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Chavancy : "Nakarawa a pris ses responsabilités, il en subira les conséquences"

Chavancy : "Nakarawa a pris ses responsabilités, il en subira les conséquences"

Le 15/11/2019 à 17:25Mis à jour Le 15/11/2019 à 20:24

CHAMPIONS CUP - Si les Saracens traversent une période trouble avec leur retrait de 35 points en Premiership, le Racing 92, leur adversaire dimanche, doit aussi gérer un épineux problème extrasportif avec le cas Leone Nakarawa. Le co-capitaine francilien Henry Chavancy évoque cette affaire perturbante avant un match qu’il annonce capital contre les Champions d’Europe en titre.

Rugbyrama : Êtes-vous agacé lorsque vous entendez que le Racing 92 s’est retrouvé grâce au retour de ses internationaux ?

Henry Chavancy : Oui et non. L’apport des internationaux nous fait beaucoup de bien, de par la confiance qu’ils amènent et également leurs qualités sur le terrain. Maintenant, pour avoir été là depuis le début de la saison, je crois qu’il faut aussi rendre hommage à ce groupe de joueurs qui travaille très dur depuis cet été et qui n’a pas toujours été récompensé de tous ses efforts dans les résultats. On est souvent passé près de la victoire et on a perdu certains matchs sur des petits détails. Cela a été frustrant mais on va pouvoir sincèrement s’appuyer sur ce début de saison en termes d’état d’esprit pour construire petit à petit et aller le plus loin possible. Donc les internationaux oui, mais les fondations qu’on a posées sans eux vont nous permettre, je crois, de faire quelque chose de bien cette année. On peut en tout cas tous se regarder dans les yeux, ce qui est important dans ce sport.

La récente victoire dans le derby francilien (9-25) vous a-t-elle, tout de même, regonflé de confiance ?

H.C. : Ce qui est sûr, c’est qu’elle a fait énormément de bien dans les têtes. On avait besoin de se rassurer avant de débuter cette compétition européenne où on affronte le champion en titre dès le début. On est aussi conscient que l’adversité sera tout autre donc on se doit de rester humble. Par le passé, on a déjà pu faire de belles performances mais pas dans la durée. On doit donc rester concentré et si on n’est pas à 100%, cela ne suffira pas face à cette grosse équipe des Saracens.

Top 14 - Leona Nakarawa (Racing 92)

Top 14 - Leona Nakarawa (Racing 92)Icon Sport

Comment abordez-vous ce premier match européen de la saison ?

H.C. : Il est très important, presque capital pour nous. On sait qu’en Champions Cup, le moindre faux-pas à domicile peut être rédhibitoire. On a travaillé très dur dans la semaine et l’ensemble du groupe a été très concentré et précis pour être présent au rendez-vous dimanche et gagner ce match, ce qui nous lancerait bien dans la compétition. Notre poule est extrêmement difficile et homogène donc nous devons d’abord franchir cette première étape puis aller chercher des résultats à l’extérieur pour envisager une qualification.

" Peut-être plus dur que s’il y avait les internationaux"

La plupart des internationaux anglais ne seront pas du voyage…

H.C. : Cela ne change pas grand-chose dans notre préparation. On s’attend à rencontrer la meilleure équipe possible des Saracens. Si leur entraîneur a estimé que l’équipe qui joue depuis le début de la saison est la meilleure pour dimanche, il a sûrement raison. Quand on voit les résultats des Saracens, on s’aperçoit que, quels que soient les joueurs alignés, leur niveau de performance reste équivalent. Je m’attends donc à rencontrer la meilleure équipe d’Europe et ce sera peut-être encore plus dur face à cette équipe qui joue depuis trois-quatre mois que s’il y avait les internationaux, qui rentrent tout juste de la Coupe du monde, sans automatisme et avec la tête un peu ailleurs. On ne tombe en tout cas pas dans le piège de prendre leur absence pour un cadeau.

Mark McCall, le manager des Saracens, a avoué dernièrement que son équipe lâcherait la Champions Cup si la sanction des 35 points de retrait en championnat devait se confirmer. Qu’en pensez-vous ?

H.C. : Je me donne le droit de ne pas le croire. Ils ont effectivement quelques soucis en dehors du terrain mais sur, ils n’en ont aucun. Je n’ai pas de doute sur le fait qu’ils arrivent à se maintenir. Ils ne parviendront peut-être pas à se qualifier pour la Champions Cup donc ils auront certainement à cœur de performer cette année et même de la remporter. Je ne donne donc aucun crédit à cette déclaration. Peut-être qu’il le pense, mais je suis persuadé que non.

Champions Cup - Henry Chavancy (Racing 92) contre les Saracens en décembre 2010

Champions Cup - Henry Chavancy (Racing 92) contre les Saracens en décembre 2010Icon Sport

Vous avez affronté quelques fois les Saracens durant votre carrière. Quels souvenirs en gardez-vous ?

H.C. : J’en ai un bon, mais cela remonte ! Je ne sais plus en quelle année, on avait gagné chez eux, dans leur ancien stade (21-24 en 2010, ndlr). Ce n’était pas encore l’équipe des Saracens de ces dernières années et cela ne me rajeunit pas mais c’était mon premier match contre eux et cela reste un très bon souvenir. C’est malheureusement le seul car, depuis, on a joué contre eux deux matchs de phase finale et on les a perdus les deux (également deux autres matchs de poules, lors de la saison 2012-2013, perdus eux aussi), dont une finale en 2016. On connait donc la capacité de cette équipe à répondre présent dans les grands rendez-vous.

Le Racing 92 devra faire dimanche sans Leone Nakarawa, mis à pied pour être rentré trop tard des Fidji. Lui en voulez-vous ?

H.C. : Oui et non ! Leone est un joueur important pour l’équipe, de par ses qualités. Il a enchaîné énormément de matchs depuis l’année dernière, entre le Top 14 et la Coupe du monde, et il doit être extrêmement fatigué. Mon point de vue de joueur est qu’on préfère avoir Leone avec nous que sans mais il y a des règles à respecter dans un club, et quel que soit le niveau du joueur, il faut être capable de les respecter. Le club a pris une décision que je peux tout à fait comprendre. Il y a une institution et il faut la respecter. Leone a pris ses responsabilités, il en subira les conséquences, quelles qu’elles soient. On peut avoir de l’empathie mais doit-on en avoir plus pour un Fidjien que pour un Argentin, un Géorgien ou un Néo-Zélandais ? C’est une question qu’il faut se poser et le staff se l’est posée. On est dans l’attente de la décision du club et on soutiendra quoi qu’il arrive sa décision.

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