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Radosavljevic se livre après son retour sur les terrains : "Je me suis fait insulter de facho"

Radosavljevic se livre après son retour sur les terrains : "Je me suis fait insulter de facho"

Le 22/09/2022 à 16:12Mis à jour Le 23/09/2022 à 09:01

AMATEUR - Écarté des terrains à la suite de propos racistes tenus à l'encontre d'un joueur de Nevers, Ludovic Radosavljevic a rechaussé les crampons un an plus tard,. Désormais, le demi de mêlée passé par Clermont, Castres et Provence Rugby évolue en Fédérale 3, avec Avignon-Le Pontet, son club de cœur.

En septembre 2021 éclatait ce que l'on appelait "l'affaire Rado". Lors d'un match face à Nevers, Ludovic Radosavljevic (évoluant alors avec Provence Rugby) était accusé de propos racistes. Durant la rencontre, le demi de mêlée avait attaqué verbalement Christian Ambadiang, l'ailier de l'USON. "Je vais te brûler, mangeur de bananes", aurait affirmé Radosavljevic. L'affaire avait alors éclaté sur les réseaux sociaux et le joueur lui-même avait reconnu les faits et présenté ses excuses dans la foulée. Des propos racistes qui lui ont coûté cher : licencié par Provence Rugby avant d'être suspendu 26 semaines par la commission de discipline de la LNR. Alors que Ludovic Radosavljevic pensait pouvoir rebondir avec le SO Avignon, la Fédération Française de Rugby à XIII refusait également de lui délivrer sa licence. Un an après les faits, qu'est-il devenu ?

Ludovic Radosavljevic a décidé de revenir à la maison, dans le Sud-Est de la France où se niche une ville limitrophe d'Avignon nommée Le Pontet. C'est ici que le rugbyman a décidé de se repentir. Il explique aujourd'hui : "Ça va certainement sonner faux mais ce qui s’est passé ce jour-là, sur le terrain, c’est aux antipodes de ce que je suis réellement. J’ai les fils qui se sont touchés sur une action. Le chambrage n’excuse en rien les mots que j’ai eus, même moi après coup je m’en suis voulu."

Des mots qui ont changé la suite de sa carrière. Au lendemain de son licenciement, le joueur de 33 ans s’est investi pleinement au sein de son nouveau projet professionnel, un bar à bière qu’il avait acquis quelques mois plus tôt. Mais il ne pouvait en rester là : "Je ne sais pas si c’est une guerre d’ego mais pour moi, mon histoire avec le rugby n’est pas terminée. Je suis un gamin du rugby, j’ai commencé à jouer à l’âge de trois ans donc finir comme ça, pour moi,ce n’était pas pensable. Je ne suis revanchard contre personne mais je ne veux pas laisser cette image-là de moi." Son club de cœur lui a alors tendu les bras.

L’histoire continue avec Avignon le Pontet

On pourrait dire que cela s’apparente à une nouvelle aventure mais, en réalité, il n’y a pas grand-chose de nouveau : "C’est mon club de toujours, c’est cool, je m’y sens bien. Je suis chez moi, à la maison. Je connais le club comme ma poche. Je n’ai même pas réfléchi à une intégration, c’était naturel. J’ai été accueilli sans jugement parce que ce sont les seuls qui me connaissent vraiment". De son côté, Christophe Gasperi, co-président de l’US Avignon-Le Pontet se réjouit de ce retour aux sources : "Ludovic, c’est un vrai enfant du club. Je sens qu’il se ressource bien avec nous. Personnellement, je n’ai jamais douté de son état d’esprit. Quand la question s’est posée pour que Ludo revienne au club, il y a eu un débat mais pas sur ce qui avait pu se passer avant, plutôt sur le fait que selon moi, il n’avait pas sa place en Fédérale 3 mais à plus haut niveau", assure-t-il.

Le week-end dernier, le demi de mêlée a d’ailleurs fait son retour sur la pelouse de Sète. "C’est un mec qui en a encore sous le capot !", lance Christophe Gasperi. Si sportivement il n’y avait rien à redire, l'accueil réservé par ses adversaires fut, en revanche, moins chaleureux : "Je me suis fait insulter de facho et de raciste de nombreuses fois. Si les gens pensent que je vais m’échapper, cela ne sera jamais le cas. J’ai joué ce match, nous avons gagné et voilà. Je me suis fait attraper tout le match. Il y a eu une bagarre à la fin : j’ai été convoqué alors que je n’ai strictement rien fait. Je ne voulais pas m’énerver, je savais que je ne devais rien donner à personne. Mais ils m’attaquent sur ce qui a pu se passer avant. Qu’on se le dise : je suis prêt à toutes les éventualités et je ne reculerai devant personne". Une première sortie sur les terrains qui ne l’a pas vraiment surpris. Qui ne le décourage pas pour autant.

L'interview en intégralité est à retrouver sur midi-olympique.fr

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