Midi Olympique

Mettez le paquet !

Mettez le paquet !
Par Nicolas Zanardi via Midi Olympique

Le 31/01/2020 à 10:44Mis à jour Le 31/01/2020 à 11:15

XV DE FRANCE - "Retrouver un pack qui fait peur." C’est par ces mots que le nouveau sélectionneur Fabien Galthié a annoncé quel serait son premier chantier à la tête du XV de France. Mais ce cinq de devant recomposé saura-t-il se hisser à la hauteur des espérances dès dimanche, face à une Angleterre bien décidée à laver l’affront subi en finale de la Coupe du monde contre l’Afrique du Sud ?

Ce sera tout l’enjeu d’une rencontre susceptible d’enfin réconcilier le XV de France avec son public et le lancer sur la voie de la rédemption. Ou pas…

C’est une rengaine qui colle à l’équipe de France comme une plaie depuis quelques années. À savoir que la conquête des Bleus, socle historique du rugby hexagonal et de ses derniers succès sur la scène internationale (on veut parler bien sûr du grand chelem 2010 et de l’accession à la finale de la Coupe du monde 2011), ne faisait plus peur à personne… Nul besoin d’un gros effort de mémoire pour s’en convaincre, à la lumière de ces six essais concédés sur ballons portés pendant le Mondial, ou cette mêlée fermée placée sur le reculoir par l’Argentine ou les Tonga jusqu’au coup de grâce infligé par le pays de Galles, comme un crachat en pleine figure de l’identité française. Deux mêlées perdues qui ont longtemps hanté les nuits de ceux qui les ont vécues, à commencer par l’expérimenté pilier Jefferson Poirot.

"Au-delà de cette mêlée qui nous coûte l’essai de Moriarty, je regrette encore davantage celle qui déclenche ce scénario catastrophe se situait de l’autre côté du terrain, rappelait le Bordelais. À cinq mètres de l’en-but gallois, on se retrouve à 7 contre 8 à cinq mètres et on décide d’effectuer une double flexion, sans mettre de numéro 8 pour canaliser le ballon. On ne le contrôle pas, on le perd en route et derrière tout s’enchaîne… Aujourd’hui encore, je ne m’explique pas pourquoi nous avons fait ça. J’espère au moins qu’on en retiendra les leçons pour les quatre ans à venir. "

Un axe droit à reconstruire

Ces leçons ? Elles tiennent en premier lieu des méthodes de travail, où le XV de France s’est promis de changer son fusil d’épaule. Symboliquement ou pas, William Servat a ainsi pris l’initiative de changer la mousse du joug des Bleus, tout en convainquant ses ouailles de changer leur approche de l’épreuve de force collective.

"Au Japon, on n’a pas travaillé assez collectivement, on était trop désunis, abondait Poirot. On ne poussait pas dans le même axe, il n’y avait pas de bonnes liaisons… C’était difficile de pouvoir s’en sortir en étant aussi mauvais collectivement. Là, avec William Servat, on est dans l’hyper détail. On travaille sur des choses infimes qui, au final, doivent faire beaucoup de différences. "

Sauf que les Bleus partent encore une fois de très loin, avec un axe droit à totalement reconstruire après les non-sélections de Slimani, Vahaamahina et Lauret, tandis que ces derniers ont enregistré lundi le forfait de Camille Chat, plus que pressenti pour succéder à Guilhem Guirado. De quoi "s’obliger" à rajeunir plus encore le paquet d’avants avec les intégrations des inexpérimentés Marchand, Haouas ou Bamba aux côtés de Willemse ou Cros, qui font presque figure d’ancêtres du haut de leurs 27 et 25 ans, pour seulement 7 sélections cumulées…

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