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Lorenzetti : "Dans cette histoire, ce sont les adversaires des Saracens qui sont à plaindre"

Lorenzetti : "Dans cette histoire, ce sont les adversaires des Saracens qui sont à plaindre"
Par Marc Duzan via Midi Olympique

Le 23/09/2020 à 15:03

CHAMPIONS CUP - Quelques jours avant de recevoir les tenants du titre à l'Arena, le président du Racing 92 fait le point sur les sujets d'actualité : le salary cap des Sarries, le transfert d'Itoje, la suspension de Kurtley Beale et la guerre que se livrent CVC et Novalpina, les deux énormes fonds d'investissement souhaitant racheter le rugby professionnel français...

Comment appréhendez-vous cette demi-finale face aux Saracens ?

Déjà, je digère doucement le week-end... Quel bonheur, aïe, aïe, aïe... Entre le mariage de ma fille, la victoire en quarts à Clermont et celle de nos Espoirs contre le Stade français, j'étais comblé... (il soupire) Parfois, le ciel décide de vous ouvrir ses bras. Là, c'était mon tour.

Avez-vous suivi le quart de finale du Racing, depuis le mariage de votre fille en Corse ?

Comme je vous l'ai expliqué la semaine dernière, un jeune revêtu d'un maillot du Racing nous tenait au courant, pendant la cérémonie, de l'évolution du score, minute par minute. […] Ca donnait une ambiance un peu folklorique à la cérémonie, c'était marrant. Vous savez, le cadre du mariage était très rugby : mon gendre (le marié) a joué au Racing et fait désormais partie du club de Courbevoie (Fédérale 2, Ile de France).

Parlez-nous du week-end à venir. A quoi vous attendez-vous ?

Avec Toulouse, Exeter, le Racing et les Saracens dans le dernier carré, on est vraiment sur le toit de l'Europe. Ce sera un super week-end de rugby, j'en suis convaincu.

Il y a un côté mal-aimé, Grand Satan, chez les Saracens...

(il coupe) Quand on décide de faire une compétition, on se doit d'en respecter les règles. Les Saracens, il ne faudrait pas non plus les béatifier. Ils ont été punis parce qu'ils avaient fauté, ils l'ont d'ailleurs reconnu. Je ne me réjouis pas de leur malheur mais les concernant, ce n'était pas une injustice. Pendant cinq ans, on a quand même joué contre une équipe qui... (il suspend sa phrase) C'est comme si on mettait, lors d'un départ de Grand Prix, six équipes avec des moteurs de 500 chevaux et à côté, une autre lestée d'un moteur de 750 chevaux. Dans cette histoire, ce sont les adversaires des Saracens qui sont à plaindre. Ne nous y trompons pas.

C'est toute la bizarrerie du rugby, finalement, qu'une équipe sanctionnée dans son championnat domestique puisse poursuivre sa route sur la scène européenne...

Ce n'est pas tout à fait normal, en effet... Je ne sais pas où les Saracens en sont avec le salary cap mais j'ai cru comprendre qu'il n'y avait pas de restriction de masse salariale en D2 anglaise. Les concernant, on parlait d'une hémorragie de joueurs et finalement, on s'aperçoit que beaucoup sont restés. Malgré ses turpitudes, ce club s'est créé une âme dans l'adversité. J'ai l'impression qu'ils veulent montrer à tout le monde être autre chose que des tricheurs.

Vous vous êtes intéressé à Maro Itoje il y a quelques mois. Était-il trop gourmand ?

Oui, c'était injouable. Vous savez, on n'était pas les seuls sur le coup : Bordeaux, Lyon, Montpellier ont tous été sollicités. […] On parlait d'un salaire à 1 million d'euros, ça représentait 10 % de notre masse salariale. Nous avons fait le choix de ne pas aller plus loin.

Champions Cup - Maro Itoje (Saracens) contre le Leinster

Champions Cup - Maro Itoje (Saracens) contre le LeinsterIcon Sport

Il reste un petit espoir pour que votre arrière Kurtley Beale, suspendu pour un plaquage dangereux, puisse disputer la demi-finale face aux Sarries. Quand passera-t-il en commission d'appel ?

Jeudi. On ne comprend pas le jugement initial (trois semaines), on a donc sollicité la commission d'appel de la fédération. […] Mais ce n'est pas facile à vivre. A l'entraînement, Laurent (Travers) est obligé de faire avec, Beale s'entraîne sans s'entraîner, c'est une situation compliquée...

Combien de spectateurs y aura-t-il à l'Arena samedi ?

On se plie à la législation : 5000. On constate actuellement un phénomène inquiétant pour le monde du spectacle : le climat est anxiogène, les gens ont peur de sortir et d'aller aux matchs... Je ne vois qu'une seule issue, le vaccin. J'espère qu'il arrivera bientôt pour calmer les corps et les esprits.

Vendredi soir, Paris-La Défense-Arena accueillera le combat du boxeur français Tony Yoka et, quelques heures plus tard, la demi-finale de coupe d'Europe. Comment allez-vous vous y prendre ?

Après le combat, on va prendre six heures pour changer la configuration de la salle. C'est un challenge. Mais après six mois d'inaction, la vie reprend son cours. On a l'impression d'ouvrir la fenêtre et de prendre une grande bouffée d'air frais.

" Les clubs ont fait beaucoup de sacrifices. Nous ne pouvons pas aller plus loin."

Ça coince toujours entre Ligue et Fédération, concernant les matchs du XV de France prévus cet automne. Six matchs internationaux, est-ce à vos yeux impossible ?

Oui, c'est injouable. Je rappelle que le deal initial, à cette période de l'année, c'est trois matchs. Mais dans tout ça, il faut néanmoins faire la différence entre les relations clubs / équipe de France, qui sont bonnes et les relations entre la Ligue et la fédé, qui ne le sont pas. Les clubs ont fait beaucoup de sacrifices. Nous ne pouvons pas aller plus loin.

Il a récemment été question qu'un fonds d'investissement nommé Novalpina injecte 200 millions d'euros pour racheter les actifs commerciaux de la Ligue Nationale de Rugby et sauve ainsi certains clubs de la banqueroute. Qu'en est-il ?

Il y a eu des velléités de la part de Novalpina. On va écouter tout le monde mais aujourd'hui, il y a une action menée dans le rugby par une entreprise sérieuse, qui gère 100 milliards d'euros et s'appelle CVC : ce fonds d'investissement possède des parts dans le championnat d'Angleterre, la Ligue Celte et le deal avec le Tournoi des 6 Nations est quasiment conclu. Je ne dis pas que c'est avec eux qu'il faut traiter mais CVC a déjà déjà une bonne avance...

Le Top 14 est le seul pion qui manque actuellement à CVC pour bâtir le championnat du monde des clubs, un tournoi disputé tous les quatre ans et qui plaît à de nombreux clubs français...

Exactement.

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