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L’antisèche : le Lou aime jouer à se faire peur

L’antisèche : le Lou aime jouer à se faire peur

Le 14/05/2022 à 15:50Mis à jour

CHALLENGE CUP - Probablement fébriles et terriblement maladroits face à des Anglais solides mais peu inspirés, les Lyonnais ont néanmoins réussi à accrocher au forceps leur qualification pour la finale de Challenge Cup, ce samedi au Matmut Stadium Gerland.

Le match : que de déchet !

Une longue sieste. Voilà à peu près à quoi ressembla la première mi-temps de cette rencontre entre Rhodaniens et Londoniens et, même si l’horaire s’y prêtait quelque peu, on ne peut que le déplorer… Ce n’est pourtant pas que les deux équipes pénétrèrent sur la pelouse dénuées d’intentions de jeu, au contraire. Sauf qu’entre deux longs arbitrages vidéo pour rien, les nombreux ballons perdus au sol par les Wasps et les innombrables maladresses commises par le Lou dès qu’il parvenait à donner – enfin – un peu d’ampleur à son jeu, c’est peu dire qu’on s’ennuya ferme dans les tribunes de Gerland.

Heureusement que quelques tampons de Tuisova permirent d’égayer l’après-midi, ainsi qu’un retour de vestiaires des Lyonnais un peu plus conforme aux attentes placées en eux. Les Lyonnais réussissant toutefois la gageure de se faire quelques frayeurs en fin de match, un essai inscrit en force par Gopperth sur pénaltouche (quelques minutes après un premier de Frost refusé par la vidéo) faisant planer jusqu’au bout de la partie le spectre d’une improbable défaite.

Challenge Cup - Baptiste Couilloud (Lyon) face aux Wasps.

Challenge Cup - Baptiste Couilloud (Lyon) face aux Wasps.Icon Sport

Le tournant : la monstrueuse défense de Tuisova

Comment ne pas mentionner cette défense de buffle de Tuisova à la 54e ? Déjà auteur d’un énorme timbre sur son ancien partenaire Malakai Fekitoa en première période, l’ancien ailier du RCT a probablement le geste du match en coffrant son malheureux vis-à-vis Josh Bassett à la retombée d’une chandelle de Berdeu. En le faisant reculer d’une dizaine de mètres, tout d’abord, puis en lui arrachant le ballon à la force des bras, provoquant une possession lyonnaise dans les 22 mètres anglais.

Une occasion que les Rhodaniens n’ont pas laissé passer, plusieurs charges de Kpoku et Saginadze emmenant à l’usure le jeune talonneur Yanis Charcosset en terre promise. De quoi offrir au Lou un matelas de six d’avance, et une fin de match beaucoup plus confortable mentalement. Un petit peu trop peut-être, d’ailleurs...

L’action : Berdeu, à l’origine et à la conclusion

Dans un match où le nombre de passes consécutives réussies se comptait sur les doigts, une action d’ampleur ne pouvait qu’être mise en exergue. D’autant que celle qui aboutit à l’essai de Léo Berdeu (47e) fut en tous points superbe, l’ouvreur lyonnais se trouvant à l’origine et à la conclusion d’une action partie des 30 mètres rhodaniens, par le biais d’une touche rapidement jouée. Le premier moment de magie fut ainsi offert par Charlie Ngatai, le centre all black franchissant le premier rideau adverse d’un splendide crochet intérieur avant de remonter une vingtaine de mètres.

C’est ici, pour la première fois de la partie, que le Lou réussit à trouver du soutien et de la continuité, Arnold puis Couilloud faisant vivre le ballon dans un juste tempo avant de retrouver Cretin. Le flanker international signait ici le deuxième geste décisif de l’action puisque, malgré le double plaquage des Wasps, celui-ci parvenait à jouer après contact, évitant un passage par le sol préjudiciable. Deux bons relais de ses avants et une excellente course de soutien plus tard, Léo Berdeu pouvait plonger en-but, à la plus grande joie de ses supporters.

Le joueur : Kpoku, le digne héritier

Blessé dès son premier match sous les couleurs lyonnaises à La Rochelle, le deuxième ligne arrivé des Wasps Joel Kpoku n’a pas mis longtemps à convaincre tout le monde du côté de Lyon. Déjà excellent contre Montpellier en Top 14 voilà trois semaines, le jeune Anglais a récidivé face aux Wasps en étant officiellement élu homme du match, ses quelques maladresses ballon en main s’avérant bien insuffisantes pour masquer un abattage de tous les instants en défense ou dans les regroupements. Le public rhodanien ne s’y est pas trompé, réservant au troublant sosie de Maro Itoje une ovation lors de sa sortie à la 65e.

La question : Lyon sera-t-il le premier ?

Alors qu’aucun sport collectif lyonnais n’a encore jamais réussi à remporter un titre de champion d’Europe, le Lou sera-t-il le premier, devançant les monuments de l’OL et de l’ASVEL ? Il s’en verra toutefois offrir sa première occasion le 27 mai à Marseille. Une occasion rêvée de marquer l’histoire pour la bande de Pierre Mignoni, avant de voir le manager du Lou regagner le Var...

Le Lou sera-t-il sacré champion d'Europe ?

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