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Affaire Laporte-Altrad, ce que dit le rapport de la police de la BRDE

Affaire Laporte-Altrad, ce que dit le rapport de la police de la BRDE

Le 18/01/2022 à 11:23Mis à jour Le 18/01/2022 à 12:04

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans le rugby français. Bernard Laporte et Mohed Altrad devraient être cités à comparaître en septembre 2022. Nos confrères de l’Équipe ont en leur possession le rapport de la Brigade des répressions de la délinquance économique, un rapport que nous nous sommes également procuré. Voilà ce qu’il contient.

Le document accablant pour les deux hommes contient pas moins de 76 pages et fait état de quatre éléments à charge à l’encontre de Laporte et Altrad. Ils sont les suivants : un contrat d’image existerait entre Bernard Laporte et le groupe de Mohed Altrad, le président de la FFR serait ensuite intervenu auprès du président de la Commission d’appel pour faire annuler ou baisser les sanctions infligées au MHR, club présidé par Mohed Altrad. Le troisième fait est au sujet de l’attribution du sponsoring maillot par la FFR au groupe Altrad puis du recrutement et du paiement du prestataire Claude Atcher. Des éléments toujours listés chez nos confrères de l’Équipe.

Concernant la première accusation, au sujet du contrat d’image. Dans les rapport de la BRDE, il est écrit que Bernard Laporte "n’a informé personne de contrat de titre onéreux le liant à AIA et intervenait personnellement en qualité de président de la FFR à plusieurs occasions (…) dans des conditions caractérisant les délits de prise illégale d’intérêts, corruption et trafic d’influence, réalisant des actes positifs partiaux au bénéfice des intérêts financiers de Mohed Altrad". Également souligné dans le rapport, la valeur du contrat était de 150 000 euros HT. Un contrat auquel Bernard Laporte a renoncé. Le contrat a finalement été "encaissé le 6 mars 2017 sur le compte de BL Communication".

Le président de la FFR serait donc venu en aide à plusieurs reprises à Mohed Altrad dans de nombreuses affaires (réformation d’une décision de la LNR, attribution du premier sponsoring maillot puis le projet Gloucester, club de Premiership que voulait racheter l’actuel président de Montpellier.)

Des appels suspects entre Bernard Laporte et Jean-Daniel Simonet en juin 2017

Venons-en maintenant à l’intervention de Bernard Laporte auprès de la Commission d’appel. Les enquêteurs se sont axés sur des notes écrites par une juriste présente le jour de la séance qui "atteste du caractère ferme et définitif des trois décisions concernées". Le 29 juin 2017, les sanctions à l’encontre du MHR sont maintenues. Pourtant, elles auraient été modifiées le 30 juin après un appel téléphonique de Laporte à Simonet. Montpellier n’est plus suspendu de stade pour un match, voit son amende passer de 70 000 à 20 000 euros. Le rapport fait état que le président de la Commission d’appel et celui de la FFR se seraient téléphonés à sept reprises ce jour-là.

Des contrats de sponsoring remis en cause

Concernant le sponsoring maillot du XV de France, les faits ne sont pas moins accablants. Les policiers révèlent que le "15 juin 2017, M. Simon recevait les représentants des quatre partenaires officiels (GMF, Orange, Société Générale, BMW) pour proposer une offre à 9,9 millions d’euros par saison."

Il est ensuite fait état que presque au même moment, "Claude Atcher faisait une proposition à Mohed Altrad pour 6,2 millions d'euros." Ensuite, le 10 août 2017, comme mentionné dans l’enquête, M. Atcher adressait à Altrad "le projet de contrat de 5,4 millions d’euros". Au final, le gros lot sera remporté par le groupe du président du MHR pour un montant à priori de 6,8 millions d’euros. Les enquêteurs se demandent simplement s’il n’y a pas eu en quelque sorte "une priorité" donnée à Mohed Altrad à l’encontre d’autres partenaires cités ci-dessus.

Le quatrième et dernier fait évoque le sujet des « conditions d’embauche de Score XV par la FFR, prestataire désigné arbitrairement par la présidence, sans consultation de la concurrence, faisant douter de son "juste" prix. » Il est notamment écrit dans le rapport de la BGDE que "les relations entre la FFR et Score XV n’était étonnamment pas formalisées par un contrat mais par des devis" et que "Score XV aura été rémunéré pour une somme totale supérieure à l’engagement initial , par l’attribution d’une prime de résultat non prévue au devis". Une affaire supplémentaire qui ne s’arrêtera pas là d’après l’avocat de Bernard Laporte, joint toujours par nos confrères de l’Équipe.

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