Icon Sport

L’ASM face à son Everest

L’ASM face à son Everest

Le 10/04/2021 à 09:07Mis à jour Le 10/04/2021 à 14:10

CHAMPIONS CUP - Qualifiés in extremis après un finish fantastique face aux Wasps en huitième, les Clermontois savent qu’ils devront réaliser le match parfait s’ils veulent renverser la montagne toulousaine dimanche au Michelin.

Un "miracle". Oui, le capitaine Camille Lopez parlait de "miracle" dans le Midi olympique paru vendredi pour juger de cette qualification obtenue contre les Wasps au bout du suspense. Sur le fond comme sur la forme, les Jaune et Bleu reviennent de loin. Mais, malgré l’entame manquée à Coventry, ces quatre ballons égarés en touche et ces flèches reçues en plein cœur de la zone du 10 de la part des Guêpes, ils sont toujours debout. Mais lucides sur leur niveau de jeu actuel. "Sur les derniers matches, nous n’avons pas produit le meilleur jeu que nous pouvions faire mais peut-être que l’on va réussir à le faire dimanche", expliquait Sébastien Bézy.

C’est le huitième quart de finale que jouera l’ASM au Michelin dans son histoire et sûrement le plus relevé qu’elle aura à jouer après ses joutes perdues contre le Racing 92 en 2018 et 2020. "J’espère que cela nous aura servi de leçon, déclarait Sébastien Vahaamahina. En septembre dernier contre le Racing, nos nouveaux joueurs découvraient cette compétition. Des habitudes ont été prises depuis et il y a plus de confiance."

" Notre plus gros adversaire c’est plutôt nous que Toulouse… On ne sait même pas qui nous donne ce statut d’outsider…"

Pour cette deuxième confrontation entre les deux équipes dans cette compétition après le quart remporté par Toulouse en 2000 (31-18), l’ASM devra donner plus. Orphelin de l’un de ses capitaines de touche (Lapandry), cette équipe manque aussi de densité physique dans son pack. Ce déficit, accentué, par le départ de Sitaleki Timani sera peut-être compensé par la présence de Peceli Yato en deuxième-ligne et le retour d’Arthur Iturria sur le banc. Et encore… Moins précise sur les plaquages (83% de réussite), l’ASM essaiera de déjouer les pronostics face aux fulgurances de Dupont ou de Kolbe et à la rugosité du pack stadiste, même privé de Rynhardt Elstadt.

Clairement, Toulouse, c’est une montagne qui se dresse déjà devant les Auvergnats à ce stade de la compétition et "il n’y a pas photo" sur la différence de niveau de jeu actuel entre les deux formations comme l’avouait Camille Lopez et les autres joueurs. "Mettre 40 points au Munster chez-lui, ce n’est pas facile, rappelait Sébastien Bézy l’ancien de la maison rouge et noire. Les Toulousains ont montré qu’ils étaient en forme et par rapport à la saison dernière, ils le sont encore plus. Mais nous aussi. Cela va être très serré mais nous avons notre carte à jouer."

Champions Cup - Sébastien Bézy (Clermont) face aux Wasps

Champions Cup - Sébastien Bézy (Clermont) face aux WaspsIcon Sport

Malgré tout, l’étiquette d’outsider agrafée par l’ensemble des observateurs ne pèse pas lourd pour les hommes de Franck Azéma. "On est des grands garçons, on sait ce qui se dit à côté, avouait Sébastien Bézy. On connait notre potentiel et ce que l’on peut produire sur le terrain. On ne s’attend pas à match facile, on va être préparés. Cela va se jouer au mental et sur la discipline pour essayer d’être devant tout le match et le remporter."

A bientôt trente ans, "Vahaa" fait presque figure d’ancien dans ce pack jaunard et il a pris du recul sur l’approche de ce genre de rendez-vous… "Notre plus gros adversaire c’est plutôt nous que Toulouse, déclarait le deuxième-ligne. On ne sait même pas qui nous donne ce statut d’outsider… On sait que l’on doit élever notre niveau. Il faut que l’on reste l’équipe de Clermont qui joue des quarts de finale depuis plusieurs années. Il faut prendre l’expérience des années passées pour voir comment gagner ces matches. "

Les points faibles sont rares chez les Haut-garonnais et les espaces le seront aussi mais les Clermontois veulent s’y engouffrer à fond. "C’est costaud, c’est une équipe joueuse, rappelait Vahaamahina. Il faut s’attendre à ce que cela joue de partout. Leurs bases sont fortes et ils s’appuient dessus. Il faut être prêt en ayant l’envie de les faire déjouer."

" Les Toulousains ont montré qu’ils étaient en forme et par rapport à la saison dernière, ils le sont encore plus. Mais nous aussi. Cela va être très serré mais nous avons notre carte à jouer. "

Pour cela, Clermont devra soigner ses entames, ratées contre Paris et les Wasps. "Sur les deux derniers matches, elles ne sont pas bonnes et si on réédite cela dimanche, il sera compliqué de revenir déclarait Bézy. On se l’est dit et on espère corriger ça car si on n’est pas prêt, cela va être très dur."

Champions Cup - Sébastien Vahaamahina (Clermont)

Champions Cup - Sébastien Vahaamahina (Clermont)Icon Sport

Être constant de bout en bout tout, cela a longtemps été un défi pour les Asémistes cette saison à domicile, battus dans les dernières minutes par le Munster, le Racing ou l’UBB cet hiver. A Coventry, c’est bien en puisant dans ses ressources que l’ASM a décroché son billet pour les quarts, affichant une belle capacité finir en trombe. "Gagner un match à la dernière seconde, cela ne peut être que positif mais c’est mieux de mener au score, confiait Bézy. Mais pour le mental, c’est bien de gagner des matches comme ça." Ce ballon volé en touche par Thibaud Lanen puis cette folle remontée jusqu’à l’essai de Matsushima, l’un des "X factor" de cette équipe, classés parmi les meilleurs franchiseurs de la compétition comme Penaud et Moala, entretiennent l’espoir. "Il n’y a pas un match où Kotaro s’est raté, il a toujours apporté quelque-chose avec le ballon ou offensivement, analysait Vahaamahina. Il est régulier. Comme George, il est capable de nous faire avancer. "

Voilà un succès qui donne un peu plus de confiance et de liant dans le groupe à quelques heures d’un immense défi. Cela sera-t-il suffisant pour battre le champion de France 2019 ? "Sur les cinq dernières minutes face aux Anglais oui cela nous donne de la confiancec souriait Sébastien Vahaamahina. Mais tout au long du match, cela a été approximatif. Le positif c’est que nous avons conscience de ça et en cinq minutes il y a eu un déclic qui a fait que nous avions envie de remporter cette partie."

Dimanche, c’est un challenge d’un autre niveau qui attend l’ASM. Et si toutes les louanges vont au quadruple champion d’Europe, les Clermontois voudront relever le gant, habités par une peur saine. "Cette semaine on a senti qu’il y avait du stress et de la peur à l’entraînement, confiait Vahaamahina. Mais c’est rassurant de sentir ça en début de semaine plutôt qu’en plein match." Le genre de peur qui peut parfois renverser des montagnes.

Contenus sponsorisés