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Les Bleus de Toulouse, comme s’ils n’étaient jamais partis

Les Bleus de Toulouse, comme s’ils n’étaient jamais partis

Le 22/11/2019 à 14:38

CHAMPIONS CUP – Plus gros contingent de Bleus à la Coupe du monde, les huit Tricolores du Stade toulousain ont retrouvé les bords de Garonne, près de six mois après le titre de champion de France. Et ces derniers n’ont pas eu besoin de temps d’adaptation.

À peine revenu du Japon et de ce Mondial où se sont mixés nouvelle préparation physique, typhon et élimination rageante en quarts, les huit internationaux français de Toulouse ont retrouvé leur lot quotidien. Yoann Huget (62 sélections au compteur) est sans équivoque. "Je suis très heureux de retrouver le club, le groupe, tout ceux qui œuvrent pour les Rouge et Noir, notre public qui nous ont tous manqué depuis quatre mois. Ici, c’est notre maison."

L’expérimenté arrière aux 63 capes Maxime Médard avait "envie de vite passer à autre chose en retrouvant (son) club, (ses) marques, un rythme, des repères. Et puis dans la tête et dans les jambes, c’est toujours plus facile de préparer un gros choc de haut niveau contre Clermont délocalisé au Stadium."

Top 14 - Maxime Médard (Toulouse) contre Clermont

Top 14 - Maxime Médard (Toulouse) contre ClermontRugbyrama

Le staff technique leur a aussi permis de ne pas gamberger en leur faisant confiance malgré une certaine profondeur de banc. "Ils ont de suite montré de l’appétit à vouloir revenir jouer avec le club, précise le coach Ugo Mola. Ensuite, la majorité de nos sélectionnés se trouvait chez les trois-quarts avec six éléments convoqués (Dupont, Guitoune, Huget, Médard, Ntamack et Ramos, ndlr). Il y a une sorte de phénomène de groupe qui permet d’avoir en permanence des connexions entre eux, une forte émulation nécessaire à la réussite collective."

Une gestion au cas par cas

Ces Bleus de la Ville rose ont déjà eu droit à quelques jours de congés après l’élimination en quarts. "On est ensuite bien entourés avec un staff et des intendants qui gèrent parfaitement nos vacances selon plein de facteurs, précise Maxime Médard. Ils ont pris la mesure des états de formes entre ceux qui avaient joué et d’autres un peu moins. Les vacances et les reprises sont ainsi adaptées." Ces réflexions ont tout du casse-tête entre états physiques, obligations sportives du club, règlements internationaux et autres conventions à respecter.

Physiquement au top

Même si ces huit forçats d’une saison à rallonge pourraient commencer à tirer la langue voire risquer de se blesser (jurisprudence Guirado), leur état de santé rassure. "On espère que cette grosse préparation physique de près de trois mois avec l’équipe de France ne sera pas une préparation éclair, souffle Yoann Huget. Je pense au contraire qu’elle nous servira individuellement sur la deuxième partie de saison. Même si on est revenus du Japon avec un peu de fatigue, on sent qu’on a encore du jus, du peps. C’est de bon augure pour la suite."

Champions Cup - Mark Atkinson (Gloucester) stoppé par Yoann Huget et Sofiane Guitoune (Toulouse)

Champions Cup - Mark Atkinson (Gloucester) stoppé par Yoann Huget et Sofiane Guitoune (Toulouse)Icon Sport

Maxime Médard lui emboîte le propos. "Après une Coupe du monde, il y aura à un moment un contrecoup. Peut-être pas de suite car nous sommes encore dans la foulée de la grosse prépa qui nous a aussi fait grandir en changeant certaines choses comme l’alimentation, la préparation à l’approche du match ou la concentration, même si je me suis toujours donné à fond avec une grande exigence."

Lors des deux derniers chocs de haut calibre contre Clermont et Gloucester du Stade Toulousain, si les avants Baille et Mauvaka ont été utilisés avec parcimonie (respectivement 80 et 25 minutes de jeu), Cros qui n’avait pas été retenu pour le Japon après la prépa a enchaîné avec deux nouvelles titularisations. Mais c’est surtout derrière que la vague bleue a surfé sur la dynamique Mondial. Hormis Dupont qui soigne toujours son dos, que ce soit contre l’ASMCA ou lors de la première journée de Champions Cup, une ligne Médard-Guitoune-Ntamack-Huget-Ramos a été titularisée. Résultat : trois des cinq essais ont été inscrits par Guitoune, Médard et Ntamack. Surtout, ce qui a sauté aux yeux, c’est l’aisance technique, la force de proposition et le liant qu’ont offert ces éléments. Comme si nouvelle saison démarrait pour eux et pour leur club.

Le jeu à la toulousaine comme fil rouge

"C’est plus facile de passer de la sélection au club et vice versa car on se connait bien, estime le centre Sofiane Guitoune. Même si les jeux des équipes changent, les réflexes avec les hommes sont immuables. On a poursuivi en sélection sur la bonne dynamique du titre avec Toulouse."

Ainsi, il n’est pas surprenant que le jeu toulousain ne connaisse pas de ratés avec l’intégration de ceux qui en ont fait quelques récentes belles heures. Maxime Médard : "Nous sommes habitués de passer d’un discours à un autre, d’un schéma de jeu à un autre. Même si le rugby des Bleus et celui du Stade Toulousain diffèrent, on nous sélectionne aussi pour nos qualités et pour ce qu’on sait faire en club."

Sur ces deux dernières rencontres, l’arrière Thomas Ramos, privé de quarts en Coupe du monde a marqué la bagatelle de 28 points, retrouvant comme si de rien n’était son rôle et sa régularité de buteur délaissés à son copain Romain Ntamack en sélection. Comme quoi, la confiance n’a pas été altérée. Le coup de mou suivant une saison qui n’en finit pas et une participation à une épreuve très exigeante n’a pas eu lieu.

Top 14 - Thomas Ramos (Toulouse) contre Castres

Top 14 - Thomas Ramos (Toulouse) contre CastresIcon Sport

"Ce que je crains et que l’on va essayer de surveiller, confesse Ugo Mola, c’est plutôt leurs niveaux de forme pour fin décembre – début janvier. À cela se mixera aussi les intérêts personnels. Même si le rugby est un sport collectif, avec un nouveau staff et une nouvelle ère qui s’annonce pour l’équipe de France dès le prochain Tournoi des 6 Nations, ce sera tout à fait légitime que certains joueurs aient des ambitions personnelles. Ce sera à nous staff de gérer cela dans notre rotation pour ne pas créer un groupe à deux vitesses."

La force du collectif sert les individualités

Contre Clermont pour ce remake de la dernière finale le tout délocalisé au Stadium en prime-time, et parfois aussi au Kingsholm de Gloucester, cette ligne de trois-quarts resplendissante s’est trouvée les yeux fermés, ce qui n’a pas été sans rappeler les plus belles heures de la saison passée achevée avec un certain bout de bois entre les mains. Mais plus que d’ériger ces Bleus en force motrice du club haut-garonnais, Maxime Médard pense autrement. "La formation toulousaine est à l’honneur. La nouvelle génération, certains anciens, d’autres qui reviennent où les coaches qui ont aussi porté ce maillot prouvent tous que le moule produit de bons éléments qui savent répondre présent en toutes circonstances. Le groupe vit bien et on joue les uns pour les autres. Le club et son collectif nous permettent de briller pour prétendre à faire part de l’équipe de France et il ne faut jamais l’oublier."

Enfin, Yoann Huget voit déjà plus loin. "On a retrouvé le groupe dans le même état qu’on l’avait laissé avec le titre de champion de France. La même joie de vivre ou le plaisir de partager des moments ensemble. On a l’impression d’être juste partis il y a trois semaines alors que ça remonte à juin ! On a tous vite repris nos repères pour être sur le même fil conducteur et parler le même langage. Nous souhaitons continuer de prendre du plaisir ensemble et de transmettre cette enthousiasme qui permet ensuite une sorte de communion qui est importante dans notre jeu."

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