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Galthié : "Charles Ollivon sera trop juste pour le Tournoi"

Galthié : "Charles Ollivon sera trop juste pour le Tournoi"

Le 05/01/2022 à 08:28Mis à jour Le 13/01/2022 à 18:03

TOURNOI DES 6 NATIONS 2022 - En visite au sein du club de Tournon-sur-Rhône en Ardèche, ce mardi, le sélectionneur du XV de France a dressé la feuille de route des Bleus pour l’année 2022. Avant de participer à un entrainement de l’équipe locale, qui évolue en Fédérale 2, Fabien Galthié a évoqué le prochain Tournoi des VI Nations, la composition de son groupe et les objectifs.

Qu’attendez-vous de cette année 2022, notamment après cette belle victoire face à la Nouvelle-Zélande et en vue du prochain Tournoi des VI Nations ?

C’est l’enchainement de ce que l’on a vécu et de ce que l’on va vivre. Le dernier match face aux All Blacks était notre 20e match, après avoir commencé contre l’Angleterre en 2020 dans le Tournoi. Nous attendons de pouvoir continuer sur cette dynamique et le travail entrepris. La première équipe avait 24 ans de moyenne d’âge et l’on avait choisi une équipe que l’on pouvait amener à maturité, avec une vision à quatre ans ou plus. Le challenge était d’être compétitif très tôt avec une équipe à la faible expérience internationale. Après ces 20 matchs, nous avons comptabilisé un pourcentage de 70% de victoires et 6 défaites dont 5 dans les dernières minutes. On attend de conserver une dynamique et une continuité autour de ce projet. On parle de versions, on se prépare à une version 6 pour le Tournoi à venir et on veut progresser. On a progressé à tous les niveaux, notamment dans la préparation d’un match international, dans la psychologie mais on a encore une marge de manœuvre. On n’attend rien, on a envie de faire. Et puis on est ambitieux pour ce Tournoi, pour les matchs au Japon et puis la Tournée de Novembre.

La victoire dans le prochain Tournoi fait-elle partie de cette ambition ?

Bien sûr. On entend cette injonction : "il faut que, il faut gagner le Tournoi". Quand j’ai pris ce poste il y a deux ans, on m’a beaucoup tapé sur l’épaule pour me dire "bon courage". Maintenant on entend "il faut gagner". Il y a une évolution dans le discours et les attentes, et cela est très positif. Nous voulons et nous pouvons gagner les compétitions dans lesquelles nous allons nous engager, notamment le Tournoi. Avant, il y a des étapes très importantes comme la préparation. Le staff et l’équipe vont encore grandir pour accumuler plus de sélections, d’expérience collective, et obligatoirement l’équipe de France sera meilleure. Il y avait une vision. On aurait pu prendre une équipe beaucoup plus mature, beaucoup plus âgée et peut-être plus expérimentée. C’était un choix d’arriver en 2023 avec une équipe ayant un vécu, un parcours commun pour une cohérence dans la sélection, et une continuité de développement collectif.

Faut-il s’attendre à une évolution dans votre groupe pour ce Tournoi ?

Tous les lundis, on se réunit pour faire un groupe et une composition d’équipe. Quinze jours après le match de novembre face aux All Blacks, on a refait une composition d’équipe avec un capitaine qui était Antoine Dupont. Et on a refait un groupe de 75 joueurs. Il est vrai qu’il apparait de nouveaux joueurs. Ce ne sont pas des "ovnis", passés par des filières différentes. Cette liste, on ne la communique pas. Ce sera une liste de 42 joueurs que l’on communiquera la semaine précédant notre rassemblement. Parmi les joueurs qui entrent dans cette liste, il y a Thomas Lavault, Matthias Haddad, Paul Boudehent et Jules Favre (La Rochelle), Yoan Tanga (Racing), Antoine Miquel (Toulouse), Léo Coly (Mont-de-Marsan), Léo Berdeu et Ethan Dumortier (Lyon) et Lester Etien (Paris). D’autres sont déjà venus. La photo, à l’instant-T, c’est ça. On publiera la liste la semaine du lundi 17 janvier.

La situation sanitaire entre également en ligne de compte dans la préparation…

Pour le moment, on s’est adapté aux contraintes, et on s’adaptera. C’est au jour le jour, à la semaine. On croise les doigts pour pouvoir remplir à nouveau le Stade de France comme le 20 novembre, où l’on a vécu un moment extraordinaire, comme aussi à Bordeaux. On croise les doigts pour pouvoir retrouver notre public.

"Avant le match face aux All Blacks, j’ai dit à mon staff : si on gagne, il ne faudra pas que l’on prenne le boulard !"

Avec le recul, comment inscrivez-vous cette victoire face à la Nouvelle-Zélande et comment la mettez-vous en perspective pour les échéances à venir ?

Lorsque l’on s’est réuni le matin du match, avec le staff, et je leur ai dit que si l’on perdait, il ne faudrait rien remettre en question car on aura fait ce que l’on pouvait faire de mieux. Depuis le début, on est cohérent et juste. Mais si l’on gagne, il faudra juste ne pas prendre le boulard, garder les pieds sur terre. La préparation et le contenu de ce match sont le fruit d’un travail engagé depuis maintenant deux ans. Ce match se situait dans un chemin que l’on avait identifié. Il est clair que l’on a besoin de gagner. L’équipe de France en a besoin. On est à 70% de victoires en 20 matchs, avec un axe de travail sur les dernières actions d’un match. On a envie de continuer à progresser. On le peut, dans tous les secteurs de notre rugby. On est 5e au classement mondial et on a touché le 3e rang. Nous pouvons continuer à monter.

La victoire face aux All Blacks a-t-elle une saveur proche de celle d’un titre ?

Ce qui est important, c’est qu’il faut souvent être sur le podium pour être compétitif sur une Coupe du Monde. Ce match rentre dans les grandes victoires comme notre premier match contre l’Angleterre (Tournoi 2020) ou ce match en Australie (été 2021). Toutes les défaites nous ont donné de l’espoir. Elles ont permis aux joueurs de croire en eux. De compétition en compétition, on a le sentiment que cette équipe progresse. Cela nous a toujours permis d’améliorer des dimensions de notre jeu. Ces belles victoires, ce sont des moments qui sont ancrés dans notre salon d’honneur, notre feuille de route avec nos performances. On voit ce que l’on a été capable de faire avec ces joueurs. Alors pourquoi on ne serait pas capable de faire mieux ? Pour le moment, nous sommes en position de vouloir gagner un titre !

Antoine Dupont meilleur joueur mondial 2021, quelle a été votre réaction ?

Je pense qu’Antoine a bien parlé, et il a su partager son titre avec ses partenaires du Stade Toulousain et de l’équipe de France, ses éducateurs du Gers, de Toulouse et du staff des Bleus. C’est un moment de reconnaissance individuel qui rejailli sur l’ensemble du rugby français. On se dit que c’est possible d’avoir un joueur français reconnu parmi les meilleurs mais maintenant il faut que notre équipe, et c’est possible, soit reconnue parmi les meilleures. Ou bien comme la meilleure. Je pense que c’est possible. Je pense qu’Antoine peut donner envie à ses partenaires d’être dans la short list pour être élu joueur de l’année, et pourquoi pas notre équipe…

Quelle est notamment votre réflexion au poste de demi de mêlée, alors qu’un Baptiste Serin a par exemple fait son retour avec le RC Toulon ?

Il est dans cette liste des 75 joueurs. Aujourd’hui, l’ordre est en numéro 1 Antoine Dupont, en numéro 2 Maxime Lucu et en numéro 3 Baptiste Couilloud.

Avez-vous des nouvelles de Charles Ollivon ?

Charles est dans la liste des 75 joueurs mais il est en phase de reprise. Il espère reprendre courant février. On va le suivre de près et on échange. Il n’y a pas de raison pour que Charles ne revienne pas dans le groupe, à moyen terme. À court terme, pour être honnête, je pense que le Tournoi se sera trop juste pour lui. Projetons-nous, peut-être, sur la deuxième partie de saison. Cela lui laisse le temps de ne pas faire les choses trop vite. Vous connaissez son parcours, Charles a passé beaucoup de temps à soigner une épaule et une omoplate qui l’ont quasiment condamné à l’arrêt. Je ne pense pas qu’une blessure aux ligaments croisés du genou va l’arrêter. Le garçon est tenace et exemplaire pour beaucoup d’entre nous. Il est en train de se muscler psychologiquement.

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