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Cotter : "Je sens une prise de conscience dans le groupe."

Cotter : "Je sens une prise de conscience dans le groupe."
Par Rugbyrama

Le 12/01/2018 à 15:06Mis à jour Le 13/01/2018 à 10:20

Second de la poule 3, Montpellier jouera une troisième “finale” consécutive en Champions Cup à Exeter samedi, après avoir remporté les deux premières face à Glasgow. Un grand rendez-vous pour les hommes de Vern Cotter, qui devront réaliser le match parfait pour créer l’exploit au Sandy Park, où seul le Leinster s’est imposé cette saison. Une victoire du MHR éliminerait automatiquement les Chiefs.

Rugbyrama : Voyez-vous ce rendez-vous à Exeter comme un match couperet, alors que le MHR ne serait pas mathématiquement éliminé en cas de bonus décroché(s) samedi ?

Vern COTTER : C’est un match important. Il va falloir récupérer quelque chose de ce voyage si l’équipe veut être qualifiée pour les quarts de finale (en s’offrant une “finale” face au Leinster le week-end prochain). Nous partons donc là-bas avec l’intention de poser notre jeu, en marquant des essais pour ramener le maximum de points.

Et “rattrapez” ainsi le match aller (défaite 24-27, seul revers à domicile cette saison)…

V.C : Oui on peut parler de rattrapage, car le groupe perd cette rencontre sur les dix dernières minutes à cause d’imprécisions dans notre jeu. Nous avons donc beaucoup travaillé pour être plus précis face à un adversaire bien rôdé. Pas besoin de présenter Exeter. Ils sont premiers de Premiership et jouent un rugby large/large. Si l’équipe veut éviter qu’ils aient le ballon, elle devra être précise avec ses munitions. Ce match est un bon test pour nous.

Benoit Paillaugue (Montpellier Hérault Rugby) contre les Exeter Chiefs le 22/10/2017

Benoit Paillaugue (Montpellier Hérault Rugby) contre les Exeter Chiefs le 22/10/2017Icon Sport

Malgré la défaite, le premier round face aux Anglais ne reste-t-il pas un des matchs les plus aboutis de Montpellier cette saison ?

V.C Sauf sur les dix dernières minutes… Nous avions aussi eu deux ou trois blessés durant le cours de cette opposition (dont Camara et Pienaar). Ce match n’a pas souri à l’équipe et on ne peut s’en prendre qu’à nous-mêmes. Elle marque quatre essais et eux trois, a bien joué par moments mais a manqué de constance. Les joueurs ont eu quelques opportunités pour revenir à la fin, mais ils n’ont pas pu le faire. Le groupe a appris par rapport à ça. Nous sommes conscients qu’en faite, on n’a pas maîtrisé la partie comme on voulait. (…) Exeter connaît également le contexte de ce match important pour eux aussi. Il falloir que l’équipe soit très efficace sur le terrain.

Avez-vous senti des changements dans l’attitude de vos joueurs à l’entraînement cette semaine ?

V.C : Le staff a noté en début de semaine plus d’intensité et de concentration dans la préparation de ce match. Défensivement, il faudra que l’équipe soit bien structurée et patiente, pour attendre que les Anglais fassent une erreur dans leurs systèmes offensifs. Car si nous attaquons trop fort la ligne d’attaque, cela va créer un déséquilibre et on ne peut pas se le permettre face à eux. Notre défense doit être souple et les joueurs devront s’adapter en restant surtout debout sur le terrain. Car Exeter court de partout. Sur ses ballons, le groupe devra soigner sa conservation le plus longtemps possible. En marquant sur ses temps forts tout en forçant ses adversaires à concéder des pénalités pour que l’on puisse avancer sur le terrain et mettre notre jeu après touche en place. Mais bon, on sait qu’à ce niveau, la moindre erreur va coûter cher. Les joueurs devront donc être concentrés du début à la fin. Durant les arrêts de jeu, les gars auront pour mission de se connecter, se parler, pour qu’on réussisse à développer notre jeu. En gardant nos intentions durant quatre-vingt minutes.

Avec du recul, comment expliquez-vous les difficultés rencontrées par votre équipe à Brive et face au Stade Français ?

V.C : L’équipe n’est pas constante. Il y a un match où on ne démarre pas bien et on termine fort (le Stade Français) et un autre, où les gars commencent assez bien mais finissent moins bien. C’est paradoxal. Je pense que cela n’est qu’une question de temps passé ensemble, pour avoir l’habitude de travailler dans les moments délicats. Il me semble aussi que quand nous marquons, on ne valide pas avec une action positive de suite derrière. Le groupe est content avec ce qu’il fait et après il sort un peu du match. Par moments, j’ai l’impression que l’on attend avant de se lancer. Nous avons une équipe à réaction et les joueurs doivent devenir “proactifs”. Je sens une prise de conscience et j’ai vu une bonne semaine d’entraînements, même si ce n’est pas une garantie en match.

Thomas Laranjeira (Brive) contre Montpellier Hérautl Rugby le 30/12/2017

Thomas Laranjeira (Brive) contre Montpellier Hérautl Rugby le 30/12/2017Icon Sport

Vous n’avez plus que deux numéros neuf valides (Aprasidze, titulaire à Exeter pour son premier match et Guigue, non inscrit sur les listes européennes) suite aux blessures de Pienaar, Sanga et Paillaugue. Cherchez-vous un joueur supplémentaire au poste, ou allez-vous faire confiance à ces deux jeunes en attendant le retour du Sud-Africain ?

V.C Juan (Pienaar) a passé un test positif cette semaine et a pu reprendre l’entraînement. On verra si sept jours seront suffisants pour qu’il soit prêt pour le Leinster. Les jeunes du club (Aprasidze) joueront donc à Exeter et un joueur s’adaptera (l’arrière Mogg couvrira le poste sur le banc).

Justement, avez-vous besoin de rassurer votre jeune demi de mêlée avant de le lancer dans le grand bain ?

V.C : Les numéros neuf sont souvent les joueurs qui ont le plus de confiance en eux et ils ne manquent jamais d’enthousiasme. Ils compensent généralement leur petite taille par leur force de caractère. Et nos deux jeunes ont du tempérament. (…) Le but est de bien préparé l’équipe autour de ces joueurs pour qu’ils connaissent exactement leurs rôles. Nous avons la chance d’avoir des mecs expérimentés qui les aident. Gela (Aprasidze) ou Arthur (Guigue) ont je trouve un beau potentiel.

Propos recueillis par Julien LOUIS

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