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Champions Cup - Montpellier : les cinq commandements

Montpellier : les cinq commandements
Par Rugbyrama

Le 12/10/2018 à 17:59Mis à jour Le 12/10/2018 à 18:00

CHAMPIONS CUP - Samedi à 16h15 au GGL Stadium, Montpellier défiera les Ecossais d’Edimbourg (pour la première fois de son histoire) pour son entrée en lice dans la compétition. Et il n’aura déjà pas le droit à l’erreur s’il souhaite garder son destin européen en main. Dans l’espoir de décrocher à la fin, sa deuxième qualification pour les quarts de finale (première en 2013) en 7 participations.

L’équipe plus forte que les individualités absentes

Aucun répit. En l’espace de cinq jours, Montpellier a perdu trois joueurs clés : Johan Goosen (cheville, deux à trois mois) et Timoci Nagusa (ischios, quatre à six semaines) face à Toulon dimanche, puis son arme fatale Nemani Nadolo jeudi (genou, quatre mois).

Une hécatombe de blessés (Steyn, Cruden, Paillaugue, Camara, Jac. Du Plessis, Chilachava, Bardy), derrière laquelle le capitaine Louis Picamoles ne veut pas se cacher : "C’est vrai que là on n’est pas épargnés. Après le début de saison on commence à récupérer du monde et on perd encore des joueurs importants pour le groupe. Mais je pense que c’est une épreuve qui peut être constructive pour le groupe. Savoir si aujourd’hui il est capable de réagir à ce genre de coups durs. Parce que ça arrive dans une saison et il faut être capable d’y répondre collectivement. C’est toujours malheureux de perdre des joueurs sur des durées aussi longues mais c’est aussi un challenge pour l’équipe. Savoir si on a l’état d’esprit pour répondre à ça collectivement afin que ça perturbe le moins possible le groupe."

Miser sur la dynamique positive

Privé de "facteurs X", de numéro dix (charnière expérimentale avec Pienaar en dix et Sanga en neuf) et de ses principaux “artilleurs” ou buteurs (Steyn, Goosen, Cruden, Paillaugue), le club à la fleur de Ciste veut miser sur sa force collective réaffirmée. En manque de sérénité suite à un début de saison raté en Top14, les Montpelliérains ont retrouvé de l’assurance en enchaînant trois succès (Toulouse, à Perpignan et Toulon). Et montent en puissance au meilleur des moments. Le MHR ne maîtrise pas encore totalement son jeu, mais son pack est redevenu dominateur et surtout, il se comporte à nouveau comme une équipe.

Une clé pour battre Edimbourg au GGL Stadium samedi, à l’image de la bataille des avants face aux internationaux écossais, et réussir ainsi son entrée en Champions Cup. "On sent que l’équipe monte progressivement. (…) Il y a eu un début de saison un peu délicat mais je sens l’équipe repartie sur des choses plus positives. Mais l’équilibre est encore fragile, nous en sommes conscients. Après, changer de compétition permet aussi de casser la routine, de voir autre chose…"

S’adapter à une vitesse de jeu accrue

Derrière ce changement de compétition évoqué par le numéro huit international, se cache le défi ultime des Bleu et Blanc. Seront-ils capables de s’adapter à une vitesse de jeu accrue ? Louis Picamoles répond : "Je crois que en moyenne cette saison nous sommes en-dessous de trente-cinq minutes de temps de jeu effectifs, et par exemple Edimbourg est en moyenne autour des quarante minutes. C’est énorme comme différence. On s’attend donc forcément à un match rythmé. On ne sait pas s’il y aura de la pluie ou non, mais ils sont plus habitués que nous à jouer sous la pluie et je pense donc qu’ils ne verront pas leurs intentions de jeu à la baisse. J’imagine qu’ils se disent qu’on est une équipe dense, qui ne se déplace peut-être pas beaucoup. On s’attend donc à une formation qui va tenter de nous asphyxier par du volume de jeu. Et c’est vrai que nous avons un gros challenge à relever. Voir si nous sommes capables de tenir le rythme face à genre de rugby, car on a peu d’occasions de le vivre en Top 14."

Gare à l’indiscipline !

Autre impératif pour les Cistes : s’adapter à un arbitrage très différent de celui rencontré en Top14. "C’est clair, l’arbitrage de la coupe d’Europe est intransigeant. Il y a aucun état d’âme à mettre deux ou trois cartons jaunes s’il le faut, là où en Top14 après un carton il y a une forme, pas de compensation, mais une volonté de ne pas tuer le match. Et des fois il y a un surplus d’indiscipline après un carton alors qu’en coupe d’Europe, l’arbitrage ne se pose aucune question. Et si on doit finir à douze, il n'y aura aucun problème", poursuit-il.

La discipline sera donc déterminante : "On l’a vu encore à la vidéo ce matin (vendredi). Il y a eu beaucoup de consignes passées aux arbitres européens. Je crois donc que ce sera la clé de notre réussite dans cette compétition. On doit être en mesure de s’adapter à cet arbitrage qui va être intransigeant sur tout ce qui est jeu dangereux ou antijeu…."

Champions Cup - Louis Picamoles (Montpellier) contre le Leinster

Champions Cup - Louis Picamoles (Montpellier) contre le LeinsterIcon Sport

Et Louis Picamoles retrouvera justement demain un homme au sifflet qu’il connaît bien et qu’il a appris à apprécier selon ses mots. L’arbitre international anglais Wayne Barns : "On s’est croisés plusieurs fois, que ça soit au niveau international, en coupe d’Europe ou durant mon année en Angleterre (à Northampton) où il arbitrait. On commence à se connaître et c’est un arbitre que j’apprécie. Il a un très bon niveau et c’est quelqu’un avec qui on peut échanger et je trouve que c’est tout de même important cette proximité avec les arbitres."

Gagner à tout prix !

Cinq commandements que les Héraultais devront impérativement respecter samedi pour gagner leur premier match de Champions Cup. A l’inverse de la saison passée, où ils avaient traîné comme un boulet leurs deux défaites inaugurales (au Leinster et face à Exeter), in fine rédhibitoires malgré l’espoir né d’un double succès contre Glasgow.

Eliminé dès la phase de poule l’an dernier, le MHR veut se qualifier cette saison pour les quarts de finale (une seule fois dans son histoire en 2013) selon son capitaine, de retour à son meilleur niveau : "Nous restons méfiants mais cela n’empêche pas qu’on a des ambitions cette saison. On a un peu mal vécu l’élimination directe l’an passé. On sait à quel point le premier match est important… Et l’équipe s’est donc fixée de bien démarrer cette coupe d’Europe à domicile face à Edimbourg pour se donner ainsi le maximum de chances de vivre au moins un quart de finale. Après, ça peut laisser le droit de rêver…"

Par Julien LOUIS

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