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Toulon, retour vers le futur

Toulon, retour vers le futur

Le 09/12/2020 à 14:27Mis à jour Le 09/12/2020 à 14:45

CHAMPIONS CUP - Après une saison à batailler en "deuxième division européenne", le RCT retrouve ce samedi une compétition à travers laquelle il a construit sa légende : la Champions Cup. Entre leur ambition et leur envie de se montrer à la hauteur de leurs aînés, les Varois attendent ce rendez-vous avec beaucoup d'impatience.

Si le Top14 a toujours eu les faveurs des joueurs français aux dépens des Coupes d'Europes, c'est bien via la Heineken Cup, devenue Champions Cup en 2014, que le RCT a construit sa légende au cours de la dernière décennie. En effet, s'ils ont disputé cinq finales de Top14 entre 2012 et 2017, pour un Brennus en 2014 (!), les Varois ont dominé l'Europe du rugby de 2013 à 2015. Avec trois titres continentaux consécutifs, la bande à Carl Hayman, Ali Williams, Jonny Wilkinson, Matt Giteau ou encore Mathieu Bastareaud a donc permis à Toulon de redevenir l'une des plus grandes puissances européennes. Sauf que cette époque (bénie des supporters) est désormais révolue. Avec le changement de président début 2020, mais surtout depuis la mise en place du projet de Patrice Collazo (arrivé en 2018), basé autour de la formation, le RCT se reconstruit progressivement.

Et si les recrues cinq étoiles venues du monde entier ont fait place au fleuron de la formation française (Jean-Baptiste Gros, Louis Carbonel, Baptiste Serin ou encore Charles Ollivon) le RCT s'est à nouveau imposé comme l'une des équipes les plus ambitieuses du championnat français. Et au niveau européen ? Les ouailles de Patrice Collazo ont redécouvert le Challenge européen en 2019/2020, après sept participations consécutives à sa grande sœur. Et convaincus que cette saison allait participer à la construction de leur projet, les Varois ont fait plus qu'exister. Vous dîtes ? Premiers et invaincus de leur poule de Challenge Cup, les Toulonnais n'ont échoué qu'en finale, face à un autre ultra-ambitieux d'Europe, Bristol.

"La Champions Cup nous donnera des réponses sur le potentiel réel de ce groupe"

Alors samedi, après un parcours remarqué en "deuxième division européenne", les Varois retrouveront la plus prestigieuse des compétitions continentales, pour des retrouvailles situées quelque part entre le besoin de ne pas être ridicules à côté de l'héritage laissé par leurs aînés et l'envie de montrer que ce groupe a les qualités pour jouer des coudes avec les grands d'Europe. "Nous sommes tous conscients de jouer dans un club où la culture Coupe d'Europe est immense. On n'a donc d'autre possibilité que de montrer un bon visage", expliquait Baptiste Serin en début de semaine.

Au demi de mêlée de continuer, pour expliquer que même s'ils ont connu une saison en Challenge Cup, ce groupe avait déjà les épaules pour rivaliser en Champions Cup. "La saison passée, il était essentiel pour nous de bien figurer en "petite coupe d'Europe", pour montrer que ce groupe n'était pas forcément à sa place : on a des internationaux, des jeunes d'un talent certain et nous voulions montrer que l'on avait une équipe forte. Maintenant, la Champions Cup nous donnera des réponses sur le potentiel réel de ce groupe. Je ne suis pas inquiet, on saura franchir le cap qui existe entre les deux compétitions."

"Le Toulon d'avant a eu son histoire, et elle était magnifique, mais on doit créer la nôtre"

Face à Sale, les Toulonnais renoueront donc avec la très riche histoire européenne du RCT, et chercheront dans le même temps à s'émanciper du lourd héritage laissé par leurs aînés. "Vous savez, j'étais à Bègles à l'époque du grand RCT, et j'ai vraiment admiré ces différents parcours. Je dois même reconnaître que je poussais derrière Toulon. Maintenant il est indispensable pour nous de s'émanciper de cette histoire. Le Toulon d'avant a eu son histoire, et elle était magnifique, mais on doit créer la nôtre. Nous aimerions parvenir à faire aussi bien, même si nous sommes bien conscients que c'est pratiquement inégalable. Quoi qu'il en soit : nous allons nous donner à fond, pour montrer un bon visage et essayer de se qualifier." Et si au sein du groupe toulonnais, de nombreux joueurs n'ont encore jamais connu la "grande" Coupe d'Europe, nul doute que les Varois auront à cœur de prouver qu'ils n'ont pas froid aux yeux.

"On a beaucoup de mecs peu expérimentés mais extrêmement talentueux : ils doivent prendre du plaisir, ne pas avoir peur et croire en leurs qualités. Le jeu ? Il faudra simplement se préparer à ce que tout aille un peu plus vite. La Champions Cup c'est : un peu plus costaud, ça tape un peu plus fort, ça va un peu plus vite, il y a un peu plus de rythme... Voilà, on doit monter "un peu" chaque curseur, car les décisions sont un peu plus compliquées à prendre avec l'excitation du rendez-vous." Un rendez-vous que les Toulonnais ne voudront manquer sous aucun prétexte, puisqu'il s'agit pour eux d'écrire un nouveau chapitre de l'histoire du club toulonnais. Leur nouveau chapitre.

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