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Paillaugue : "C'est fou de pouvoir gagner un trophée avec la saison que nous vivons"

Paillaugue : "C'est fou de pouvoir gagner un trophée avec la saison que nous vivons"

Le 20/05/2021 à 18:56Mis à jour Le 20/05/2021 à 18:59

CHALLENCE CUP - Incontournable à Montpellier durant la dernière décennie, Benoît Paillaugue savoure la finale de Challenge Cup qui s'annonce face à Leicester. Le temps de mesurer également le cheminement du MHR cette saison qui pourrait être fondateur par la suite. Explications.

Rugbyrama : Quand on va disputer une finale européenne, à Twickenham, rien qu'à l'évocation de ce contexte, on imagine une réelle excitation ?

Benoît Paillaugue : Nous allons jouer dans un lieu culte du rugby, tout le monde rêve d'y être soit pour regarder un match des tribunes, soit pour évoluer comme nous le ferons. Du coup, on mesure la chance qu'on puisse s'y rendre, beaucoup de joueurs n'y auront jamais accès. On ne sera pas à la maison et pas mal d'Anglais seront en tribunes, donc sans nos supporters. Mais avoir le retour du public pour un tel match, même si ça sera 10.000 anglais, ça risque de ronfler un peu et on devra tout faire pour sortir le match parfait.

Avez-vous évoqué le succès de 2016 face aux Harlequins dans cette compétition durant la semaine de préparation ?

BP : Bien sûr qu'on l'a évoqué, avec le groupe et ceux avec qui j'ai pu la gagner à l'époque. On a tellement envie de connaître à nouveau cette joie et ce bonheur. Mais notre saison n'était pas du tout calquée sur l'actuelle, nous étions plus sereins. L'équipe était montée en puissance avec Jake White, on s'était incliné en demi-finale du championnat face à Toulon, donc effectivement c'est dans un coin de la tête mais pas plus que cela pour le match de vendredi.

Quand on soulève un trophée, quel sentiment traverse votre esprit dans ces moments particuliers ?

BP : Je pense que chaque joueur qui signe à Montpellier a pour but de vivre de telles émotions. Le club a changé de dimension depuis une dizaine d'années. D'avoir l'opportunité de jouer les phases finales régulièrement et de s'approcher d'un titre. Là, nous avons une éclaircie avec cette finale que nous n'avons strictement pas envie de galvauder. Dans la jeune histoire du MHR, nous avons souvent trébuché sur les dernières marches. On peut remplir la salle des trophées de Montpellier qui est plutôt mince. On fera tout pour y remédier face à Leicester.

L'envie de liberté exprimée par les joueurs

Est-ce réducteur d'affirmer que Montpellier sauverait sa saison en cas de succès ?

BP : Non, c'est la vérité. On ne sera pas qualifiés pour les phases finales du Top14, notre maintien n'est pas encore validé. Avoir la possibilité de glaner un trophée dans de telles conditions c'est tout de même assez fou. Et nous savons très bien qu'on peut valider aussi une participation en Champions Cup l'année prochaine. C'est un élément moteur pour nous en tant que compétiteurs. Financièrement, ça serait forcément une bonne nouvelle dans cette période compliquée sur bien des aspects.

Philippe Saint-André avait remporté la Challenge Cup en 2005 avec Sale, a t'il modifié son discours en conséquence ?

BP : Non, je crois que le staff a agi intelligemment en laissant surtout le groupe s'exprimer. Le groupe avait ce besoin de libertés, et vu l'état d'esprit remarquable qui règne ici et la dynamique positive, ils ont acté qu'on devait se récompenser de cette saison difficile. Après avoir montré une autre image, en ayant insufflé une certaine osmose entre nous, le discours a été très positif, car ils ont senti l'implication générale, que le groupe avait pris le taureau par les cornes et qu'on gère tout cela dans de bonnes conditions.

Ce redressement spectaculaire en championnat et donc en Challenge Cup, vous l'attribuez à quoi ?

BP : Honnêtement à la force du groupe. Il est sain et soudé à la fois. Quand on a traversé des galères, les mecs n'ont jamais lâché et le travail était conséquent à l'entraînement. Je repense à la série de matchs que nous avions perdus sur la fin, tout aurait pu exploser à ce moment là. Mais bien au contraire, on a tenté de poursuivre notre épanouissement au quotidien y compris en dehors du stade. Le fait d'être revenus à des choses plus basiques, on parle de solidarité et de défense. Et quand on se bat les uns pour les autres, on arrive à des performances comme actuellement. On aura besoin de tous ces ingrédients face aux Tigers et d'être vigilants à chaque instant.

"Ne pas répondre individuellement pour sauver la patrie"

Parlons de l'adversaire, un passé monstrueux, un palmarès éloquent, Leicester est toujours une référence du rugby ?

BP : Bien sûr, déjà parce que cette formation est constituée de nombreux internationaux, on trouve de la qualité sur chaque ligne. On constate des individualités capables de renverser le cours d'un match. La charnière est bien huilée, très complice. Quand vous regardez leurs piliers plutôt mobiles, leur troisième ligne centre costaud sur l'homme et excellent porteur de balle, on sait à quoi s'attendre. Faisons en sorte qu'ils arrivent à moins bien jouer ensemble et n'offrons pas une réponse individuelle, au détriment du collectif pour sauver la patrie, qui ne serait absolument pas pertinente.

Vous allez retrouver Nemani Nadolo, comment procédez pour arrêter un tel phénomène ?

BP : Si on le plaque seul ça risque d'être chaud ! Sans pour autant faire une fixation sur lui, en délaissant ses partenaires autour de lui car Nemani fait beaucoup jouer derrière lui. C'est une arme redoutable que possède les Anglais, et si on parvient à le contrer, ça sera déjà une bonne chose. Techniquement, il est tellement précieux, il peut sortir du chapeau un offload incroyable. En fait, il faudra un mec qui coupe ses jambes en fermant les yeux et un autre pour lui bloquer ses bras !

C'est votre 13 ème saison au MHR, vu de l'extérieur vous avez su toujours affronter la concurrence imposée, quelle est votre recette ?

BP : Je n'ai jamais changé de registre me concernant, depuis tout petit c'est ainsi. Donc installer une concurrence, j'y suis habitué comme tout le monde. Je pense que ça me stimule et me donne l'envie de donner le meilleur. Je voudrais toujours gagner ma place jusqu'à la fin de ma carrière sportive. Après c'est peut-être une question de tempérament, de physique. C'est une force que j'ai en moi et j'espère la conserver le plus longtemps possible. Donc la concurrence je l'ai accepté depuis très longtemps et je m'en sers comme levier pour progresser tous les jours.

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