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Parisse : "Le jour où tu t’arrêtes de rêver, tu commences à vieillir"

Parisse : "Le jour où tu t’arrêtes de rêver, tu commences à vieillir"

Le 05/05/2022 à 15:07Mis à jour Le 05/05/2022 à 15:10

CHALLENGE CUP - Avant de se tourner vers le quart de finale de Challenge Cup contre les London Irish dimanche, le troisième ligne italien est revenu sur la remontée au classement de Toulon, la fin de saison mais aussi son souhait de poursuivre une année supplémentaire sur la rade avec dans le viseur la possibilité de jouer une sixième Coupe du monde avec l’Italie.

Comment vous sentez-vous ?

Ça va très bien. Si quelqu’un à Toulon dit que ça ne va pas, il y a un problème… Nous sommes dans une ambiance plutôt positive grâce aux bons résultats donc ça respire beaucoup d’enthousiasme. Physiquement tout le monde sent la fatigue et les douleurs. Mais je dis toujours que c’est la tête qui décide. Et quand la tête va bien, quand il y a surtout un climat positif de bonne humeur, ça te fait avoir une approche plus positive malgré les petits pépins physiques.

Sur une fin de saison où tous les matches sont importants, comment gérez-vous votre corps ?

C’est beaucoup de dialogue et de communication avec le staff. Dans mon cas, je connais assez bien mon corps et j’ai quand même joué quelques fins de saison… C’est de l’honnêteté aussi. Si c’était que moi, j’aurai envie d’enchaîner tous les matches mais ce n’est pas possible. Donc on réfléchit à comment et quand on va reposer le corps sachant qu’on a des échéances chaque week-end et que d’ici à la fin de saison, nous n’avons pas un match où nous pouvons nous relâcher.

Avec cette remontée en cours au classement, comment arrivez-vous à vous projeter sur le Challenge européen ?

Nous ne sommes pas dans l’idée de changer de compétition et de changer des choses. Non, pour nous c’est pareil, la même implication et la même envie car nous jouons sur les deux tableaux. Il n’y a pas si longtemps, ce n’était pas le cas. On se disait qu’il fallait d’abord se mettre à l’abri, se sauver en Top 14 et tout baser sur la Challenge Cup. Aujourd’hui nous sommes dans une bonne dynamique et il faut la garder. On s’est aussi donné les moyens dans cette compétition de pouvoir recevoir en quarts de finale et éventuellement en demi-finale, avec une finale à Marseille donc nous avons respecté cette compétition et ce quart de finale est une étape dans notre saison.

L’avant-goût du Vélodrome avec ce match contre Toulouse à Marseille vous a-t-il encore un peu plus motivé pour le Challenge ?

Tout le monde a pris énormément de plaisir parce que le match était génial. Le public était fantastique dans une ambiance où n’importe qui rêve de jouer. Pour beaucoup de joueurs c’était aussi la première fois qu’ils jouaient dans une telle enceinte. C’est une pression qu’il faut digérer. C’était un cap à franchir pour ce groupe. Nous avons réussi à arracher la victoire et c’est bien pour la suite parce qu’on espère jouer les phases finales. Il y en aura déjà un à Mayol ce dimanche. Il faut respecter cette équipe des London Irish dimanche qui est une équipe compétitive.

Top 14 - Sergio Parisse, avec Toulon, a battu le Stade toulousain et se relance dans la course au top 6

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Dans quel état d’esprit étiez-vous lorsque le RCT était au fond du classement il y a à peine plus de deux mois ?

Nous savions qu’au niveau comptable tout était encore jouable. Mais dans ce contexte nous ne pouvions pas regarder trop loin et il fallait se concentrer sur le match suivant. Le match que nous gagnons à Biarritz était important parce qu’à ce moment-là nous n’étions pas très loin d’eux. Tout n’a pas été parfait dans notre chemin mais la défaite à Brive a déclenché quelque chose dans l’équipe. Il y a eu une prise de conscience. Je me souviens aussi d’un discours assez fort du président Bernard Lemaître après cette défaite.

Comment expliquez-vous le renouveau toulonnais ces derniers mois ?

C’est un peu de tout. C’est aussi passé par une remise en question individuelle de chacun d’entre-nous. Après la défaite à Brive, on se dit que nous n’avions plus le droit à l’erreur mais ça n’a rien changé dans le fonctionnement. Il ne faut pas oublier que Franck arrive fin novembre donc ça a mis aussi du temps de rentrer dans son nouveau fonctionnement. Après, quand tu gagnes des matches après il y a de la confiance. Aujourd’hui nous sommes au maximum de la confiance. Mais nous savons que ça peut s’arrêter très vite. Si dimanche on ne gagne pas, nous sommes éliminés de la Challenge Cup et si on ne gagne pas contre Pau à la maison ensuite c’est fini en Top 14.

Qu’est-ce qui a changé avec l’arrivée de Franck Azéma ?

Je n’aime pas dire que Franck est arrivé avec sa baguette magique et qu’il a réglé tous les problèmes. Dans toutes les équipes, et je l’ai vécu avec le Stade Français pendant des années, quand il y a un changement d’entraîneur et de discours, tout le monde se remet en question. Ça donne une bouffée d’oxygène et ça peut changer la dynamique. Cette équipe a aussi assez rapidement trouvé ses marques avec le fonctionnement de Franck.

Vous avez annoncé souhaiter prolonger la saison prochaine, où en sont les négociations ?

Il y a de fortes chances que je rejoue la saison prochaine et je ne changerai pas de club donc c’est quand même assez évident que mon futur sera au RCT (rires). Pour l’instant rien n’a été écrit noir sur blanc mais ça ne devrait pas tarder. Je suis plutôt content de pouvoir continuer.

À 38 ans, où trouvez-vous la motivation ?

Je suis un compétiteur. Quand je suis arrivé ici à 36 ans, j’ai dit que je venais pour remporter des titres. J’ai toujours rêvé dans ma vie et je pense que le jour où tu t’arrêtes de rêver, tu commences à vieillir. Ce n’est pas mon cas parce que je continue de rêver de gagner des titres. Donc ma motivation est toujours au maximum. En plus ici il y a tous les ingrédients pour être enthousiaste et rester motivé. Il n’y a pas raison pour moi de s’arrêter cette année.

Vous aviez initialement signé ici pour un an, avez-vous trouvé une deuxième jeunesse sur la rade ?

J’arrive ici à 36 ans c’était l’occasion de me remettre en question. Lors des deux dernières saisons au Stade Français, j’avais dépensé beaucoup d’énergie mentale dans le club parce que le club fait et fera toujours partie de ma vie. Donc j’ai donné beaucoup d’énergie, notamment en dehors du terrain et je l’ai peut-être payé sur le terrain. Je suis donc arrivé à Toulon libéré. Je me suis focalisé sur mon jeu et le fait de prendre du plaisir ce que j’avais peut-être perdu un tout petit peu les derniers temps à Paris.

Dans cette décision de prolongation, pensez-vous aussi à la Coupe du monde ? Le symbole d’un dernier match avec l’Italie en France, pour votre sixième Mondial serait très fort…

Oui ça serait très beau… Rien que d’en parler c’est magnifique. Après il faut voir la réalité et prendre le temps. La Coupe du monde n’est pas loin mais quand tu as 38 ans, c’est un peu plus loin. J’ai toujours fonctionné avec le même état d’esprit : on mérite d’être en équipe nationale si on est bon avec le club. Je n’aimerais pas que ce soit un cadeau de faire cette Coupe du monde juste parce que je m’appelle Sergio Parisse. La chose la plus importante c’est que l’Italie envoie l’équipe la plus compétitive possible. Après, je vais tout faire pour pouvoir y être mais il n’y a que le terrain qui dira si j’ai une influence assez importante pour être avec l’équipe d’Italie. Mais évidemment je serai le premier à dire oui si on me le propose.

Propos recueillis par Tristan ARNAUD

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