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Luc : "Après ma commotion face aux Zebre, j'ai été une semaine dans le brouillard"

Luc : "Après ma commotion face aux Zebre, j'ai été une semaine dans le brouillard"
Par Rugbyrama

Le 12/01/2022 à 17:14Mis à jour

CHALLENGE CUP - L’arrière ou l’ailier du Rugby club toulonnais revient sur sa commotion contractée contre les Zèbres de Parme en Challenge européen mais aussi sur la situation actuelle du RCT qui devrait jouer samedi en Angleterre après un mois sans match. Le joueur de 24 ans a aussi évoqué la concurrence avec Cheslin Kolbe ou Jiuta Wainiqolo et a reconnu "ne pas penser" à l’équipe de France.

Avant d’évoquer le cluster qui a touché votre club, comment allez-vous après votre commotion reçue le 17 décembre dernier ?

Tout va bien. J’ai pris le temps qu’il fallait parce que la semaine qui a suivi était bizarre. J’étais un peu dans le brouillard. Depuis une semaine, tout est revenu à la normale. Avec la Covid et le report des matches, je n’ai pas raté de rencontre. J’ai revu les images mais le choc n’est pas très violent, c’est la réaction du corps qui est assez impressionnante.

Vous étiez donc à l’extérieur du groupe lorsque les cas à la Covid-19 se sont propagés, comment avez-vous vécu cette période ?

J’étais un peu en marge de l’équipe parce que je ne pouvais pas m’entraîner. J’ai vu la situation changer avec des dispositifs mis en place et les cas se multiplier au sein de l’équipe test après test. Je participais aux séances vidéo mais j’étais vraiment à part, pas de musculation ni de jeu. Je ne faisais pratiquement rien. J’ai respecté le protocole de reprise de l’entraînement, avec la phase de repos, de reprise partielle du sport avec un léger footing ou du vélo, pour après faire une reprise d’arrêts contacts et une reprise totale ensuite. J’ai donc suivi ça de loin. J’ai ensuite commencé à réintégrer le groupe. Du coup je suis passé entre les gouttes de la Covid et je n’ai pas raté de rencontre.

Comment avez-vous occupé vos journées ?

Avec la commotion c’était un arrêt total. Pas de vidéo non plus parce que j’avais mal à la tête et des soucis de concentration donc j’évitais tous les écrans. J’avais une fatigue visuelle supplémentaire. Du coup je dormais une grande partie de la journée et j’en profitais pour récupérer parce qu’avec beaucoup de chance et de réussite j’avais beaucoup joué en ce début d’année. J’avais une grosse fatigue donc je passais les après-midis dans le calme.

Cette période de repos forcé est peut-être aussi positive avant d’enchaîner une deuxième partie de saison chargée...

Nous n’avons pas encore un calendrier fixe avec les dates de reports, nous sommes au courant de rien, mais nous savons que l’on risque d’avoir une grosse série qui nous attend donc nous allons devoir être performant sur la longueur, prendre match après match sans réellement calculer car nous n’avons pas la possibilité de calculer.

Vous avez joué vos deux derniers matches sur l’aile, quel poste préférez-vous ?

Je préfère évoluer à l’arrière après ça ne me gêne pas du tout de jouer à l’aile. Cela permet aussi d’entretenir la polyvalence. L’adaptation n’est pas très compliquée et se fait rapidement. Je pense qu’avec les joueurs capables de composer le triangle de derrière (notamment Luc, Kolbe, Wainiqolo, Villière et Cordin), être sur le terrain est déjà très bien. On ne va pas faire les compliquer.

Top 14 - Aymeric Luc (Toulon)

Top 14 - Aymeric Luc (Toulon)Icon Sport

Comment vivez-vous cette concurrence finalement nouvelle puisque Cheslin Kolbe, Jiuta Wainiqolo et Gabin Villière reviennent soit de blessure soit de sélection ?

Nous allons entamer une période où tout le monde va être apte à jouer et ça va engendrer beaucoup de concurrence mais c’est une opportunité d’avoir autant de richesse à ces trois postes. Cela va nous permettre de progresser au quotidien. Pendant les semaines d’entraînement nous allons nous challenger et essayer de gagner notre place. Cela va faire grandir et progresser tout le monde. Et quand on aura l’opportunité de jouer avec ces joueurs-là, ce sera très plaisant aussi parce que ce sont des grands joueurs et on a envie de jouer à côté d’eux.

Vous étiez très apprécié par Patrice Collazo, comment avez-vous vécu son départ ?

Je venais d’arriver donc je n’avais pas beaucoup de recul sur la situation du groupe et ce qui se passait depuis trois ans mais il a fait le choix de partir afin de nous donner du renouveau. J’étais déjà dans du renouveau mais pour un groupe qui a vécu depuis deux ou trois ans ensemble, le départ de Patrice a amené du changement et une remise en question de chacun. Celle-ci a fait du bien à l’équipe.

Quel a été l’apport de Franck Azéma depuis son arrivée ?

C’est compliqué, tout va vite et nous n’avons pas encore beaucoup de recul mais il a apporté de la clarté pour que tout le monde comprenne bien son rôle dans l’équipe. Nous sommes aussi revenus sur des basiques afin de construire sur des bases très solides.

Avez-vous aussi commencé à travailler avec Frédéric Michalak ?

Oui, il est au quotidien avec nous. Il nous prend par petit groupe d’un ou deux joueurs et il nous fait travailler différents aspects de notre technique individuelle en complément de ce que nous fait Maxime Petitjean sur le jeu au pied. Frédéric Michalak va tout traiter, du jeu au pied à la passe en passant par l’attitude dans les duels. C’est très enrichissant.

Quels sont vos axes de travail identifiés par le staff ?

Par rapport au poste, il faut toujours améliorer le jeu aérien. C’est un domaine où il y a une part énorme de chance et de réussite donc si on peut en contrôler une grande partie c’est une bonne chose donc il faut le travailler en permanence. Je continue aussi à travailler mon jeu au pied et j’essaie d’entretenir tout ce qui est habilité avec les mains, donc le jeu de passe, tout ce qui est grippe avec les mains pour être toujours plus à l’aise.

Samedi, vous vous déplacez en Challenge européen chez les Worcester Warriors, actuels 12e de Premiership, vous vous attendez à quel match sachant que vous n’avez plus joué depuis quasiment un mois ?

C’est un match de Coupe d’Europe donc il va y avoir beaucoup d’intensité surtout contre une équipe anglaise dont le rugby est basé sur beaucoup de rythme et d’intensité. Nous allons en terre hostile donc ça va être assez intense face à une équipe qui joue cette compétition comme si elle n’avait rien à perdre, donc ils vont être très joueurs. Pour nous c’est aussi notre premier match en 2022 donc il faut bien démarrer. Nous nous sommes préparés depuis trois semaines pour jouer nos matches et à chaque fois nous n’avons pas pu donc ça a engendré pas mal de frustration et il va falloir lâcher toute cette frustration. Cela fait un mois qu’on n’a pas joué donc c’est un peu un match de reprise et comme c’est une rencontre de Coupe d’Europe ça va nous demander de travailler beaucoup sur le rythme. Ce sera aussi le premier match d’une longue série...

On vous dit aux portes de l’équipe de France, à quel point les Bleus occupent vos pensées aujourd’hui ?

À zéro point. Je n’y pense pas du tout. Je suis concentré sur mon travail avec le Rugby club toulonnais et surtout à recommencer à jouer parce qu’on ne peut pas parler d’équipe de France quand ça fait un mois que l’on n’a pas joué. Nous allons avoir une longue série avec Toulon avec beaucoup de matches donc déjà se concentrer là-dessus. On m’a dit qu’on parlait un peu de moi mais je ne sais pas d’où ça sort et j’avoue que je ne regarde pas trop les médias. Je ne lis pas les journaux. Je n’y accorde pas d’importance...

Propos recueillis par Tristan Arnaud.

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