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Pour Ronan O'Gara, le perdant va prendre "une grande claque"

Pour Ronan O'Gara, le perdant va prendre "une grande claque"

Le 11/02/2022 à 16:55Mis à jour Le 11/02/2022 à 17:12

TOURNOI DES SIX NATIONS 2022 - Y a-t-il quelqu'un de mieux placé pour analyser la confrontation entre France et Irlande à venir que Ronan O'Gara ? Dans sa chronique au Irish Examiner, il analyse forces et faiblesses des Bleus, évoque l'absence de Sexton et donne son pronostic.

Le légendaire demi d'ouverture entame sa chronique en évoquant ce poste qu'il connaît tout particulièrement. Jonathan Sexton est absent et si on sent au fil de ses phrases que c'est une lourde perte pour le XV du Trèfle, il fait remarquer non sans une pointe d'ironie que "la France est trop attachée à se créer un statut de favorite à la coupe du monde 2023 pour se préoccuper de qui sera le numéro 10 irlandais. Même s'il y a un respect évident en France pour Sexton, il n'est finalement qu'un joueur irlandais de plus". Et si Galthié lui a donné raison en conférence de presse en s'attachant à dire que les hommes de Farrell seraient tout aussi dangereux sans leur maestro; on ne peut s'empêcher de penser que la nouvelle de son absence est tout de même bienvenue, surtout quand on voit le niveau que Sexton a atteint face aux Gallois.

Toujours dans ce leitmotiv qui dit que la France se soucie plus d'elle-même que de son adversaire, il en vient aux joueurs. O'Gara rappelle que "si Dupont a été moqué pour sa une de GQ, il assume désormais son costume de meilleur joueur du monde". Le mot est choisi soigneusement pour rappeler le peignoir jaune. De même, il souligne que Moefana "fera ses débuts en tant que titulaire dans un Six Nations et sera plus inquiet de ça que de l'Irlande", que Villière et Jaminet savent Thomas et Dulin "attendant leur chance tapis dans l'ombre" ou encore que "Penaud va continuer ses efforts et causer des problèmes samedi, lui qui est en train de devenir un des meilleurs joueurs du monde. Jonathan Sexton et son absence sont alors loin d'inspirer toutes les conversations à Paris" assène-t-il.

6 Nations - Jonathan Sexton (Irlande)

6 Nations - Jonathan Sexton (Irlande)Icon Sport



Il va même plus loin dans son analyse posant la France comme son seul adversaire en affirmant que "les Français devraient concentrer leurs discussions sur la discipline de leur équipe qui est, souvenez-vous de ces mots, la seule grosse menace qui pourraît priver l'équipe de France d'un titre mondial l'an prochain." 14 pénalités face à l'Italie quand les Irlandais ont concédé leur première à la 52ème de leur rencontre avec les Gallois, il est vrai que le chiffre est saisissant. O'Gara se demande si "c'est quelque chose dont les Français sont capables ?". Réponse samedi, peut-être...

Pour que la rencontre ne soit pas biaisée par de mauvaises conditions et donc certaines fautes et erreurs de mains inévitables, il souhaite qu'il y ait "un ballon sec car dans ce qui est pour moi le meilleur stade extérieur du monde, il y a de quoi saliver notamment avec Dupont, Furlong, Porter, qui est en train de devenir un monstre, qui sont pour moi parmi les 5 meilleurs joueurs de l'Hémisphère Nord et Mack Hansen dont on ne connaît pas le plafond". On ne pourra que lui donner raison sur l'eau que nous avons à la bouche avant ce sommet. Mais pour lui, cet affrontement aura surtout lieu devant où "les 5 de devant seront critiques ainsi que le choc entre William Servat et John Fogarty, anciens talonneurs de Toulouse et du Leinster qui mèneront des joueurs actuels de ces deux équipes". Il s'arrête sur les phases de jeu arrêtés et notamment les mêlées en insistant sur notre première ligne Baille-Marchand-Atonio "forte en mêlée fermée et pesant presque 400 kilos".

Tournoi des 6 Nations 2022 - Cyril BAILLE (France) contre l'Italie

Tournoi des 6 Nations 2022 - Cyril BAILLE (France) contre l'ItalieIcon Sport

S'il donne les Irlandais vainqueurs si tant est qu'ils gardent une discipline équivalente à celle de la semaine passée, il modère ses propos en disant que l'opinion publique irlandaise s'est peut-être un peu emballée au vu "du pauvre niveau de jeu affichée par les Gallois et de la baisse de tempo après la 50ème minute de jeu". Pour lui il est même agaçant d'avoir encaissé un essai contre une équipe qui "n'a été de classe internationale dans aucun secteur de jeu".

O'Gara achève sa chronique en analysant la défense des Bleus "très rapide et très forte autour des rucks sous Shaun Edwards et face à laquelle il faudra trouver des solutions sur les ailes, par du jeu au pied bien utilisé et grâce à des leurres au centre du terrain mettant en difficulté le nouveau (Moefana, ndlr) au centre". Il nous place donc en favoris malgré les "menaces irlandaises dont les Bleus devront se méfier" , qualifiant une hypothètique victoire irlandaise sur notre sol comme "un grand claque au plan français". Au risque de la prendre nous, on se permettra de corriger Ronan et de lui dire que c'est "une grande" et non pas "un grand" claque qui attend le perdant. Tout aussi grande que la joie qui attend le vainqueur.

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