Midi Olympique

Challenge Cup - Gervais Cordin (Grenoble) : "Vendredi, c’est la fin de tous ces mois de galère"

Cordin : "Vendredi, c’est la fin de tous ces mois de galère"

Le 05/12/2018 à 17:20Mis à jour Le 07/12/2018 à 17:29

CHALLENGE CUP - Blessé au genou droit fin mars, l’arrière de Grenoble Gervais Cordin va rejouer pour la première fois vendredi (20 h 45) face à Agen en Challenge Cup. Après avoir manqué des moments clés avec le FCG et l’aventure triomphale de l’équipe de France U20 au Mondial, le jeune homme, qui va fêter ses 20 ans le 10 décembre, est heureux d’enfin voir le bout du tunnel.

Rugbyrama : Votre dernière rencontre remonte au 23 mars contre Carcassonne en Pro D2, où vous subissez une rupture des ligaments croisés du genou droit. Le retour à la compétition approche-t-il à grands pas ?

Gervais Cordin : Oui, c’est pour vendredi en Challenge Cup. Je vais commencer sur le banc. Il est prévu que je joue une trentaine de minutes. Ce sera mon premier match. C’est un beau cadeau d’anniversaire avant l’heure puisque je suis né le 10 décembre. Je suis assez impatient, après je relativise quand même le match. Il ne faut pas que je fasse n’importe quoi après cette longue absence.

Quel est votre état d’esprit avant ce premier match ?

G.C : D’abord reprendre du plaisir parce que cela fait huit mois que je n’ai pas fait ce que j’aime. Retrouver des sensations avec l’équipe et personnellement. Rattraper aussi un peu le temps perdu et les huit mois de blessure.

" Je n’ai pas trop le temps d’avoir de l’appréhension"

N’avez-vous pas une petite appréhension par rapport à votre genou ?

G.C : Non, je n’ai pas trop le temps d’avoir de l’appréhension. J’ai déjà loupé quatre mois du début de saison, une équipe s’est mise en place. Pour mettre toutes les chances de mon côté afin de la réintégrer, il faut que j’y aille à fond.

Pro D2 - Gervais Cordin (Grenoble) - Crédit photo : Laurent Genin

Pro D2 - Gervais Cordin (Grenoble) - Crédit photo : Laurent GeninMidi Olympique

Qu’est-ce qui a été le plus dur pendant cette longue indisponibilité ?

G.C : Le plus dur est d’être éloigné des terrains. Ça prenait une grande partie de mon temps avant la blessure et là de regarder les matchs des tribunes, c’est difficile. On ne joue pas donc on est spectateurs. On doit se recentrer sur soi-même pour optimiser sa récupération et sa reprise. Maintenant, c’est derrière moi.

Comment avez-vous vécu le fait de rater les matchs décisifs de la montée en Top 14 avec Grenoble ?

G.C : C’était compliqué. J’avais bien travaillé toute l’année pour réintégrer le groupe. Je jouais assez régulièrement. Je pense que j’avais fait ce qu’il fallait pour prétendre à disputer ces matchs de phases finales. La blessure est encore plus douloureuse dans ces moments-là.

" Le premier objectif que je m’étais fixé était de reprendre en étant bien physiquement"

Cette blessure vous a aussi fait manquer la Coupe du monde U20 en France et le sacre des Bleuets. Est-ce moment-là qui sportivement a été le plus difficile à vivre ?

G.C : Je ne pense pas que ça a été plus dur que les phases finales. C’étaient des objectifs que je m’étais fixés en début d’année. De ne pas pouvoir les réaliser à cause d’une blessure, c’est un peu rageant. Après, j’ai vite fait le deuil de tout ça. Je suis passé à autre chose. De toute façon, je n’allais pas m’attarder sur ça. Cela ne servait à rien. C’est le passé. Vendredi, c’est la fin de tous ces mois un peu de galère.

Qu’avez-vous fait pendant cette période sans matchs ?

G.C : Même blessé, on est toujours un peu proches du groupe parce qu’on a la rééducation à assurer. On n’a pas beaucoup plus de temps libre qu’avant. On travaille sur le genou. On met une autre routine en place et on l’applique pendant six mois. Physiquement, c’est de la musculation. Tu te développes un peu physiquement, tu prends du poids (sourires) et après tu remaigris vers la fin parce que tu reprends la course. Techniquement, tu travailles un peu les passes. Après, c’est très restreint parce que tu ne peux pas faire beaucoup de choses à cause du genou.

Pro D2 - Atelier de défense pour Adrien Latorre et Gervais Cordin (Grenoble) - Crédit photo : Laurent Genin

Pro D2 - Atelier de défense pour Adrien Latorre et Gervais Cordin (Grenoble) - Crédit photo : Laurent GeninMidi Olympique

Quels vont être vos objectifs personnels cette saison ?

Gervais Cordin : Le premier objectif que je m’étais fixé était de reprendre en étant bien physiquement, pas sur une jambe, puis, petit à petit, réintégrer le groupe pro et essayer d’enchaîner en Top 14.

" En grandissant et avec l’expérience, je vais essayer d’être de plus en plus constant et fort"

Votre superbe essai contre Mont-de-Marsan la saison dernière avait marqué les esprits. Depuis, ressentez-vous une attente particulière autour de vous ?

G.C : Forcément, je suis un peu plus jugé parce que j’ai réussi à marquer un essai comme ça. Après, c’est les gens autour qui attendent ça. Moi je me concentre sur ce que je sais faire. Parfois, je réalise de bonnes choses, après des un peu moins bonnes. Je suis jeune. C’est comme ça. J’essaie à chaque fois d’être à la hauteur. Parfois, c’est plus compliqué que d’autres. En grandissant et avec l’expérience, je vais essayer d’être de plus en plus constant et fort.

Comment jugez-vous la première partie de saison du FCG ?

G.C : On n’est pas récompensés au niveau comptable par rapport à ce qu’on a pu produire. C’est un peu dommage mais on a un groupe assez sérieux. On fait de bons matchs. On perd de peu contre le Racing (23-24, Ndlr), on fait des égalités (9-9 à Agen, 27-27 contre Clermont). C’est encourageant pour la suite. Faire de grosses prestations contre de grandes équipes - même si c’est un peu rageant sur le coup parce qu’on pense qu’on est passés à côté de certains points - c’est beaucoup de confiance engrangée pour la suite de la saison.

Avec votre défaite samedi à Toulon (3-22) conjuguée à la victoire surprise d’Agen à Castres (16-13), vous êtes redevenus barragistes. Cela a-t-il mis un petit coup au moral du groupe ?

G.C : Non. Il faut regarder les autres mais aussi se concentrer sur soi-même. Ça se joue à deux points (17 points pour Agen, 15 pour Grenoble). Avant cette journée, c’était Agen qui était deux points derrière. La saison est longue. Il va falloir juste ne pas lâcher et à un moment, ça va payer.

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