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Baky écrit - Si Francis m’était conté

Baky écrit - Si Francis m’était conté
Par Rugbyrama

Le 29/09/2021 à 13:03Mis à jour

BAKY ÉCRIT - Tout jeune retraité, Bakary Meité profite de sa liberté retrouvée pour intégrer l’équipe des chroniqueurs Midi Olympique. L’ancien troisième ligne a tout connu du rugby, d’abord amateur et finalement professionnel. Pour Rugbyrama, L’ancien international ivoirien va désormais s’attacher à poser un regard libre, décalé et forcément engagé sur l’actualité du rugby. Welcome "Baky".

Nous sommes le dimanche 4 septembre 2011 et ma fille s’apprête à faire sa première rentrée à la maternelle, le lendemain.

Sur le stade Maurice-Boyau, le temps est gris mais sans pluie. Béziers, club qui m’a offert ma chance au niveau professionnel, dispute le premier match de sa saison à Dax. Aux commentaires de ce match diffusé, sur Sport +, un certain Francis Deltéral.

Après mon baptême du feu en ProD2, je suis autorisé à remonter sur Paris pour la rentrée scolaire de ma progéniture. Je quitte le stade dans un anonymat quasi complet. Il faut dire que je venais d’affronter des figures de ce jeu comme Matthieu Lievremont et qu’Andrew Mehrtens fait partie du staff biterrois.

Je dois me rendre à la gare située à une petite demi-heure de marche du stade. J’entame mon périple en repensant à cette action que j’ai mal négociée, quand s’arrête une voiture à mon niveau. Francis Deltéral baisse la vitre passager du véhicule. Me demande où je vais et m’invite à monter.

Le trajet passe vite. Trop vite.

De chaleureux remerciements pour mes généreux accompagnateurs et le temps pour moi de prendre congé. Ce n’est que bien plus tard, notamment en lisant son livre Rugby, amour et fantaisie, que je comprendrai à qui j’avais eu affaire.

Qu’on se le dise d’emblée : ce parti pris est totalement subjectif. Francis Deltéral est le meilleur consultant rugby de la planète. Il n’a pas son pareil pour vous faire vivre un match. Par ses connaissances techniques pointues, lui l’ancien joueur de Bègles, mais surtout pour sa capacité à faire vivre un match, une phase de jeu, une action. Pour lui, une simple passe non vissée réussie peut accoucher d’une ode à la simplicité. Un geste technique réalisé par un pilier et l’enthousiasme de Francis vous fera grimper aux rideaux. Il est comme ça. Un amoureux du beau jeu. Un amoureux du jeu tout court. Mais surtout un amoureux des relations humaines.

C’est bien simple : pour lui, ce qui se passe en dehors du pré à au moins autant d’importance, voire plus d'importance que ce qui s’y passe. Ça transpire de ses propos. Ayant été témoin privilégié de tellement d’histoires, il distille des anecdotes comme personne et donne du relief à des matchs qui en ont parfois besoin.

Et je l’ai bien senti lors de notre seule et unique rencontre. L’humain avant tout.

Je ne saurais que trop vous conseiller son dernier livre. La petite jubilation que vous avez lorsque que vous retrouvez, dans un paragraphe, une anecdote entendue lors d’un commentaire. Croquignolet.

Vous l’aurez compris, j’ai les yeux de Chimène pour Francis Deltéral. Parce que j’aime aussi ce jeu et toutes ses histoires qui en découlent. Alors, je continuerai à regarder des matchs comme Tasman - North Harbour, un peu pour le rugby, beaucoup pour entendre Francis Deltéral raconter qu’il a croisé l’oncle d’un des joueurs un soir dans un bar à Auckland. Et que la bière avait coulé à flot…

En bref :

J’ai rencontré Emmanuel Massicard, le rédacteur en chef de Midi Olympique, à la Nuit du rugby. Il fait plus grand par téléphone.

J’ai immortalisé ma rencontre avec Basile Boli et j’ai bégayé devant lui comme un gosse.

Ma prise de poids post-fin de carrière se déroule sans accroc.

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