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Champions Cup - Nathan Hines (Montpellier) : "Edimbourg, une équipe plus structurée que Glasgow"

Hines : "Edimbourg, une équipe plus structurée que Glasgow"
Par Rugbyrama

Le 12/10/2018 à 15:00

CHAMPIONS CUP - Sélectionneur du XV du chardon de 2014 à 2017, Vern Cotter n’est pas le seul membre du staff héraultais à avoir un lien spécial avec l’Ecosse. Spécialiste du jeu au sol pour les Cistes, Richie Gray est natif du pays (adjoint de Cotter en sélection en 2016). Là où Nathan Hines, coach des avants du MHR né en Australie, compte lui 77 capes avec la sélection écossaise.

Et a surtout joué six ans à Edimbourg. Il présente cet adversaire que Montpellier défiera pour la première fois de son histoire, samedi (16h15) au GGL Stadium.

Souvenirs, souvenirs…

Le 19 Novembre 1999, Nathan Hines, jeune deuxième ligne de vingt-deux ans, dispute son premier match professionnel avec Edimbourg face à Grenoble (H Cup). Le début d’une aventure de six années pour ce globe-trotter de l’ovalie, qui portera ensuite les couleurs de l’Usap, du Leinster, de Clermont et de Sale. Mais c’est avec le club écossais qu’il passa le plus d’années. Marquant, forcément : "A cette époque, la Fédération écossaise avait quatre provinces et elle en a ensuite mélangé deux, Borders et Edimbourg. J’ai d’abord joué en deuxième division (Gala FC) avant qu’ils me demandent de devenir pro. Je me souviens qu’à cette époque, il fallait qu’on fasse les trajets en bus de l’Ecosse vers le pays de Galles pour jouer.

On partait le vendredi matin, on jouait le samedi et on rentrait dans la soirée après onze heures de trajet. Nous avons fait ça pendant deux ans. C’était dur ! J’ai passé six saisons à Edimbourg. Après une première année difficile où je me suis blessé à l’épaule, puis la seconde au genou, ce qui m’a éloigné des terrains durant douze mois, le club s’est développé en attirant des joueurs renommés et on a connu pas mal de succès. Avec notamment un quart de finale d’H Cup perdu contre Toulouse (2004) et une finale de coupe Celte. Des beaux souvenirs…"

Nathan Hines et Alex King (Montpellier)

Nathan Hines et Alex King (Montpellier)Icon Sport

Un petit club devenu grand

Après son départ vers la France et Perpignan, Nathan Hines a continué de suivre le parcours d’Edimbourg au fil des années : "J’avais encore beaucoup d’amis là-bas et c’est vrai qu’il y en a de moins en moins aujourd’hui. J’ai affronté Edimbourg à quatre reprises durant mes deux années passées au Leinster (2009-2011) et je retrouvais toujours avec beaucoup de plaisir leurs joueurs en équipe nationale. Edimbourg est un club de plus en plus suivi. A mon époque, ils avaient du mal à trouver leur place comme institution professionnelle, car on pouvait compter plein de clubs historiques autour que les gens aimaient. Mais désormais, il y a par exemple vingt mille spectateurs pour les matchs contre Glasgow.

Aujourd’hui, le fait de retrouver Edimbourg face à nous n’a plus d’impact particulier dans mon esprit, ni dans celui des autres membres du staff héraultais qui ont exercé en Ecosse. Car nous avons déjà affronté Glasgow l’an passé et cela est donc terminé. Mais nous pensons à tout ce que nous connaissons de ce club et de ses des joueurs et donc, tout ce qu’on peut apporter à l’équipe "

Six Nations - Nathan Hines (Écosse) contre le Pays de Galles en 2011

Six Nations - Nathan Hines (Écosse) contre le Pays de Galles en 2011Icon Sport

Les Ecossais, pas comme les Irlandais…

Habituellement, les clubs anglo-saxons sont très dangereux en coupe d’Europe car ils jouent cette compétition à fond, souvent au détriment de leurs championnats domestiques. Mais selon l’ancien deuxième ligne, ce constat n’est pas véridique pour les Ecossais : "Les Ecossais jouent vraiment à fond les deux compétitions, car ils sont moins protégés par leur fédération que les Irlandais. Ce n’est donc pas le même état d’esprit. Cette équipe d’Edimbourg a selon moi un niveau proche de celle de Glasgow que nous avons affronté l’année dernière (deux succès, NDLR). Mais nos adversaires de samedi ont plus de structures que les Warriors et ils jouent aussi différemment.

Ils développent moins de jeu à la main mais aiment autant garder le ballon. Le rugby écossais a vraiment progressé depuis ces dix dernières années. En fait, il est devenu bon depuis que je suis parti (sourire) ! Plus sérieusement, les équipes anglaises ou de l’hémisphère sud étaient au départ en avance sur les formations écossaises mais je pense que ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ils ont fait de gros efforts structurels pour les rattraper et ont progressé grâce à l’apport de joueurs de qualité qui ont amené leur expérience et permis aux jeunes éléments locaux de progresser."

Nathan Hines (coach assistant) and Vern Cotter  - Montpellier

Nathan Hines (coach assistant) and Vern Cotter - MontpellierIcon Sport

Une équipe dangereuse

Auteur d’un début de saison difficile (deux défaites consécutives), à l’image du MHR, Edimbourg s’est récemment relancé et reste sur deux succès consécutifs. Quatrième de la conférence B, ils sont invaincus à domicile mais courent toujours après leur premier triomphe à l’extérieur cette saison : "C’est une équipe qui marche bien même si elle a eu du mal à démarrer la saison. Ils jouent vite, sont très bien organisés et restent tout le temps dans leur système. Ils se connaissent très bien car ils jouent ensemble aussi en sélection et ont d’excellents entraîneurs. Richard Cockerill qui amène un jeu un peu plus dur et Duncan Hodge (coach de l’attaque, NDLR), qui a passé trois ans avec Vern (Cotter) avec la sélection écossaise.

Ils sont patients et je le répète, jouent rapidement. Ils ressemblent à Glasgow mais sont selon moi beaucoup plus structurés dans le jeu." Et peuvent également s’appuyer sur de belles individualités : "Ils ont de nombreux jeunes talentueux à l’image de l’arrière Blair Kinghorn ou du troisième ligne Magnus Bradbury. Et aussi de bons éléments dans le pack comme Stuart McNally, Ross Ford, Hamish Watson ou Ben Toolis. Et je pourrai encore en citer plein d’autres. C’est une belle équipe. Il y a une différence entre le jeu développé en Pro 14 et celui du Top 14. Ici, c’est plus dur et tourné vers le combat, la puissance. Là-bas, ça bouge vite, il y a plus de passes et c’est plus net dans les rucks."

Par Julien LOUIS

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