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Azéma : "Je vous rassure Pierre (Mignoni) ne me laissera pas la coupe"

Azéma  : "Je vous rassure Pierre (Mignoni) ne me laissera pas la coupe"
Par Rugbyrama

Le 15/05/2022 à 11:08Mis à jour

CHALLENGE CUP - Après la qualification en finale de la Challenge Cup, aux dépens des Saracens (25-16), le manager du RCT a analysé cette rencontre et s’est projeté vers le LOU de Pierre Mignoni, adversaire le 27 mai prochain, à l’Orange Vélodrome de Marseille.

Des spécialistes promettaient l’enfer au RCT notamment en raison de la densité physique des Saracens. Vos joueurs ont montré qu’ils avaient encore de la ressource…

"On sait que c’est une équipe dense. Si tu ne fais pas jeu égal dans l’engagement physique, ils t’étouffent complètement. C’était important de rivaliser. On ne voulait pas être acculés dans les cordes en permanence. On voulait donner de l’air au ballon. On a tardé à le faire sur la première période. On s’est beaucoup exposés sur la discipline, du coup, on a été sous pression. Quand on voit l’état d’esprit des mecs, et la férocité, ils ont été admirables ce soir."

Sur quel aspect cette rencontre bascule en votre faveur ?

"Les phases finales, c’est dans la tête. Il ne faut rien lâcher, c’est du 50-50 et quelqu’un finit par lâcher. En deuxième période, on a une phase défensive où l’on avance sur tous les impacts, et on ferme tous les intérieurs. On force les turnovers. À ce moment, c’était du costaud. Ça nous a fait du bien."

Au-delà de l’aspect du collectif, on a vu vos leaders, comme Ollivon, Etzebeth, Villière, porter l’équipe sur leurs épaules…

"Sur les grands rendez-vous, ce sont eux qui ressortent. Ce sont ces garçons. Bien sûr, il y a le collectif. Mais, ces garçons se sentent responsables car ils sont missionnés. Ils sont faits pour ces matchs. Ils ont été au-dessus. Ils ont amené leur expertise, leur tempérament, mais surtout, ils ont amené la soif de gagner et leur compétitivité. Ça, quand tu arrives à la diffuser autour de toi, ton collectif se sublime. Évidemment, c’est primordial qu’ils ressortent sur ce genre de matchs."

Vous vouliez que le « Mayol dégoupille ». Est-ce que le public a répondu à votre attente ?

"Quand tu vis des grands moments de rugby, le public en fait partie. J’en ai parlé dans le vestiaire. Il y avait une atmosphère… Quand tu es dans la compétition, il y a la qualité de l’opposition. Ce soir, on a fait une grosse performance face aux Saracens. Les gens se sont identifiés à ce que l’on a fait. C’est donnant-donnant ! À partir du moment où tu te donnes sur le terrain, ils te donnent aussi. Quand on est arrivés à Mayol, on a eu les poils. Quand tu es gamin, joueur, tu vois ces choses de Mayol. Ici, c’est exacerbé dans un sens ou l’autre. Quand on est du bon côté, il faut en profiter. On doit le vivre passionnément avec eux. C’était tellement bon. Je les remercie."

Est-ce que vous vous rendez compte du chemin parcouru avec le RC Toulon en l’espace de quelques mois ?

"Je suis rescapé et privilégié de vivre ce que je vis avec ce vestiaire. C’est pour ça que je fais du rugby, depuis gamin, et que je suis passionné par ce sport. J’ai envie de partager avec mes joueurs, mon staff et mon club. Quelque part, je suis privilégié de vivre ça de manière intense. On peut appeler ça de la chance… Je n’en sais rien ! J’essaie de leur rendre le mieux que je peux."

Maintenant, Toulon peut se tourner de manière sereine vers la finale, à Marseille, face au LOU de Pierre Mignoni…

"On va retrouver l’atmosphère de Marseille. Quand on voit ce soir, Mayol en feu… C’est énorme de sentir ça, cette ferveur. Il y a du partage. Si on arrive à déplacer les gens sur Marseille, et ressentir encore ça à nouveau... On va jouer une belle équipe de Lyon. Ça sera un autre rendez-vous."

Allez-vous vous chambrer avec Pierre Mignoni, votre futur binôme ?

"Je vais un peu le brancher (rires). On s’appelle régulièrement, presque tous les jours. C’est de bonne guerre. On préparera au mieux ce rendez-vous. Il y a beaucoup de respect entre nous. C’est une belle finale, ça promet un bon match. On va se livrer le mieux possible. Avant tout, c’est une belle performance d’arriver en finale. Pierre a construit un projet au LOU. Son travail est énorme. C’est beau qu’il puisse amener son équipe en finale. Pour arriver à ce stade, c’est le fruit d’un travail phénoménal. Évidemment, je n’ai pas envie de lui laisser la coupe. C’est normal. Mais, je vous rassure Pierre ne me laissera pas la coupe aussi."

Êtes-vous les favoris de cette rencontre ?

"Les gens vont sûrement dire ça. Certainement que Lyon va aussi s’appuyer sur cet aspect. Ce n’est pas quelque chose qui va nous déranger. On va se préparer comme d’habitude. On va se concentrer sur notre comportement et l’envie qu’on aura de gagner ce titre. On ne va pas se mettre une pression supplémentaire par rapport à ce statut de favoris. Ça ne nous perturbera pas."

Propos recueillis par Mathias Merlo

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