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Raconte moi ton essai... européen, Quentin Lespiaucq-Brettes

Raconte moi ton essai... européen, Quentin Lespiaucq-Brettes
Par Rugbyrama

Le 05/04/2018 à 14:46

Le talonneur de la Section Paloise a inscrit le dernier des quatre essais de son équipe lors du quart de finale de Challenge Cup face au Stade Français. Le jeune joueur s'est affirmé comme un titulaire en puissance cette saison. Formé dans le village de Mugron puis à Dax, le joueur reste très attaché à sa région...

Rugbyrama : Tu inscris ton deuxième essai d'affilée contre le Stade Français en Challenge Cup après celui contre Oyonnax en Top 14, raconte-nous celui-ci...

Quentin Lespiaucq-Brettes : Vu le type d'essai que c'est, il n'y a pas grand-chose à dire. On joue vite la pénalité, l'équipe se retrouve à un mètre de la ligne. Là, j'ai la chance de choisir le bon coté en plongeant au ras et de viser assez bas pour ne pas me faire attraper. Ce n'est pas un essai avec de grandes envolées, mais cela fait 5 points à l'arrivée. (Rires) C'est toujours gratifiant alors c'est vrai que je préférerais marquer des essais de 50 mètres mais je vais me contenter de petits essais comme celui-là pour l'instant.

Cela a été une orgie de rugby, comment as-tu vécu ce match ?

Q. L-B. : L'enjeu n'a pas tué le jeu. Cela a été très ouvert avec beaucoup d'essais. Tout le monde s'est régalé à jouer le match même si il ne fallait pas être cardiaque parce qu'on s'est fait peur jusqu'au bout. C'est sûr que des scores comme ça, on n'en voit pas tous les week-ends alors on ne va pas s'en plaindre. Tant qu'on se régale nous, qu'on régale les spectateurs et les téléspectateurs, c'est une bonne chose pour le rugby.

Vous allez à Cardiff pour la demi-finale, c'est une déception de ne pas jouer à domicile ?

Q. L-B. : C'est décevant parce qu'on finit premier de poule et qu'on a été irréprochable sur notre parcours en Coupe d'Europe. Après on savait que c'était possible de ne pas jouer la demi-finale au Stade du Hameau. Mais cela ne change rien à notre motivation pour faire un gros match à Cardiff et chercher une finale à Bilbao.

Quentin Lespiaucq - Pau

Quentin Lespiaucq - PauIcon Sport

Comment jugez-vous la saison de Challenge Cup de la Section Paloise ?

Q. L-B. : C'est un premier palier. La compétition est de plus en plus relevée. Lorsque l'on voit des équipes remplies d'internationaux comme Gloucester, Édimbourg, Cardiff ou bien le Connacht, on sait qu'on arrive dans un cercle hyper-relevé. Une chose est sûre, l'objectif est de se qualifier et de finir invaincu de cette Coupe d'Europe.

Cardiff semble être un très gros morceau... ?

Q. L-B. : On avait réalisé un petit exploit en s'imposant à Gloucester alors aller à Cardiff ne nous fait pas peur. On sait que l'atmosphère à Cardiff va être particulière avec beaucoup de monde, mais si on tient bien le ballon comme on sait le faire et qu'on ne laisse pas trop de points en route, on a toutes nos chances d'être en Espagne en mai. Si on atteint la finale, cela montrera que notre effectif est de très grande qualité.

N'avez-vous pas peur de laisser trop d'énergie dans cette compétition ?

Q. L-B. : On est des joueurs professionnels. Quand je vois la fin de saison qui nous attend, cela va être hyper gratifiant. On a vraiment envie d'aller au bout de tout ce que l'on a entrepris. Le Top 14 et la Challenge Cup sont des compétitions aussi importantes l'une que l'autre. On est plutôt bien placé sur les deux tableaux alors cela serait bête de notre part de laisser tomber un côté pour aller sur l'autre. On veut continuer à rêver.

Quentin Lespiaucq - Pau

Quentin Lespiaucq - PauIcon Sport

C'est la première saison où tu exploses vraiment avec 23 feuilles de match (19 titularisations), qu'est ce qui a changé cette année ?

Q. L-B. : Lors de mes premières saisons à Pau, j'étais plus dans la découverte même si j'ai commencé à m'affirmer lors de la seconde. Cette année, c'est différent. Je savais que j'avais ma carte à jouer, qu'il y avait une place de titulaire à prendre alors j'ai mis toutes les chances de mon côté pour y prétendre et ne pas là laisser passer. Maintenant que j'y suis, je continue à bosser et je profite du fait qu'il y ait un très bon groupe. Tous les voyants sont au vert pour l'instant alors pourvu que ça dure.

Tu as été formé à Mugron puis Dax avant de rejoindre la Section Paloise, c'était quelque chose d'important de rester dans la région ?

Q. L-B. : Cela a été un facteur qui fait que j'ai signé à Pau. C'est un club qui a les valeurs du Sud-Ouest. Par exemple, au sein du club, je retrouve pas mal de joueurs qui étaient en sport-études avec moi à Bayonne. J'aime la mentalité autour du club, les supporters. Et puis surtout je me retrouve à une heure de chez moi et c'était important de garder une certaine stabilité géographique et familiale. Je sais que l'on n'a pas tous cette chance-là quand on est rugbyman, de pouvoir jouer proche de chez soi. Tous les week-ends j'ai ma famille qui vient me voir au bord du terrain. Cela me donne envie de me donner encore plus à fond sur les terrains.

Tu as fait une grande partie de tes classes à Dax, avant d'y jouer en tant que professionnel. Comment vis-tu la situation difficile que traverse le club ?

Q. L-B. : Dax cela m'attriste, c'est un club historique qui a formé de nombreux internationaux. Voir que le club n'évoluera plus en Pro D2 l'an prochain, c'est vraiment dommage. A l'époque où j'y jouais, on se battait déjà pour le maintien et ce n'était pas facile tous les jours, car on sait que la saison va être longue. Je suis reconnaissant à mes entraîneurs de l'époque, Jérôme Daret et Richard Dourthe, car ils avaient la volonté de lancer des jeunes. Je me rappelle avoir été lancé avec Cyril Cazeaux [aujourd'hui à l'UBB, ndlr] et Olivier Klemenczak [futur joueur du Racing, ndlr], on était les 3 minots du club. Cela permet de montrer que la formation landaise et dacquoise a été assez performante pour lancer des joueurs au haut niveau. J'espère vraiment qu'ils sauront se relever et que de beaux jours attendent l'US Dax.

Quels sont tes objectifs pour la suite ?

Q. L-B. : Dans l'immédiat, c'est de gagner les deux prochains matchs en championnat face à Bordeaux et Agen. J'ai dans le viseur aussi cette demi-finale de Challenge où tout est faisable. Sur le long terme, je veux surtout continuer à jouer tout en prenant du plaisir. J'ai vraiment envie de continuer à grandir avec le club.

Par Théo Combes.

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