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FINALE CHAMPIONS CUP - Clermont, outsider aux dents longues

Clermont, outsider aux dents longues

Le 11/05/2017 à 17:25

CHAMPIONS CUP - Face à l’équipe des Saracens, tenante du titre, l’ASM ne fait pas figure de favorite de la finale de Champions Cup. Un statut différent des finales 2013 et 2015, qui va bien aux Clermontois. Qui se sentent capables de rivaliser et de créer l’exploit.

À l’évocation des Saracens, les Clermontois ont proposé cette semaine un savant mélange de respect et d’inquiétude plus ou moins feinte. Objectivement, Clermont n’est pas favori de sa troisième finale européenne. Malgré sa première place à l’issue de la phase de poules, l’ASM devra vaincre un champion en titre qui semble programmé pour conserver son trophée.

"On sait que ce sera très compliqué. On joue contre une grande équipe, présente en phases finales depuis des années. Ils sont forcément favoris", concède le demi d’ouverture Camille Lopez. "Ils sont tenants du titre alors que l’année dernière, on n’était même pas sorti des poules. Mais on s’est donné le droit d’essayer de gagner samedi. On n’a jamais été aussi proches, donc allons-y".

" Cette équipe des Saracens n'a pas de faille (Azéma)"

À la différence des finales face à Toulon en 2013 et 2015, les Auvergnats échappent cette année à la pression liée au statut de favori et paraissent plus sereins. Conscients de l’ampleur du défi mais surmotivés à l’idée d’être le David face au Goliath. Entre sincérité et intox, le coach Franck Azéma témoigne de la crainte qu’inspire l’adversaire à son groupe: "Je n’ai pas senti de stress, plutôt de la concentration. Un peu d’inquiétude aussi, parce que les joueurs ne sont pas fous. Ils voient, comme tout le monde, la qualité et la supériorité des Saracens. Peut-être qu’on va en prendre 30 ce week-end… On verra samedi mais ce qui est sûr, c’est que cette équipe n’a pas de faille. Ils sont en route pour aller chercher un deuxième titre".

Franck Azéma (Clermont)

Franck Azéma (Clermont)AFP

Si les Saracens sont en progrès constants depuis quelques saisons, qu’ils maîtrisent à la perfection un jeu peu spectaculaire mais terriblement efficace, les Clermontois se souviennent qu'ils les avaient dominés en 2015, en phase de poules et en demi-finale. L’arrière Nick Abendanon fait partie de ceux-là. "Il y a deux ans, on les a battus deux fois en trois matches. Donc on sait qu’on a les qualités pour les battre. On est outsiders, et ça n’est pas vraiment normal pour une grosse équipe comme Clermont. Mais on va utiliser ça comme un avantage. Tous les journaux anglais ont déjà dit que les Saracens allaient gagner mais on a une très grosse équipe aussi".

Des Saracens encore plus forts... comme Clermont

Sauf que les Saracens "sont beaucoup plus forts qu’il y a deux ans", tempère le demi de mêlée Morgan Parra. "Ils ont étoffé leur staff, leur effectif et ils ont capitalisé de la confiance", ajoute Franck Azéma. "Ils restent fidèles à ce qu’ils font depuis des années, parce que ça marche. En demi-finale, le Munster n’était pas invité, alors que tout le monde les trouvait costauds". "C’est vrai que voir le Munster prendre 30 points en demi-finale, ça peut faire peur", témoigne l’ancien deuxième ligne clermontois Jamie Cudmore. "Mais j’espère que cette peur va donner un petit plus aux gars en Jaune et Bleu".

Morgan Parra (Clermont)

Morgan Parra (Clermont)Icon Sport

Clermont aussi a progressé depuis deux ans et n’a pas à rougir de la qualité de son groupe. Difficile de faire passer ses joueurs, presque tous internationaux, pour des Cadets face aux Anglais. Jamie Cudmore souligne notamment la qualité du pack auvergnat : "Seb (Vahaamahina, ndlr) fait une très grosse saison. Avec Damien (Chouly) qui gère la touche et qui est un capitaine exemplaire, Benji (Kayser), le vieux papy Dato (Zirakashvili) qui est un roc, ils ont du bon matos… J’espère pour ces gars qui bossent très dur depuis des années qu’ils vont accrocher cette putain de Coupe d’Europe".

S’ils ont perdu leurs deux précédentes finales, les Auvergnats ont presque tous l’expérience de ce genre de rendez-vous. Certains ont joué les deux finales de 2013 et 2015 (Rougerie, Parra, Zirakashvili, Kayser et Chouly), la plupart du groupe était déjà présente il y a deux ans et les quelques novices à ce niveau (Iturria, Lamerat ou Spedding) peuvent apporter un surplus d’enthousiasme à Clermont.

Murrayfield derrière l'ASM ?

Le contexte sera très différent de celui d’il y a deux ans. Clermont avait alors été poussé par un stade Geoffroy-Guichard totalement acquis à sa cause. Si la Yellow Army ne déplacera que 3 000 soldats, ce qui est déjà impressionnant vu le coût et la complexité du déplacement jusqu’à Édimbourg, le public de Murrayfield pourrait prendre fait et cause pour les Auvergnats. Appréciés sur la scène européenne, à la différence des Saracens peu aimés y compris en Angleterre. "C’est une équipe que tout le monde aime battre", témoigne Nick Abendanon, ancien jouer de Premiership. "Ils ne sont pas très populaires en Angleterre mais c’est probablement parce qu’ils gagnent tout le temps et les gens n’aiment pas ça".

Nick Abendanon et Camille Lopez (ASM Clermont)

Nick Abendanon et Camille Lopez (ASM Clermont) Icon Sport

Tout l’inverse de Clermont, souvent perdant mais toujours séduisant, et dont la côte d’amour semble dépasser les frontières de l’Auvergne. Et pas seulement parce que Clermont est le dernier rescapé français de cette Champions Cup, comme l’observe Franck Azéma : "Je me sens fier d’appartenir à ce club et de sa capacité à jouer des finales régulièrement. Quand on voit les difficultés des clubs autour de nous, c’est important d’avoir cette assise. Je pense qu’on nous reconnaît ça et que les gens ont envie de nous voir valider ce travail et cette continuité. En Auvergne forcément mais on sent que ça fait buvard et que le rugby français serait heureux de voir l’ASM remporter un titre".

Revenus une nouvelle fois en finale après l’immense désillusion de l’élimination en poules la saison dernière, les Clermontois se sont offerts deux champions d’Europe en quart et en demie. La dernière marche semble encore plus haute. Mais si Clermont la gravit enfin, l’histoire n’en serait que plus belle.

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