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Toulouse, rotation gagnante et non plus subie

Toulouse, rotation gagnante et non plus subie

Le 08/12/2019 à 08:53Mis à jour Le 08/12/2019 à 13:29

CHAMPIONS CUP - Force de la saison passée, le turnover de l’effectif a de nouveau droit de cité chez les Toulousains détenteurs du Brennus. Au meilleur des moments alors qu’une première échéance européenne survient avec la double confrontation contre Montpellier ?

Treize. On se souvient des treize internationaux absents, Coupe du monde oblige en début de saison, du côté du quartier des Sept Deniers. Même pour un champion de France, il y a eu de quoi tirer la langue. Surtout quand il s’agit de quelques-uns de vos meilleurs éléments. Les Rouge et Noir ont fait front, devant composer avec une rotation subie, voire impossible. "Cette période sans les internationaux a été cruciale pour la jeune génération, explique l’ex All Black Jérôme Kaino. Ils ont gagné en expérience tout en nous apportant leur fraîcheur et leur spontanéité. La saison dernière, c’est le groupe qui a fait notre force."

Mais depuis le retour des sélectionnés pour le Mondial nippon, le staff emmené par Ugo Mola a le luxe de pouvoir à nouveau tirer le meilleur profit d’un squad de quelques 42 unités, qui peut être renforcé en cas de pépin de quelques Espoirs. A commencer contre Bayonne le weekend dernier avec une victoire bonifiée grâce à une équipe composée de 19 JIFF et 16 joueurs formés au club. Ainsi, les Bézy, Baille, Elstadt, Faumuina, Kaino, Médard, Ntamack ou Tekori ont pu souffler.

Pourquoi ? Coach Ugo Mola répond. "Nous avons essayé de surfer sur notre dynamique tout en tentant de réaliser un turnover logique par rapport à la gestion de notre équipe et aux échéances. Dès la publication du calendrier, on savait que la double confrontation contre Montpellier serait décisive pour la suite. On est en plein dedans." En effet, le planning se densifie avec déjà un premier tournant avec la qualification en phases finales de H-Cup en jeu, le tout avec des conditions hivernales exigeantes.

Ugo Mola (Toulouse)

Ugo Mola (Toulouse)Icon Sport

Alors comment procède le staff ? "Premier point, détaille Ugo Mola, on a un suivi très précis de nos joueurs maintenant grâce à la data, aux gps. Ce n’est pas du prédictif mais cela permet de savoir où chaque élément en est et où il va. Deuxièmement, on étudie la performance aux entraînements et en matches. Troisièmement, on installe un fonctionnement plus que des hommes. Cela pousse les joueurs vers le haut. Après, même si on ne peut pas être dans la révolte permanente comme levier, le rugby est un sport qui ne s’accommode pas de la routine. Notre rôle est donc aussi de garder tout le monde en éveil, sous pression, sous tension."

Pour ce faire, avant Bayonne, un match amical avait été organisé en semaine contre les Japonnais des Jubilos pour redonner du temps de jeu à ce qui en ont moins, le tout sous les yeux en tribunes de tous les autres membres de l’effectif. L’entraînement de ce mercredi s’est aussi fait sans les Espoirs pour resserrer le groupe, et même avec une certaine tension vis-à-vis des caméras et autres smartphones sur les lancements de jeu, comme aux plus belles heures "novésiennes".

Même pour Cheslin Kolbe

Le casse-tête est de plus en plus complexe pour les patrons du sportif pour réaliser ces rotations. Il leur faut jongler entre états de forme, blessures, règlements internationaux, obligations de vacances, mises à disposition des internationaux, moral des troupes et pression du résultat. "Cela ne me facilite pas les nuits, sourit Ugo Mola. Heureusement, chaque semaine, on travaille en étroite collaboration avec les staffs médical, prépa, data et administratifs qui réalisent un gros boulot. Nous sommes en vigilance permanente. Nous avons besoin de retrouver l’émulation nécessaire qui a aussi fait notre succès la saison passée. Cette émulation est saine chez nous dès lors qu’elle est logique sur la performance. Nous essayons qu’il n’y ait pas chez nous des statuts de titulaire indiscutable. Le turnover est l’un des fonds de commerce de notre maison."

Alors que l’infirmerie est plutôt peu garnie actuellement, les conséquences de ce turnover positif sont légion. Le flanker Alban Placines explique "qu’à chaque fois qu’on rentre sur le terrain, on sait qu’on doit donner le meilleur sous peine de se faire prendre la place. Cela apporte une dynamique. La saison est longue avec deux compétitions, sans parler des internationaux. Il faut donc un effectif large et compétitif."

Le retour sur les hauteurs du classement et le rééquilibrage du calendrier domicile / extérieur facilitent également les rotations et la gestion de chaque joueur au cas par cas et non dans l’urgence. "L’enchaînement lors des matches hivernaux est compliqué, argue Alban Placines qui pense aussi stratégie. C’est souvent ce qui fait que des équipes basculent sur du positif ou du négatif. C’est un virage auquel il faut faire attention. Et puis rejouer deux weekend consécutivement Montpellier est difficile à gérer. Surtout stratégiquement. Peut-être que le changement des hommes peut aussi permettre de surprendre davantage."

Même l’épatant Cheslin Kolbe qui retrouve le terrain ce weekend est logé à la même enseigne. Coach Ugo Mola : "Quand vous avez Bonneval, Huget, Lebel, Médard, Ramos ou Tauzin pour le fond du terrain, on s’aperçoit que la concurrence s’applique aussi à Cheslin Kolbe. Et puis ne pas mettre en concurrence, certes un champion du monde et meilleur joueur du Top 14, reviendrait à déroger aux fondements de notre philosophie."

" Le mot concurrence ne convient pas"

Pourtant, les risques et les limites existent pour les champions de France. "Fin décembre – début janvier, anticipe Ugo Mola, les intérêts personnels vont aussi entrer en ligne de compte. Avec le nouveau staff de l’équipe de France et le Tournoi des 6 Nations, certains joueurs auront des ambitions personnelles. Ce sera à nous staff de gérer cela dans notre rotation pour ne pas créer un groupe à deux vitesses."

Auréolé d’un titre de N°10 et buteur titulaire des Bleus durant le Mondial, Romain Ntamack garde l’esprit club. "Nous sommes des compétiteurs et on voudrait jouer tous les weekends. Evidemment que ça met un peu les boules quand on voit les copains s’éclater sur le terrain alors que vous êtes en vacances, hors groupe ou blessé. Mais l’émulation est saine. On se tire vers le haut plutôt que de se tirer dans les pattes. D’ailleurs, le mot concurrence ne convient pas à notre profil d’équipe je trouve. La preuve, nous avons grand plaisir à nous retrouver en dehors du terrain, ce qui forge aussi notre état d’esprit."

Certains acceptent cette rotation qui fait figure de table de la loi à Ernest-Wallon. D’autres s’en nourrissent et enfin certains ambitionnent de jouer davantage, partant chercher du temps de jeu alors ailleurs. Mais "la concurrence permet d’être frais et que celui qui joue donne toujours le meilleurs, conclut le pilier Cyril Baille. Cela fait avancer l’équipe sans pour autant jouer sur l’ambiance entre nous au contraire. Et puis, pour le moment, cela porte ses fruits sportivement." Que se passerait-il en de résultats moins positifs où d’aucun pourrait penser qu’il pourrait apporter davantage que le titulaire ? Les Stadistes sont loin de ces hypothétiques considérations pessimistes. Silence, ça tourne !

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