Ainsi, deux minutes plus tard, il trouve une magnifique touche dans les 22 m du Munster, avant de soulager ces coéquipiers, à la 18e, après avoir préféré aplatir le ballon dans son en-but pour obtenir un renvoi d’en-but, plutôt que de relancer à la main comme il le fait si bien.

Ces choix de jeu sont intelligents, à l’image de sa passe décisive presque à l’arrêt de quinze mètres, pour offrir l’essai à Matthis Lebel, après un magnifique mouvement collectif. À ce moment-là, et comme pour le reste de la rencontre, Thomas Ramos semble bonifier tous les cuirs qu’il touche. La transformation sur le flanc droit est une formalité. Le Stade mène alors 14-7, grâce aux quatre points de son arrière.

Toujours dans le match malgré le retour du Munster

Au retour des vestiaires, les Haut-Garonnais sont dans le dur et pataugent. Malgré leur mêlée conquérante et l’envie de proposer du jeu, la sauce ne prend pas. Pire encore, le Munster revient dans la partie. Alors que les Irlandais reprennent le score (21-14) à la 45e minute, le troisième buteur de le plus fiable du championnat ne sort pas de sa rencontre et s’impose dans les airs. Un secteur dans lequel, l’arrière a dominé ses vis-à-vis, à l’exception d’un petit en-avant anecdotique.

Les Rouge et Noir, en blanc pour l’occasion, souffrent et le score gonfle même à 24-14. Ces derniers proposent un jeu trop haché par de l’indiscipline et des fautes de mains, et ne peuvent inquiéter des Irlandais conquérants. La machine toulousaine a clairement ralenti et semble s’arrêter, ce qui n’est pas de l’avis de Thomas Ramos. À la 58e, alors que lui et ses partenaires sont à quatorze suite au carton de jaune de Rynhardt Elstadt, le joueur d’1m78 pour 87 kg acculé dans ses 22 m, après une partie de gagne terrain, se prépare à taper un énième coup de pied… Et non ! Il feinte le dégagement, prend de court Cadbury et amorce une relance à la main, finalement stoppé sur la ligne médiane par un en-avant de Peato Mauvaka. Ramos est un arrière différent. Il est l’ADN du Stade. Il incarne à merveille ce fameux “jeu de mains, jeu de Toulousains” et préfère toujours les courses avec ballon, que de gagner des mètres sur de longs coups de pied.

Thomas Ramos se préape à buter face au Munster

Thomas Ramos se préape à buter face au MunsterIcon Sport

Une histoire de drop…

Les deux mi-temps de prolongations sont serrées, extrêmement. Il n’y a pas d’occasion d’essai franche de part et d’autres et les buteurs s’en remettent à la qualité de leur pied. Comme Ben Healy avant lui, le double champion de France, tente un drop, à 30 m face aux poteaux. L’Aviva Stadium retient son souffle. Le ballon fuit le cadre pour quelques centimètres. L’erreur est compréhensible, mais peut coûter la victoire au club aux cinq étoiles. Surtout, que le quinze munsterman, Healy, encore lui, frappe un nouveau drop-goal. Le temps semble s’être arrêté en Irlande. C’est dehors ! Il y aura une séance de tirs au but.

De l’or au bout du pied

Côté Toulousain, Ugo Mola et son staff choisissent de faire tirer les deux buteurs attitrés, Thomas Ramos (auteur d’un quatre sur quatre) et Romain Ntamack, et le numéro neuf, Antoine Dupont. Au moment de s’élancer, l’arrière stadiste est en confiance. Il a réussi ses trois coups de pied sur le côté droit et son vis-à-vis du Munster, Ben Healy vient de se rater. L’ancien columérin peut faire le break. Sans trembler, il réussit son tir au but, célèbre d’un point rageur et permet à son équipe de prendre l’avantage. Finalement, Toulouse se qualifie pour les demi-finales suite au raté de l’international Connor Murray à 40 m face aux perches.

Une prestation hors-normes

Thomas Ramos a incontestablement livré sa meilleure performance de la saison. Il a réussi tout ce qu’il a entrepris et a joué intelligemment. Il a été aussi solide sur la pelouse grâce à ces relances tranchantes et à la qualité de ces passes, qu’en l’air où il a été impérial ou que face aux poteaux où il a réalisé un 100 % au pied. Ce qui est certain, c’est qu’il a été l’un des acteurs de la victoire toulousaine et mérite le titre de Bleus du samedi.

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