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Le Stade français, le moment de se regarder dans les yeux !

Paris, le moment de se regarder dans les yeux !

Le 11/04/2016 à 13:37

CHAMPIONS CUP - La correction subie en quart de finale de la Champions Cup face à Leicester (41-13) a confirmé la saison cauchemardesque du Stade Français. Mais où se situe vraiment le mal ? Est-il profond ? Alors que plus aucun objectif ne se présente d’ici la fin de saison, le club parisien doit sérieusement se remettre en question…

75e minute de jeu, dimanche à Welford Road. Gonzalo Quesada se gratte l’œil droit comme s’il en avait marre de regarder la débâcle de son équipe. Le Directeur sportif du Stade français ne semble même pas en colère. Ni même abattu. La correction subie face aux Tigers de Leicester (41-13), en quart de finale de la Champions Cup est malheureusement à l’image de la saison du club parisien. Une énième désillusion.

Le Champion de France en titre voulait rêver sur la scène européenne pour oublier les maux du Top 14. Ses espoirs auront finalement vécu deux minutes. Le temps pour Manu Tuilagi de profiter d’une approximation parisienne pour filer inscrire le premier des six essais anglais. "On voulait rêver avec ce quart de finale, qui était comme un oasis dans notre saison, mais c’est malheureusement dans la continuité de notre saison", reconnaît Gonzalo Quesada dont le plus dur, préparer la saison prochaine, commence peut-être dès ce lundi.

Le Stade français a clairement déçu en quart de finale de Champions Cup contre Leicester

Le Stade français a clairement déçu en quart de finale de Champions Cup contre LeicesterAFP

Quesada: "C'est sûr, Steyn était loin de son niveau"

En offrant tous les essais aux Anglais, les Parisiens ont surtout failli dans un niveau de concentration indispensable pour exister en Coupe d’Europe. Un mauvais jugement de Djibril Camara sur une touche anglaise rapidement jouée, un replacement défensif digne d’un gamin de 12 ans de Waisea... Ce quart de finale aura souligné les absences de trop nombreux joueurs. "Au niveau de l'engagement, il y a des joueurs qui ont été à 150% pour certains mais il y en a d'autres qui ont été moins présents", glisse Quesada. "Aujourd'hui, il nous fallait un match avec 23 mecs à leur meilleur niveau, un petit peu de chance aussi : on n'a pas eu ni ce 100% d'efficacité de nos joueurs ni cette petite chance, il n'y a rien à dire. A la fin du match, on s'est dit ce qu'on avait à se dire, comme d'habitude, mais aujourd'hui, la réalité, c'est cela".

Titularisé pour son expérience, le demi d’ouverture sud-africain Morne Steyn aura incarné cette faillite individuelle. "La performance de Morne, on la juge comme une performance loin de ce qu'il peut faire", juge le coach argentin. "C'est sûr, il était loin de son niveau, loin de ce qu'on attendait de lui mais bon, il n'a pas été le seul, c'est un poste compliqué et quand ca ne va pas, c'est souvent le 10 qui paie les pots cassés".

Morne Steyn (Stade français) est passé au travers face à Leicester - 10 avril 2016

Morne Steyn (Stade français) est passé au travers face à Leicester - 10 avril 2016Icon Sport

Bonfils: "On a manqué de sérieux pendant toute la saison. On va se regarder dans les yeux..."

Le titre de Champion de France n’était-il pas qu’un mirage pour un club qui végétait depuis six ans dans le ventre mou du Top 14 ? La réalité du Stade français n’est-elle pas, in fine, celle d’un club capable de belles épopées mais encore trop fébrile pour s’inscrire parmi les cadors du Championnat et de la Champions Cup ? Sans doute. Alors oui, Paris n’a pas été épargné par les blessures et la sélection de nombreux internationaux pendant le Tournoi des Six Nations a encore plus fragilisé un collectif déjà bancal. Mais le niveau d’exigence individuelle a certainement fait défaut.

"On a manqué de sérieux pendant toute la saison", lâche le talonneur Rémi Bonfils. "On va analyser nos erreurs individuelles et collectives pour en tirer les conséquences, se regarder dans les yeux, puis basculer car la saison n'est pas terminée. Car on doit défendre les couleurs de Paris, il est hors de question de laisser tomber et on n'est pas à l'abri (pour le maintien). On a le couteau sous la gorge à chaque match parce qu’on n’arrive à jouer notre rugby et qu’on ne s’épanouie pas. La fin de saison dépend de notre capacité à digérer, on va rester soudés et se serrer les coudes".

Sergio Parisse et le Stade français vont devoir se poser des questions sur l'échec de cette saison

Sergio Parisse et le Stade français vont devoir se poser des questions sur l'échec de cette saisonIcon Sport

Quesada: "Les langues vont se délier. On va continuer à découvrir des personnalités…"

Douzième du Top 14, le Stade français semble à l’abri d’une relégation en Pro D2 même si le discours de façade oblige les Parisiens à évoquer la course au maintien. Aujourd’hui, la fin de saison - six journées de Championnat - s’annonce comme un long désert où le plus important sera de ne pas décrocher mentalement. Et la réception de Montpellier dimanche (21e journée, 14h30) ne supportera pas le moindre relâchement au risque d’être terrassé par la vague héraultaise à l’ADN springbok.

Mais Gonzalo Quesada, qui redoutait cette édition 2015/2016 qu’il présentait, dès le mois d’août, comme une année de "transition", devra aussi percer le vrai mystère d’une saison cauchemardesque. "Les langues vont se délier. On va continuer à découvrir des personnalités", souligne le Directeur sportif. "Une partie de la responsabilité vient du staff, une autre des joueurs, une autre du club. C’est l’ensemble du club qui doit se remettre en question. Mais on n’attend pas les défaites pour réagir, on travaille. On fera le bilan en temps voulu". En temps voulu ? Pas besoin d’attendre. Le bilan est plus qu’insuffisant.

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