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Travers : "Quand un joueur est remplaçant, c'est de la stratégie, pas une sanction"

Travers : "Quand un joueur est remplaçant, c'est de la stratégie, pas une sanction"
Par Rugbyrama

Le 08/05/2022 à 20:21Mis à jour

CHAMPIONS CUP - À l'issue de la qualification des siens pour les demi-finales de la grande coupe d'Europe, Laurent Travers était forcément satisfait. L'homme fort du Racing 92 en a profité pour complimenter Nolann Le Garrec mais aussi Virimi Vakatawa, tout se projetant sur la demie face à La Rochelle.

Cette victoire, c’est une bonne chose de faite…

Oui, il reste encore deux marches à gravir. Bien sûr, on est très contents du résultat et de pouvoir vivre encore une demi-finale. On sait aussi que rien n’est gagné, à part qu’on a encore la possibilité d’espérer.

Vous aviez du retard à la mi-temps...

Non, il n’y en avait pas. Il y avait aussi une belle équipe de Sale en face, qui était bien en place. Nous, on a manqué un peu de précision, et il y a eu de la précipitation. On a manqué de patience pendant la première mi-temps. Mais c’est lié à notre envie de vouloir nous déplacer, à la stratégie qu’on avait mis en place et à ce qu’on avait dit en cours de semaine. On savait très bien que le jeu serait frontal en début de match et qu’il fallait qu’on soit capable, à la 40e/50e de tenir, de faire ce qu’il faut afin d’essayer d’être beaucoup plus pragmatique et réaliste sur les occasions.

On en a eu en première période, mais le problème, c’est qu’on a pas su faire ce qu’il fallait pour marquer. Et je pense que dans la dernière action, à quelques secondes de la mi-temps, on se relâche un peu et ça nous coûte un essai. Ce match, il s'est joué sur 80 minutes.

Sale, il fallait les faire courir pour l’emporter ?

Oui. Si on regarde leur paquet d’avant, c’est assez monstrueux. Les trois-quarts, c’est également très solide. Il fallait donc qu’on soit capable de répondre sur la densité, mais aussi la durée en gardant de l’intensité. En première mi-temps, ça a beaucoup tapé, il y a eu très peu de temps de jeu. Pourquoi ? Parce qu’il y a eu beaucoup de mêlée et d’arrêt de jeu, qui faisait qu’on n'arrivait pas à avancer. Il fallait rester patient, ne pas s’affoler, pour que le jeu s’ouvre petit à petit en début de deuxième période.

Vous l’avez bien vu avant la mi-temps, les joueurs de Sale commençaient à s’étirer, certains à lever les jambes. On voyait très bien qu’ils usaient des forces qu’ils n’avaient peut-être pas.

C’est vous qui avez accéléré ou ce sont eux qui ont baissé le pied ?

Je pense que nous, on a maintenu et qu’eux, ils ont baissé. On a maintenu la dragée parce qu’on sait très bien, que c’est le genre de compétition où on ne peut pas se permettre le moindre relâchement. On l’a vu en fin de première mi-temps. Il était important que l’on reste concentré et que l’on maintienne l’intensité des quarante premières minutes.

Est-ce qu’il manquait du rythme en première période, et aviez-vous peur que cela fatigue vos joueurs ?

Il fallait qu’on maîtrise davantage le dernier geste, nos déplacements et qu’on soit plus patient pour scorer. En première mi-temps, ce que j’appelle les “50-50” lorsque le ballon est au sol, le rebond était en leur faveur. Comme on se l’est dit en deuxième mi-temps, “ne vous inquiétez pas, si on garde notre intensité, le rebond sera en notre faveur.” Et c’est la vérité. À un moment, ça joue pour vous. Car vous y mettez l’intensité nécessaire pour que, justement, les rebonds jouent en votre faveur.

Les essais, c’est le retour des artistes !

Ah non, il n’y a pas de retour des artistes. Les joueurs étaient en place. Pour pouvoir marquer des beaux essais, il faut que tout le monde, les 23, car maintenant, le rugby se joue à 23, suivent la stratégie. Qu’un joueur ne débute pas, ce n'est pas une sanction, c’est qu’il y a une stratégie. C’est peut-être ce qui fait la différence pour la fin de match. Je parle de 23, car le rugby change et évolue au niveau international.

Que pensez-vous de La Rochelle ?

C’est une équipe que l’on rencontre assez souvent, notamment en phase finale. Une nouvelle fois, on va se retrouver. On espère qu’une chose, que le résultat soit différent de la demi-finale de Top 14 de l’an dernier. C'est une équipe qui est très difficile à manœuvrer, avec un paquet d’avant très conquérant. Il va falloir qu’on se repose bien et qu’on mette les jambes dans la glace pour être prêt à affronter cette équipe, dimanche prochain.

D’un point de vue de l'enchaînement, est-ce que ça vous inquiète de jouer sur deux tableaux ?

Tant qu’on est encore en course et qu’on joue, c’est bon signe. Tout à l’heure, je parlais des 23, là je vais parler des 42, de l’effectif total du Racing 92. Si on veut jouer sur les deux tableaux, il faudra se régénérer et que tout le monde se prépare. Il sera important que les 42 jours soient tous impliqués.

Pouvez-vous commenter la performance de Nolann Le Garrec ?

Pour que Nolann montre tout son talent, comme les autres, il faut que tout le collectif fasse les efforts au même moment dans le même but. Nolann, il a fait ce qu’il fallait pour contribuer au résultat. On est conscient du talent des joueurs. Mais pour que les talents éclosent, il faut vraiment que le collectif soit fort. La priorité, c’est l’équipe et le collectif.

Il faut rester lucide et ne pas dire : “ça y est, c’est le roi”. Ce qui est important, c’est le terrain et le travail.

Le retour de Virimi Vakatawa...

Il est à l’image de l’équipe. Tout le monde reprend confiance en lui. Tout est lié ! Pour que l’équipe aille bien, il faut que les individus aillent bien. C’est pour ça que je parle énormément de collectif.

Il y a trois clubs français en demi-finale, vous en pensez quoi ?

D’une année sur l’autre, ça peut changer, mais ça veut bien dire que le Top 14 est très relevé et qu’il y a de la qualité. On le voit, aussi, à travers l'Équipe de France. Ça veut dire que les joueurs sont en forme. Mais la vérité d’aujourd’hui, n’est pas obligatoirement celle de demain. Donc soyons vigilants et continuons à faire ce qu’il faut pour performer.

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