• Carnet noir - Stade montois - Benoît Dauga
    Carnet noir - Stade montois - Benoît Dauga

Benoît Dauga est décédé

Le | Mis à jour

CARNET NOIR - C'est un monument du rugby qui s'en est allé, ce jeudi après-midi. L'ancien joueur du Stade montois, Benoît Dauga est décédé à l'âge de 80 ans. "Le Grand Ferré" évoluait au poste de deuxième ou troisième ligne, il comptait 63 sélections de1964 à 1972 avec le XV de France (11 essais et 9 capitanats). Il fut aussi un martyr du rugby et un monstre de volonté.

Benoit Dauga nous a quittés. Un journaliste le surnomma un jour "Le Grand Ferré" en référence à une figure du Moyen-äge qui combattit les Anglais à coups de hache, une personnification de la vaillance et du courage. C’est un vrai monument qui s’en va, il fut considéré comme l’un des meilleurs avants de la planète dans les années 60-70, ce sont les Néo-Zélandais qui le disaient. Il était de Saint-Sever dans les Landes, mais il joua l’essentiel de sa carrière à Mont-de-Marsan.

Benoit Dauga y débarqua en 1963, juste après le titre de l’équipe des frères Boniface, lui ne brandit jamais le Bouclier de Brennus, ni le du-Manoir d’ailleurs. Sa carrière magnifique fut dépourvue de titre, c’est ce qui la rend encore plus romanesque. Il devint très vite l’autre emblème du club de la préfecture des Landes.

Il a laissé une trace très profonde dans la mémoire des amoureux du rugby français car il fut un temps recordman des sélections sous le maillot bleu avec 63 apparitions entre 1964 et 1972. Il détrôna Michel Crauste, rien que ça. Mais sa carrière ne peut se résumer à des chiffres, on préfère garder les images de son activité débordante, de son adresse dans les airs (il fut aussi basketteur), de sa générosité et de son caractère et de l’essai magnifique qu’il conclut en 1971 contre le pays de Galles.

Et puis il vécut le premier Grand Chelem du XV de France en 1968, dans des conditions assez rocambolesques. Il fit aussi partie de la "bataille de Durban", la plus longue rixe de l’Histoire face aux Springboks en 1971. Sa carrière reste aussi attachée à un fait tragique, sa terrible blessure de 1975 quand il sortit d’un terrain dans une atmosphère d’affolement. En plein cœur d’un match Mont-de-Marsan-Dijon, il ne s’était pas relevé et se retrouva soudain, tout simplement tétraplégique. A force de volonté, il retrouva peu à peu sa motricité, sa plus belle victoire qui vaut tous les trophées qu’il n’a pas eu.

A sa famille et ses proches, la rédaction de Midi Olympique adresse ses plus sincères condoléances.