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Il y a deux ans, "Domi" nous quittait…

Il y a deux ans, "Domi" nous quittait…

Le 24/11/2022 à 10:53Mis à jour Le 24/11/2022 à 13:42

CARNET NOIR - Ce jeudi 24 novembre a marqué les deux ans de la disparition de Christophe Dominici, l’ancien ailier du XV de France, du Stade français et de Toulon. Pour autant, la plaie est toujours à vif: Loretta, son épouse, nous explique pourquoi.

Il y a deux ans, Christophe Dominici (48 ans et 67 sélections) perdait la vie dans des circonstances tragiques et encore fort mystérieuses, aux portes de la capitale. Passé l’accident, le monde du rugby a longtemps pleuré son « Domi » et lui a rendu divers hommages : le Stade français a rebaptisé de son nom le centre d’entraînement que le club de la capitale occupe dans le bois de Boulogne ; une coupe mise en jeu entre le Rct et les soldats roses a été nommée "trophée Dominici" ; une rue de Narbonne a été baptisée du nom de l’ancien ailier des Bleus quand Benjamin Bagate, l’un de ses plus proches amis, a dernièrement mis sur pieds le "projet Dominici", qui propose de faire travailler, dès la catégorie "baby rugby", la vision périphérique des pratiquants afin que ceux-ci se protègent au mieux des chocs inhérents à la discipline.

Ce jeudi matin, Bagate, aujourd’hui entraîneur de Rochefort (Fédérale 2), nous disait au téléphone : "Aujourd’hui, il pleut, c’est une journée de merde et je n’ai envie de ne rien faire... Hier soir, j’ai échangé avec Kiara (l’une des filles de Christophe Dominici, N.D.L.R.) : j’avais juste envie de lui dire que son papa me manquait. Franchement, je n’arrive toujours pas faire le deuil. Je n’arrive pas à m’en remettre. Je culpabilise... Je me dis que j’ai dû manquer quelque chose, sur la fin de sa vie..." A cet instant de l’entretien, l’ancien entraîneur d’Albi et des Espoirs du Stade bordelais marquait une pause, poursuivait : "Plus les jours passent et moins il y a de gens autour de Loretta (l’épouse de Christophe Dominici) et des petites. Mais c’est le cycle naturel de la vie… Je ne peux blâmer personne... Loretta, elle, avance coûte que coûte : elle est aujourd’hui une vraie petite femme d’affaires qui se bat au quotidien pour ses deux filles ; elle a repris toutes les affaires de Domi alors qu’elle n’était pas vouée à ça. Mais elle le fait pour les petites. C’est une vraie mère louve".

Le jour où "Domi" avait séché Robinson…

Deux ans après le drame, l’émotion reste encore vive dans la voix de Benjamin Bagate. Il poursuit ainsi : "J’ai gardé son numéro et toutes les conversations qu’on avait eues tous les deux. Je les relis, souvent. Mais ce qui me manque le plus, ce sont ses coups de fil truffés d’anecdotes. Je n’oublierai jamais ce matin d’été où il m’avait conté comment, en demi-finale de Coupe du monde, il avait fait un croche-pattes à Jason Robinson (ancien ailier de l’équipe d’Angleterre). Ce jour-là, il m’avait dit : "Avant la demi-finale, tous mes potes de Solliès-Pont (son village natal, dans le Var, N.DL.R.) me disaient que j’allais me faire baiser par son crochet intérieur, que je n’avais aucune chance... Alors, quand Robinson a dégainé sa spéciale, j’ai pensé à mes potes de Soliès et en un quart de seconde, j’ai balancé les jambes et dégainé le tacle. J’ai pris un jaune mais Robinson est tombé !" Il me racontait ça avec sa gouaille de toulonnais et je riais tellement, ces jours-là. Tu me manques, Domi !"

Christophe Dominici et son épouse.

Loretta, son épouse: "On lui a fait trop de mal..."

Au téléphone, Loretta Denaro développe ainsi: "J'essaie de perpétuer sa mémoire mais ce n'est pas tous les jours simple. Il y a des moments où les petites (Kiara et Mia) regardent dans le vide. Il y a des moments de silence et d'autres où on essaie de rigoler comme lui rigolait: on regarde des vidéos de leur papa, ses plus beaux essais et ça nous fait du bien. Christophe a laissé des souvenirs incroyables dans la vie de beaucoup de gens. Certains me disent encore: "Qu'est-ce qu'il nous a fait vibrer, ce petit bonhomme !" Ca me touche..." Mais pour l'épouse de "Domi", l'épisode du rachat avorté du club de Béziers ne sera jamais totalement soldé, quand bien même le temps ait passé: "Je ne pourrai pas passer à autre chose tant que les personnes qui lui ont fait tant de mal et abusé de sa faiblesse n'auront pas eu une réponse forte de la part de mes filles et moi. Ca viendra... Ce qu'ils lui ont fait, c'est trop injuste, trop dur... Christophe n'était pas cupide, lui. [...] A l'époque où Max (Guazzini) lui a demandé d'aider le Stade français, il n'a pas réfléchi une seule seconde avant de lui dire oui et a laissé toutes ses économies, près de 500 000 euros, pour aider le club qu'il aimait tant. Cet épisode de Béziers l'a beaucoup abîmé. On lui a fait trop de mal..."

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