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Baky écrit : Laure vit tout

Baky écrit : Laure vit tout
Par Rugbyrama

Le 14/09/2022 à 11:33Mis à jour Le 14/09/2022 à 11:46

BAKY ÉCRIT - Retiré des terrains depuis l'été 2021, Bakary Meité profite de sa liberté retrouvée pour poser un regard libre, décalé et forcément engagé sur l’actualité du rugby, des belles histoires du monde amateur aux exigences du secteur professionnel.

Il est des rencontres qui vous marquent.

J’ai rencontré Laure Vitou lors d’une des visites annuelles de Provale dans les clubs. Je devais jouer à Béziers ou Massy (mes allers-retours successifs dans ces 2 clubs m’ont fait perdre le fil et la mémoire). Elle avait pris la parole, pour nous exposer tous les avantages que nous aurions à adhérer à Provale. Et ce n’était pas uniquement pour le chargeur nomade qui était offert à l’adhésion. Un petit brin de femme. 1m63 à vue d’œil et une petite soixantaine de kilos à l’époque. Je précise à l’époque. Car le corps de Laure subira les affres du cancer. Cette maladie aussi célèbre que détestable la fera dépérir au point de la rendre méconnaissable. La fenêtre qu’elle laissa ouverte sur sa vie de transplantée m’a permis de le constater. Et je dois dire qu’à la vue de ses selfies, j’ai parfois été pris d’effroi.

Laure le roseau a plié face à la maladie. Face à des vents contraires venus de son propre camp aussi. La direction de son ancien employeur lui en a fait voir des vertes et des pas mûres. Même les deux cumulés n’ont pas faire rompre Laure.

Celle qui a été, successivement, cheffe de projet formation, directrice formation puis Directrice générale de Provale, ne s’est jamais ménagée lorsqu’il s’agissait de promouvoir les actions du Syndicat des joueurs de rugby professionnel. Notamment via les différentes formations qu’elle et ses équipes proposaient aux joueurs.

Nos chemins se sont croisés et recroisés au détour des assemblées générales et des Nuit du rugby, la cérémonie qui récompense les meilleurs joueurs de nos deux championnats professionnels.

L’énergie, la détermination et la pugnacité de cette femme ne passent pas inaperçues. Je le dis d’autant plus tranquillement que Laure a été un adversaire.

En 2018, j’avais rejoint la liste d’un opposant au président actuel. Celle de Laurent Balluc-Rittener pour une élection qui se voulait démocratique. Laure, au soutien du président sortant ne nous avait pas fait de cadeau. Et la victoire ne leur échappa pas.

Malgré cet affrontement, le respect n’a jamais fait défaut à nos échanges. Un message de sa part pour me souhaiter bonne chance pour ma commission de discipline, entre autres témoigne de ce respect. Et quand j’ai appris pour sa maladie, je me suis fendu d’un simple texto de soutien empreint d’empathie. Ma pudeur m’empêchant d’en faire plus.

Vendredi soir dernier, lors d’une des « rares » soirées organisées en marge du WateRugby, on m’interpelle :

- Je sais pas si tu me reconnais…

Un petit brin de femme, 1m63 à vue d’œil, Une petite cinquantaine de kilos. Une étreinte témoignera de ma joie de revoir Laure.

Son récit sur sa participation aux World Transplant Games (les jeux mondiaux des transplantés) a fini de me convaincre : Laure vit tout.

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