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Travers : "Le match, on le perd par KO"

Travers : "Le match, on le perd par KO"
Par Rugbyrama

Le 12/04/2021 à 08:30Mis à jour Le 12/04/2021 à 08:41

CHAMPIONS CUP - L’entraîneur du Racing 92 s’est montré aussi déçu que réaliste en conférence de presse, suite au revers des siens sur la pelouse de l’UBB. Après avoir perdu en finale lors de la dernière édition, l’aventure s’arrête cette année en quart.

Le match pourrait être comparé à un match de boxe, avec à la fin, cet uppercut de Matthieu Jalibert…

Oui, on savait que c’était un combat de boxe. Après, le plus important, c’est de le gagner. On prend ce dernier uppercut qui nous met plus qu’à terre, il nous met KO.

Quel est le sentiment ?

Déçu pour l’ensemble du club, déçu pour les joueurs qui ont tout donné. On n’a pas eu une semaine simple du tout et malgré ça, ils n’ont pas lâché, ils ont travaillé. J’aurais aimé que nos partenaires et tout le monde soit récompensé ce soir. C’est aussi dans ces moments-là qu’on crée une équipe. Malgré la défaite, avec l’ensemble du staff, la façon dont on a préparé le match, c’est aussi quelque chose de positif qui va nous servir pour la suite.

Le fait de ne pas avoir scoré en fin de première période, malgré la domination, a-t-il joué un rôle sur le résultat final ?

Oui, le score de 9-9 à la mi-temps est bien payé pour eux. On a des occasions, on a plus que des occasions. Je pense que par moments, on a été trop dans la précipitation et dans l’idée de tenter de coup de poker, alors qu’en jouant un peu plus collectivement on avait l’opportunité de scorer différemment. Des regrets quand ça se termine comme ça, il y en a toujours. On va toujours trouver des moments importants dans lesquels on a failli. Après, ce qui a de sûr, c’est que le match on peut le gagner.

On a pourtant l’impression que vous réalisiez le match qu’il fallait…

On aurait fait ce qu’il fallait si on avait gagné. Donc on n’a pas fait comme il fallait jusqu’au bout, et comme il le fallait. Certains moments on a tenté deux drops alors qu’on avait la pénalité, peut-être qu’on aurait pu jouer différemment. Sur la première mi-temps, je pense qu’on doit être capable sur le mouvement à jouer dans le large-large et c’est là qu’on les aurait mis en difficulté. On doit être capables d’être beaucoup plus pragmatiques et réalistes sur nos temps forts.

"Dans le monde du sport, on peut autant avoir des moments forts en sensation, autant des moments de tristesse forte, voire de désillusion."

Comment se relève-t-on d’une élimination si cruelle ?

J’espère qu’on va faire ce qu’il faut, mais il y a encore des bobos. Donc, il n’y a pas d’excuses. Le constat, c’est qu’on a déjà fait une belle phase finale. Déjà cette saison, on a fait 20 matchs de championnat, quatre matchs de Coupe d’Europe, plus trois de l’autre édition, plus les matchs reportés, plus le covid… Ce qui est important, c’est de faire front et de continuer parce qu’il n’y a que dans le sport qu’on peut vivre ce genre d’adrénaline, dans un sens comme dans l’autre. Ce goût amer qu’on a eu à la fin, il faut que ça nous serve pour la suite et faire en sorte qu’on ne l’ait plus. Dans le monde du sport, on peut autant avoir des moments forts en sensation, autant des moments de tristesse forte, voire de désillusion.

Il y a ce dernier ballon porté, à 21 partout au score. Vous imaginiez une meilleure utilisation du ballon ?

On va toujours tenir compte du dernier ballon parce qu’on oublie les autres. Et on va se rappeler des derniers jeux au pied. Mais oui, le dernier ballon porté, on le demande, on demande de la gestion. Mais c’est aussi, à la 80e, la lucidité qui est moindre, il y a des joueurs qui commençaient à avoir des crampes et il a fallu qu’on gère différemment. La semaine qui a été compliquée fait peut-être qu’on le perd à la fin. Rien est au hasard, bien sûr que le match on le perd par KO.

Au-delà de Camille Chat (tibia) et Eddy Ben Arous (pouce), vous avez beaucoup souffert physiquement en fin de match…

Tout est lié. Par rapport à la débauche d’énergie qu’on a laissée sur la première mi-temps. Si on a la possibilité d’être beaucoup plus réalistes, je pense que les crampes et les jambes lourdes auraient été de l’autre côté. Parce que quand vous sentez que vous avez laissé passer l’opportunité, vous vous dites "mince, mince, mince", ça travaille sur le système nerveux. Ça booste aussi l’équipe adverse qui se dit que les adversaires ont manqué le coche. Donc ça s’inverse.

Ce n’est pas la bonne année, encore une fois, c’est dur à accepter ?

Oui, un champion, il n’y en a qu’un. Tous les autres sont déçus. Aujourd’hui on était en quart, donc il y en a d’autres qui étaient déçus avant nous.

Propos recueillis par Yanis GUILLOU

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