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Lamboley : "La défaite n'existe pas dans le vocabulaire de Collazo"

Lamboley : "La défaite n'existe pas dans le vocabulaire de Collazo"

Le 16/12/2017 à 08:33Mis à jour Le 16/12/2017 à 08:56

Après dix-sept saisons au Stade Toulousain, le troisième ligne polyvalent Grégory Lamboley a rejoint l'été dernier La Rochelle pour un ultime défi. Il raconte l'expérience où il est question d'ambition, d'insouciance et d'exigence.

Rugbyrama : Qu'imaginiez vous en prenant la décision de vous engager à La Rochelle ?

Grégory Lamboley : C'était il y a un an. J'avais en tête de vivre une dernière expérience dans un nouveau club, de me confronter à une nouvelle façon de m'entraîner, d'appréhender le rugby. Je voulais sortir de mon confort à Toulouse. Je le concevais comme un enrichissement personnel. J'aurais regretté de finir ma carrière avec une seule expérience, une seule vision du rugby. J'avais envie de me déraciner.

Mais vous attendiez-vous à arriver dans un club aussi ambitieux ?

G.L. : J'ai signé mon pré-contrat en novembre, La Rochelle après une belle saison réussissait un bon début de championnat. L'ambition était perceptible. On le sentait que La Rochelle s'affirmait. J'avais joué avec Patrice Collazo et Xavier Garbajosa, je connaissais aussi leur état d'esprit. Et ça correspondait à mes envies. Je veux réussir ici, pas seulement me contenter de faire un passage.

Vous avez connu l'époque où on quittait Toulouse par défaut, aujourd'hui on peut quitter ce club pour une question d'ambition…

G.L. : Les cartes ont été redistribuées par rapport à une certaine époque. La Rochelle est un club émergent comme Lyon. Avant, il y avait 2 ou 3 clubs majeurs et tout le monde ou presque voulait venir à Toulouse. Aujourd'hui La Rochelle est devenu attractif ne serait ce que sur le marché des transferts. Toulouse est toujours aussi ambitieux et attractif mais La Rochelle a pris une nouvelle place dans le rugby français…

Grégory Lamboley (La Rochelle)

Grégory Lamboley (La Rochelle)Icon Sport

Si vous deviez comparer les deux clubs, que diriez vous ?

G.L. : Dans la philosophie, il y a des ressemblances parce que Patrice Collazo et Xavier Garbajosa ont joué à Toulouse. Xavier y a passé des années… Et ils mettent en œuvre ce qu'ils ont appris. Mais aller au-delà dans la comparaison, ça m'est difficile : je suis arrivé très tôt à Toulouse alors que là, j'ai débarqué dans un club structuré. Comparer n'aurait pas tellement de sens.

Qu'est ce qui vous a surpris en arrivant à La Rochelle ?

G.L. : Les infrastructures et tout l'environnement autour du club jusqu’au secteur administratif où tout est cadré, précis. Chacun à sa place. C'est très professionnel. C'est un club très récent au haut niveau et il s'est adapté à une vitesse incroyable. Et puis il y a donc ce centre d'entraînement : c'est un petit Marcoussis avec une aile réservée au centre de formation, le terrain principal entouré des terrains annexes où évoluent les équipes de l'école de rugby. C'est bien fait et révélateur : le terrain principal, c'est le coeur du club mais les jeunes peuvent s'en imprégner.

Vous êtes revanchard à l'égard de Toulouse ?

G.L. : Non, le Stade toulousain ne m'a jamais rien fait de mal, je n'ai que des bons souvenirs et ce club restera dans mon coeur . C'est simplement un défi personnel : je voulais me mettre en danger, me prouver des choses. Je ne voulais pas entendre : "il a réussi parce qu'il était à Toulouse" C'est dur, je dois m'entraîner très sérieusement, me mettre au niveau mais c'est une défi qui me plait.

Comment présenteriez vous Patrice Collazo à quelqu'un qui n'a jamais entendu parler de lui ?

G.L. : C'est un mec qui déteste la défaite. Ce mot n'existe pas dans son vocabulaire. Il remet en permanence son groupe en question. Mais il s'applique aussi cette remise en question. Il peut être excessif mais il est toujours là pour remettre dans le droit chemin. Il veille à ce qu'on garde tous les pieds sur terre. Je n'ai pas été surpris par lui, il était pareil joueur. C'est un très bon meneur d'hommes : il est fort aussi bien dans ses analyses video que dans ses discours, avant ou après les matches. Tu sens qu'il respecte ses joueurs. Il va ressembler à Guy Novès mais il est plus excessif quand Guy est plus calme, plus posé. J'ai connu les deux et je dirais que Patrice est plutôt entre Guy Novès et Bernard Laporte.

Patrice Collazo (La Rochelle) - 26 mai 2017

Patrice Collazo (La Rochelle) - 26 mai 2017Icon Sport

Avez-vous été surpris par l'absence de complexe de La Rochelle dans cette Coupe d'Europe ?

G.L. : Cette compétition a été abordée naturellement. Les mecs se sont gagnés le droit de la disputer, ils le vivent pleinement. J'avais été marqué par ça avant le premier match contre les Harlequins. Le groupe était très décontracté au point de boire une bière à l'hôtel à la veille du match. On n'aurait jamais pu faire ça à Toulouse par exemple. Je ne savais pas comment l'équipe allait répondre et derrière il y a une victoire avec le bonus. L'insouciance fait la force de cette équipe. Les joueurs ne réfléchissent pas au fait que l'adversaire à 100 matches de H Cup. Ils ne cherchent pas à savoir ce qu'il a déjà réussi. L'idée c'est de continuer à jouer et d'appliquer le plan de jeu. Finalement, les joueurs ne se rendent pas tous compte des performances réalisées. T'as envie de leur dire : "Oh, on a battu les Wasps". Mais la joie reste la même qu'après une victoire en Top 14. Je crois que la nouvelle génération voit le rugby autrement, ils sont peut être moins impressionnés par l'Histoire. Beaucoup ont vécu la montée de Pro D2. Et pour eux, c'est en fait l'aventure qui continue.

Votre vécu est sollicité ?

G.L. : J'avais cette idée de partager mon expérience. Mais il y a une telle insouciance et une telle efficacité que tu n'as pas envie de t' immiscer dans la préparation ou d'intervenir dans la façon de t'entraîner. Ca marche, les mecs sont énormes, je n'ai pas de conseil à donner. Dans la façon de voir les choses, d'aborder les matches, j'étais à 100 kilomètres de ça. A Toulouse lors de la collation d'avant-match tu entendais les mouches voler. Là, je me demande : "mais on joue bien tout à l'heure ?" Finalement, je vais au bout de ce que je m'étais promis : voir une autre façon d'appréhender le rugby. Je vais peut être donner un conseil ou deux mais je ne pense pas qu'il y en ait besoin. C'est plutôt moi qui doit m'adapter. Au début ce n'était pas facile.. Après quand on y pense, l'expérience c'est quoi ? On joue un match et le meilleur gagne à la fin. Peut être qu'en phase finale ça compte un peu plus. Mais là, l'insouciance et la jeunesse nous porte.

Si vous deviez citer un joueur qui vous a épaté ?

G.L. : Botia. Il est monstrueux. Il m'impressionne à chaque fois. Déjà à Toulouse, la première chose qu'on faisait c'était de regarder s'il était sur la feuille de match. Il apporte une plue value incroyable. Il débloque les situations.

Comment voyez-vous votre avenir dans cette équipe ?

G.L. : J'ai signé deux ans mais la seconde année était en option. J'ai eu une discussion avec Patrice, tout est clair entre nous : une décision sera prise début janvier. On le fera en accord, en toute franchise et c'est ce que j'apprécie. Ici, c'est transparent. Tu peux avoir confiance. Pour l'instant je ne sais pas ce que je veux faire. Je me sens bien, pourquoi pas continuer. Mais je ne veux pas faire la saison de trop. Ce qui est sûr c'est que ça ne sera aucunement pour aller ailleurs.

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