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Affaire Folau : Weber et Perenara montent au créneau

Affaire Folau : Weber et Perenara montent au créneau

Le 19/04/2018 à 14:59

Bientôt deux semaines après que le Wallaby Israel Folau a tenu des propos homophobes sur les réseaux sociaux sans recevoir la moindre sanction de la part de sa fédération, plusieurs rugbymen néo-zélandais dont les demi de mêlée TJ Perenara et Brad Weber se sont élevés contre l'arrière international. La tension monte.

En postant sur les réseaux que Dieu promettait "l'enfer" aux homosexuels à moins que ces derniers "ne se repentent de leurs péchés", l'arrière international Australien Israel Folau ne se doutait certainement pas qu'il allait provoquer une telle levée de boucliers. L'onde de choc est parvenue jusqu'en Nouvelle-Zélande, où plusieurs joueurs ont décidé de condamner fermement le comportement de Folau, chose que la présidente de Rugby Australia Raelene Castle s'est refusée de faire de peur de perdre son joueur phare (qui est en fin de contrat) à un an et demi du prochain Mondial.

Le premier à dégainer en Nouvelle-Zélande fut le demi-de-mêlée Brad Weber de la franchise des Chiefs, qui a sévèrement condamné les propos de Folau qu'il a pris personnellement puisqu'il compte plusieurs personnes homosexuelles dans son entourage : "Je ne peux supporter l'idée de jouer au jeu que j'aime avec une personne comme Folau qui a tenu ce genre de propos. Ma cousine et sa fiancée, ainsi que ma tante et sa compagne sont les personnes les plus gentilles et aimantes que j'ai jamais connu. L'idée de jouer contre quelqu'un qui leur promet d'aller en enfer me dégoûte."

Perenara dézingue Folau

Quelques jours plus tard, c'est le demi-de-mêlée All Black des Hurricanes qui a ajouté une salve : "Que cela nous plaise ou non, nous sommes, en tant que rugbymen professionnels, des modèles pour les jeunes. Et plus spécialement pour les jeunes Maoris et Polynésiens. Il est inutile de faire de longues études pour constater que ces populations sont anormalement sur-représentées dans les statistiques de suicide, et encore plus quand ils sont homosexuels. Des commentaires blessants de cette sorte ne peuvent être tolérés. Sachez donc que je suis à 100 % en désaccord avec les commentaires faits par Israel. Ce n’est pas acceptable. Ce n’est pas une attitude que je veux voir dans le jeu que j’aime. Il n’y a pas de justifications à des commentaires aussi blessants. Je tiens donc à dire à tous ceux qui sont maltraités pour ce qu’ils sont, ou qui luttent avec leur identité, qu’ils sont parfaits tels qu’ils sont. Ne laissez pas ces commentaires vous atteindre. La Polynésie a toujours prôné la diversité sexuelle."

Au-delà des nombreux internationaux de tous horizons qui ont rejoints les demis-de-mêlée, comme l'ex-All Black Adam Thompson ou l'ex-Wallaby Nic White, l'affaire a trouvé un écho au sein des institutions dirigeantes du rugby, et notamment auprès d'Alan Gilpin, patron de l'organisation de la prochaine Coupe du Monde qui se tiendra au Japon en 2019 : "Il est décevant de voir le rugby faire les gros titres pour les mauvaises raisons. Généralement, nous avons toujours eu de fantastiques ambassadeurs de notre sport. Israel en était un, et il le redeviendra dans l'avenir. Les valeurs de notre sport prônent l'intégration et la diversité, et le rugby s'est toujours adressé à tout le monde. Aussi, je pense qu'il faudrait réfléchir à durcir les régulations concernant la communication dans le rugby mondial. Si des gens possèdent des opinions qui vont à l'encontre de nos valeurs d'intégration, alors qu'ils les gardent pour eux."

Dans ce contexte et au-delà de ces possibles évolutions réglementaires, le prochain Chiefs-Waratahs (le 26 mai) ou le prochain Nouvelle-Zélande-Australie promettent de chaudes retrouvailles entre Brad Weber, TJ Perenara et Israel Folau.

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