Icon Sport

Mola : "Pas grand-chose à perdre, beaucoup à apprendre"

Mola : "Pas grand-chose à perdre, beaucoup à apprendre"
Par Rugbyrama

Le 18/04/2019 à 14:55Mis à jour Le 18/04/2019 à 18:24

CHAMPIONS CUP - À quelques jours d’affronter le Leinster en demi-finale de Champions Cup, Ugo Mola s’exprime sur son équipe des Rouges et Noirs mais aussi sur les adversaires irlandais. L’entraineur s’attend à un match de haute intensité et de haut niveau, mais voit encore toutes ses chances face au champion en titre, le Leinster.

Rugbyrama : Avant le match de Clermont, est-ce que vous pensiez que le groupe avait les ressources et les capacités pour inverser la situation ?

Ugo Mola : Quand on ne connait pas la situation, on ne peut pas deviner comment l’équipe va se comporter. C’est un match de rugby, chaque match est différent, dans un contexte différent. Le contexte nous était ultra favorable avec un engagement total, où l’intensité a pris le pas sur le jeu, malgré le fait qu’il y a eu dix essais. On se prépare à jouer ce genre de match, mais c’est vrai que j’aurais aimé avoir une issue plus tranquille. On marque 47 points lors de ce match, ce n’est pas anodin. Mais on en prend aussi 44.

Est-ce que vous vous sentez vraiment préparés à vivre une demi-finale de haute intensité ?

U. M. : Il y a un gros travail qui est fait par le staff sur l’intensité : la prise de décisions à haute vitesse, à l’entrainement, mais aussi en match bien évidemment. On va jouer ce qui se fait de mieux en Europe surtout en termes d’intensité contre le Leinster. On l’a bien vu lors de leur dernier match, malgré des turnovers du Leinster, Glasgow a dû s’employer sur 360 plaquages lors de la rencontre. C’est le double, voire même le triple que ce que l’on peut avoir à jouer nous, dans notre championnat quotidien. Nos jeunes joueurs et même les plus aguerris on besoin de s’éprouver à cette haute intensité, dans tous les cas ce sera une expérience de plus.

Champions Cup - Ugo Mola (Toulouse)

Champions Cup - Ugo Mola (Toulouse)Icon Sport

On ne vous attendait pas forcément à ce stade-là de la compétition il y a quelques mois. Est-ce que vous avez vraiment quelque chose à perdre ce week-end ?

U. M. : Honnêtement, nous n’avons pas grand-chose à perdre. On a surtout beaucoup à apprendre. Justement, la dernière défaite du Leinster en demi-finale, était un match exceptionnel. À la sortie, Le Stade a eu la chance d’être champion dans la foulée en 2011, de par l’intensité qu’il y a eu et la capacité à ne pas perdre son temps. Donc nous ce week-end, on fera tout pour ne pas perdre notre temps. On peut perdre des hommes, avec des blessures, des cartons sur des aléas et des faits de jeu. Mais dans tout les cas, le groupe et l’équipe ne perdra pas son temps. Quand on dit que l’on a zéro pression, que nous sommes outsiders, je m’en fiche. Ce qui est important, c’est d’arriver au moment voulu dans une compétition incroyable. Après un énorme parcours au vu de la poule dans laquelle on était. Après le match de quart de finale que l’on a joué et dans les conditions que l’on a joué. Aller chez le champion d’Europe aujourd’hui, c’est évidemment tout ce qu’on a envie de préparer et de jouer. Jouer des matches comme Clermont ou le Leinster, il n’y a pas un joueur de rugby qui n’aurait pas envie de les jouer. C’est une super compétition et je pense qu’on en sortira plus fort, je l’espère. Grandi, c’est certain.

Champions Cup - Adam Byrne (Leinster) plaqué par Yoann Huget (Toulouse)

Champions Cup - Adam Byrne (Leinster) plaqué par Yoann Huget (Toulouse)Icon Sport

Il y a beaucoup de joueurs dans l’effectif qui sont jeunes, qui vont jouer leur première demi-finale. Est-ce que vous êtes rassuré sur leur faculté à gérer ce genre de rencontre ?

U. M. : Il faut dire qu’ils ont un rapport avec l’extraordinaire pas très compliqué. Ce qui caractérise notre groupe, c’est la simplicité et parfois même l’insouciance. Ce qui peut parfois être parfois déconcertant, mais on a des garçons qui sont pleinement investit, qui aiment ce jeu et ce sport. Ils sont convaincus et convaincants parfois. Convaincus de ce qu’ils ont envie de faire sur le terrain. Ils ont envie de provoquer des choses et de jouer. C’est à l’image du match contre Clermont-Ferrand, les ressources sont évidentes. C’est le fait de ne jamais abdiquer, de jouer malgré des faits de jeu qui peuvent tourner en notre défaveur. Ils ont su ne pas lâcher en quelques minutes. L’idée est que ces jeunes joueurs là puissent continuer à être exposés au plus haut niveau, tout en emmagasinant de l’expérience. Nous savons très bien que pour jouer au Stade toulousain, il faut répondre présent dans les moments clefs et c’en est un. Pour une demi-finale de coupe d’Europe, je vous rappelle que l’on sort d’une poule très difficile et que nous avons battu le Racing à 14. Donc qu’est-ce que vous voulez qu’il nous arrive de plus ? À part des bonnes choses ? Pas grand-chose, c’est que du positif à prendre.

Ugo Mola (Toulouse)

Ugo Mola (Toulouse)Icon Sport

Quelles leçons avez-vous eu à tirer des doubles confrontations en poules contre le Leinster cette année ?

U. M. : Le match retour est très riche d’enseignements, parce qu’on a des opportunités en début de match, après de longues séquences défensives. Il a des actions qui ont duré plus de 4 minutes 50, avec un ballon perdu de notre part au bout de 17 ou 18 temps de jeu. Puis derrière on a dû beaucoup défendre pendant 35 ou 36 temps de jeu. On finit par récupérer le ballon, et par breaker. Mais malheureusement, on manque un peu de lucidité pour marquer. On sait que l’on va avoir un rythme hyper élevé. Bien évidemment, tout les standards vont être hauts. C’est le haut niveau, le niveau européen. Cela veut dire que c’est plus vite, plus fort, plus long. Nous avons envie de jouer ces matches-là, de jouer contre une équipe qui gagne beaucoup. Mais qui s’est quand même pris quelques fois les pieds dans le tapis, notamment lors de la confrontation, ici, à domicile, où je pense qu’on su marquer sur nos temps forts. Chose que l’on n’a pas fait chez eux.
Le Leinster est une équipe que nous avons beaucoup étudiée. Avec le staff nous avons déjà travaillé sur une préparation durant la phase de poules, ce qui est du temps gagné. Quand de notre côté nous avons Romain Ntamack, Zack Holmes et Sébastien Bezy qui sont utilisés 1 500 minutes. D’un autre côté Jonathan Sexton est bien au frais, il va bien. Il a joué quatre matches de Pro 14, quatre de Champions Cup et quatre matches en tournoi des VI Nations. On sait très bien que nous ne sommes pas sur un pied d’égalité en termes de rythme. Avec ce genre d’équipe, plus le niveau augmente, plus elle est performante. C’est juste le champion d’Europe en titre. C’est une équipe redoutable, qui maitrise son rugby. Pour gagner au Leinster, il faudra un carton plein sur nos occasions, être intraitable défensivement et disciplinés. Ce qui est la réalité du haut niveau. Il ne faudra pas oublier notre audace et notre enthousiasme offensif, ce que l’on n’avait pas forcément fait à notre match retour.

Propos recueillis par Anne-Lyse Raymond

Pariez sur le Rugby avec Winamax
1
N
2
Jouer comporte des risques : endettement, isolement, dépendance. Pour être aidé, appelez le 0974751313
Contenus sponsorisés
0
0