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En première ligne, la troisième ligne

En première ligne, la troisième ligne

Le 03/12/2020 à 15:49Mis à jour Le 03/12/2020 à 16:25

AUTUMN NATIONS CUP - Le XV de France se déplace à Twickenham dimanche (15h) pour y jouer la finale de l’Autumn Nations Cup. Il y aura un forcément un combat acharné pour la domination en conquête. Les regards seront tournés vers les deux troisièmes lignes. Le trio inédit Woki-Tolofua-Jelonch est face à l’immense défi Underhill-Vunipola-Curry.

La presse anglaise en avait la bave aux lèvres à l’aube de l’Autumn Nations Cup. Une finale contre le XV de France, pour prendre la revanche du 2 février dernier. Surtout, faire cette fois reculer l'insolente troisième ligne Ollivon-Alldritt-Cros. En somme, cette presse voulait se venger de ces hommes, plus que de la France. Puis, leur est venue aux oreilles cette histoire d’accord entre la FFR et la LNR. Se permettre de venir dans notre arène sans les meilleurs joueurs ? Etranges, ces Français. Vexant, ces Français. Alors, c’est "une farce" pour The Guardian.

Le bizut Tolofua face à la montagne Vunipola

Pour donner tort au quotidien britannique, Cameron Woki, Selevasio Tolofua et Anthony Jelonch seront en première ligne car faire reculer l’adversaire sera l’objectif numéro 1 des deux côtés. Alors forcément, tous les trois auront un rôle majeur, étouffer l'adversaire et gagner la bataille de la ligne d'avantage étant l'une des prérogatives des troisièmes lignes modernes. Ce sera un sacré "défi" comme l’évoquent Jelonch, Woki et Karim Ghezzal, entraîneur des avants chargé du secteur de la touche.

Les Anglais ne sont pas plus âgés, mais beaucoup plus expérimentés. Sam Underhill et Tom Curry ont 24 ans et 22 ans, comme Anthony Jelonch et Cameron Woki. En revanche, les deux Anglais comptent 21 et 27 sélections. Contre l’Italie samedi dernier, le Castrais glanait une 2e sélection et le Bordelo-Béglais sa 3eme. Eddie Jones a entamé il y a bien longtemps ce que Fabien Galthié met en place depuis son arrivée à Marcoussis, à savoir "caper" les jaunes, leur donner de l'épaisseur.

Underhill est en grande forme

Quant à Selevasio Tolofua, 23 ans, il fêtera sa toute première sélection. En cadeau, il fera face à Billy Vunipola, ses 55 sélections et sa renommée mondiale. Lors du dernier VI Nations, le joueur des Saracens avait le bras cassé et Courtney Lawes avait été descendu d’un cran comme flanker, décalant Tom Curry comme numéro 8. Ces choix d’Eddie Jones n’avaient pas été payants. Quoi qu’il en soit, la troisième ligne type, celle de la Coupe du monde, est de retour pour les Anglais, et c’est leur véritable point fort.

La semaine dernière, le pays de Galles a imaginé mettre les Anglais en difficulté en marquant le premier essai du match, mais les hommes d’Eddie Jones se sont mobilisés et les avants ont remis l’équipe dans l’avancée, avec notamment un Sam Underhill étincelant et infatigable. "Leur troisième ligne est complémentaire, court beaucoup", décrit Cameron Woki. Comme le note Thibault Giroud, le préparateur un XV de France, les avants anglais sont "une référence", car "capables d’alterner la haute intensité dans le combat et la haute intensité courue".

La touche, secteur déterminant

"Ce sont de joueurs de haut niveau, confirme le joueur de l’UBB. Ils se déplacent, ont l’habitude de jouer ensemble. Ils sont assez petits mais denses. Curry et Underhill sont des spécialistes du jeu au sol. Forcément, si on veut dominer, on devra gagner les rucks offensifs et défensifs." Anthony Jelonch prend la mesure de toutes les tâches à accomplir. "Il faudra arriver avant eux pour les soutiens, rester bas pour ne pas se faire contre-rucker, mettre la pression pour que leur demi de mêlée ait du mal à dégager au pied, être costauds dans les rucks, suivre dans l’intensité, ne pas reculer sur les collisions. Si on les contre dans ces domaines, qu’ils n’avancent pas, alors on pourra les contrarier."

Cameron Woki, propulsé capitaine dans ce secteur, aura une grande responsabilité. La défense sur les mauls adverses sera très importante et a été particulièrement travaillée dans la semaine. "Jusque-là, on a eu une dizaine de pénal-touche à défendre sur l’ensemble des matchs, explique Karim Ghezal. Là, on en aura peut-être 5-6 sur un seul match car c’est une équipe qui se dépossède beaucoup du ballon avec du jeu au pied". Cameron Woki sera sous pression en permanence, comme Anthony Jelonch et Selevasio Tolofua le seront dans le combat. La clé du match se trouve dans leur capacité à maintenir les Bleus à flot.

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