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Cretin : "L’objectif est de gagner le trophée"

Cretin : "L’objectif est de gagner le trophée"

Le 12/05/2022 à 17:05Mis à jour

CHALLENGE CUP - Le LOU Rugby va disputer une inédite demi-finale ce samedi (13h30) face aux Wasps, un rendez-vous spécial pour le club lyonnais qui a une occasion parfaite, devant son public, d’aller décrocher une place en finale à Marseille le 27 mai prochain. Et comme l’explique le troisième ligne international Dylan Cretin pour Rugbyrama, avec l’envie de s’imposer.

Le LOU va donc disputer une demi-finale de Coupe d’Europe, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Dylan Cretin : Beaucoup ! Parce que c’est la première fois que l’on atteint ce niveau à l’échelle européenne dans l’ère professionnelle. C’était un objectif de la saison que de jouer cette compétition à fond. On savait que l’on avait l’effectif pour pouvoir jouer sur les deux tableaux. En arriver là, c’était l’objectif. On est très content de ça. En plus, la phase finale n’est pas galvaudée. Il y a de belles équipes qui jouent à fond. On est très fier mais ce n’est pas l’objectif final. Ce n’est qu’une étape.

On a la sensation que dès le premier match dans cette compétition, vous avez montré un visage conquérant qui vous a animé tout au long du parcours...

Il y a des années où on a essayé de la jouer… Sauf que l’on n’avait peut-être pas un effectif assez complet. Tu ne peux pas jouer tous les week-ends avec ton équipe type. Du coup, même si tu as envie de la jouer et que tu changes quelques joueurs, les gens pensent vite que l’on galvaude la compétition. Alors que c’est juste compliqué de mettre la meilleure équipe tous les week-ends. Cette année, je pense que l’on avait ce qu’il fallait pour pouvoir jouer sur les deux tableaux. Du coup, c’est clair que dès le début de l’année, on a su que nous n’aurions pas de Champions Cup mais on s’est dit de prendre ce que l’on pouvait en Challenge Cup. On est très content d’avoir bien démarré cette compétition en phase de Poules, et d’avoir su bien gérer la phase finale. C’est cool à jouer, ce sont de bons matchs avec beaucoup de rythme. C’est ce que l’on recherche.

Quand on joue une demi-finale, désormais, on n’est animé que par une seule chose : aller au bout !

C’est ça ! Ce n’est même pas d’aller à Marseille. L’objectif est de gagner le trophée. Dans une carrière, c’est tellement rare. On est à deux matchs de pouvoir en gagner un.

Quand on dit "pas de calcul", ce n’est pas simple malgré tout car vous n’avez pas encore assuré votre qualification en phase finale de TOP 14…

C’est dur, oui, car les organismes commencent à être fatigué. On enchaine les matchs et on n’a pas beaucoup de week-end de récupération, voire pas du tout. Et depuis notre match de Toulon (défaite 10-43 à Gerland, ndlr), on a le couteau sous la gorge. On joue tous les matchs sans avoir le droit de perdre. C’est stressant. Cela prend de l’énergie. On fait de grosses semaines d’entrainement pour être prêt ce qui prend de l’énergie aussi. Cela puise mentalement. Mais cela reste dix fois plus simple à jouer que la fin de saison dernière où l’on n’avait plus rien en Coupe d’Europe, et on était éliminé de la course à la phase finale à deux journées de la fin du TOP 14. Pour avoir connu les deux, je sais que c’est toujours moins fatiguant. Tu l’abordes toujours beaucoup mieux quand il y a des objectifs. Et là, il y a pleins d’objectifs pour nous. C’est hyper enrichissant. On veut des fins de saison avec de l’enjeu. S’il n’y a plus rien à jouer, c’est plus simple pour faire tourner l’équipe, mais c’est beaucoup moins stimulant et intéressant.

" On a pris conscience que l’on ne voulait pas avoir de regrets en fin de saison. On savait que l’on était capable de faire bien mieux. "

N’avez-vous pas le sentiment que depuis que vous jouez ces matchs couperets, que l’équipe est plus libérée ? Est-ce qu’il s’est passé quelque chose dans la manière d’aborder vos matchs depuis la défaite contre Toulon ?

Je n’ai pas envie de dire que l’on faisait une mauvaise saison, mais on s’est dit que l’on faisait une bonne saison, pour autant pas incroyable. On n’avait pas le droit à l’erreur et dès lors que l’on a fait cette erreur à domicile, et bien on a joué avec le couteau sous la gorge. Je pense aussi que l’on s’en est servi. On le dit tout le temps qu’il faut se servir des défaites. Je suis plus dans l’optique d’apprendre en gagnant mais ce n’est pas toujours le cas. Je pense que cela nous a fait prendre conscience que l’on ne voulait pas avoir de regrets dans cette fin de saison. On savait que l’on était capable de faire bien mieux que ce match de Toulon et on voulait le montrer. Cela nous tenait à cœur. Au lieu de baisser la tête et de se dire que la saison était finie, on s’est vu entre joueurs et avec le staff. On s’est dit que ce n’était pas la fin du monde, que rien n’était perdu comptablement.

On s’est remis au boulot, on a repris les bases et on a essayé de travailler correctement. Même avec les hors-groupe pour qui ce n’est pas facile car ce sont des matchs que tout le monde veut jouer. Ces mecs ont aussi fait beaucoup de boulot, ont mis beaucoup d’énergie à l’entrainement pour faire travailler les 23. C’est quelque chose qui n’est pas passé inaperçu dans le groupe. On est tous conscient de ça. C’est important de pouvoir être soudé les uns aux autres. Cela peut paraitre bateau de le dire mais ça a fait du bien. Ça a fait augmenter le niveau des entrainements et cela s’est vu en match. On espère que cela va durer le plus longtemps possible.

Si l’on regarde vos prestations match par match, on constate notamment depuis le match à Brive que même si vous êtes à un moment bousculé, ou bien mené de 14 points comme face à Glasgow le week-end dernier, qu’il y a toujours une forme de calme et de croyance dans vos capacités ?

Je ne dirais pas que l’on est une équipe qui réagit, car le week-end dernier on n’était pas en réaction. On avait bien commencé le match sauf que cela n’a pas tourné dans notre sens en raison d’erreurs de main, quelques fautes. Mais sur le terrain, on n’a pas paniqué. On savait que l’on avait les moyens de les battre en jouant avec une meilleure finition. On savait que l’on pouvait rivaliser. On ne s’est pas affolé. On a continué à faire notre jeu, notre stratégie. Et on avait une certaine confiance. On se disait que si l’on faisait bien les choses, on allait gagner ce match. C’est ce qui s’est passé. On sent que l’équipe ne panique pas. Ce n’est pas de la sur-confiance mais on est sûr de nos forces. C’est important.

À quel niveau placez-vous cette équipe des Wasps en termes d’adversité par rapport à ce que vous avez dû négocier tout au long de cette saison ?

C’est complètement différent. Glasgow était une équipe envoyant beaucoup de jeu, ressemblant à ce que nous vivons en Coupe d’Europe, avec du rythme, une ligne de trois-quarts rapide. Et les Wasps, je dirais que cela ressemble plus à une équipe que l’on peut jouer en TOP14. C’est très fort en conquête avec un jeu d’avants très rodé, pas mal de pression sur les jeux au pied. C’est compliqué de dire qu’il y a une équipe meilleure que l’autre. On n’a jamais joué cette équipe. On se présente sans a priori. On va jouer au maximum notre carte. Il faut imposer notre jeu.

Sur le plan personnel, cette saison peut-être encore plus incroyable après ce sacre dans les VI Nations et donc ce Grand Chelem…

Cela peut vite s’arrêter aussi… On est retombé du nuage des VI Nations mais il y a eu d’autres objectifs tout de suite derrière. Cela aide. S’il n’y avait eu plus rien à jouer après le VI Nations, cela aurait été compliqué. Le retour de flamme aurait été difficile. Finir cette période internationale de la meilleure des manières avec une expérience incroyable et des souvenirs plein la tête, pouvoir enchainer avec de gros objectifs avec le club, des trucs jamais fait, cela redonne une dose d’énergie et la fatigue se fait moins sentir.

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