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L’antisèche : pas flippés, ces dauphins bleus

L’antisèche : pas flippés, ces dauphins bleus
Par Nicolas Zanardi via Midi Olympique

Le 31/10/2020 à 23:42Mis à jour Le 01/11/2020 à 08:30

TOURNOI DES 6 NATIONS 2020 - Conscients que l’objectif des 31 points d’écart était un brin trop ambitieux, les Bleus n’en ont pas moins construit avec méthode un succès bonifié synonyme d’une deuxième place dans le Tournoi d’autant plus prometteuse que le XV de France n’avait battu l’Irlande qu’une seule fois lors des neuf dernières confrontations.

Le fait : le bonus de la méthode

C’était un secret de Polichinelle, mais l’objectif à atteindre des 31 points d’écart pour s’adjuger le Tournoi au nez et à la barbe de l’Angleterre semblait un brin prétentieux avant le match. Et pour tout dire, c’était davantage une petite pression qui pesait sur les épaules des Bleus avant ce match, puisqu’une défaite les aurait conduits à terminer le Tournoi à la quatrième place et aurait, qu’on le veuille ou non, mis fin à l’état de grâce de la bande à Fabien Galthié… Loin de ces objectifs un brin déraisonnables, c’est donc un XV de France appliqué à assurer une convaincante victoire qu’il nous fut donné d’observer.

Et pour tout dire, le pragmatisme affiché par le capitaine Charles Ollivon fut plutôt pour nous séduire, qui sut temporiser les ardeurs de ses partenaires pour prendre sagement les points qui se présentaient, plutôt que de s’élancer trop tôt à l’abordage d’un hypothétique bonus offensif. L’avance de 15 points bâtie à la 53e s’avérant tout sauf superflue pour contenir le prévisible sursaut d’orgueil irlandais qui suivit, qui permit aux Bleus de faire patiemment le dos rond avant de porter définitivement l’estocade en fin de match par Vakatawa, pour un bonus offensif décroché avec froideur et méthode.

Le tournant : et Bouthier se remit dans le bain...

Pour tout dire, on se faisait un peu de souci au sujet d’Anthony Bouthier, coupable d’une faute grossière qui lui valut un carton jaune logique à la 10e minute, qu’il donna l’impression de cogiter toute la fin de la première période. Il faut croire que la pause eut un effet salvateur pour le Montpelliérain puisque celui-ci se signala d’entrée de deuxième mi-temps par plusieurs interventions propres (enchaînant un pied droit et un pied gauche pour renvoyer les Irlandais dans leur camp), avant une réception de chandelle périlleuse, bonifiée immédiatement par un offload en direction de Romain Ntamack. Le point de départ d’une superbe contre-attaque, marquée par un débordement et un coup de pied à suivre de Fickou, avant que l’opportuniste Dupont parvienne à servir d’une passe acrobatique son ouvreur pour l’essai du break (44e).

Anthony Bouthier au soutien de Grégory Alldritt

Anthony Bouthier au soutien de Grégory AlldrittIcon Sport

L’action : cad’deb’ de Fickou, soutien gagnant de Dupont

Difficile de ne pas mentionner ici le superbe premier essai français (7e), parti d’un jeu au pied de pression d’Antoine Dupont sauvé in extremis de la sortie directe en touche par une habile claquette de Vincent Rattez. Un relais de Bernard Le Roux plus tard, le ballon se voyait écarté au large par Romain Ntamack pour Anthony Bouthier qui, bien qu’arrêté, manœuvrait assez habilement pour le transmettre d’une longue passe sur l’aile de Gaël Fickou, placé en un contre un face au pilier droit adverse Porter.

D’une merveille de cadrage-débordement, le couteau suisse de la ligne de trois-quarts tricolore enrhumait son pauvre adversaire avant de prendre de vitesse Conor Murray, puis d’envoyer à l’essai Antoine Dupont qui, dans son style caractéristique, avait parfaitement anticipé le mouvement pour se porter au soutien à l’intérieur de son partenaire. De la belle ouvrage, qui plus est conclue entre les poteaux par le demi de mêlée tricolore.

Le joueur : Ntamack, c’est la classe

Son duel avec le vétéran Jonathan Sexton était annoncé comme une des attractions de la rencontre. Et s’il fallait choisir une image pour choisir un vainqueur, celle de l’Irlandais quittant le terrain avec une moue boudeuse à la 68e parlait d’elle-même… Hasard ou pas, sur l’action qui suivit ou presque, Romain Ntamack scella pratiquement à lui seul l’issue de la rencontre, d’un lumineux petit coup de pied par-dessus (du gauche !) pour lui-même, qui ouvrit la voie de l’essai du bonus offensif à Vakatawa.

Auteur au préalable d’un essai au soutien de Dupont (44e) et d’un remarquable 6/7 dans ses tentatives de tir au but, Romain Ntamack a de nouveau, si besoin était, mis d’accord toute la concurrence. Car certes, son jeu au pied n’est pas encore parfait et certes, certaines de ses initiatives ballon en main ne furent pas toutes marquées du sceau de la justesse. Mais au regard du traitement de faveur que lui imposa l’équipe irlandaise tout au long de la partie, entre les percussions de Bundee Aki et les plaquages à retardement de la troisième ligne, la prestation de Romain Ntamack demeure marquée du sceau de la vraie, de la grande classe, qui plus est pour un môme de 21 balais...

Romain N'Tamack (France) en action face à l'Irlande

Romain N'Tamack (France) en action face à l'IrlandeIcon Sport

La stat : 14 pénalités concédées, encore

On les attendait au tournant, après les 16 pénalités concédées contre le pays de Galles. Las, les Bleus ont eu une fois de plus du mal à régler le curseur entre l’agressivité et le respect du règlement, puisque ces derniers ont encore été sanctionnés de 14 pénalités dont un carton jaune. Une indiscipline qui fut encore une fois la planche de salut des adversaires du XV de France, celle qui leur permit de se maintenir dans le match. On ne peut à ce titre que frissonner en mesurant la marge de progression de ces Bleus-là, lorsqu’ils s’avéreront enfin capables de terminer un match en-dessous de la barre des dix pénalités concédées par match...

La question: Galthié doit-il faire tourner son équipe pour le prochain match?

Avec une composition d'équipe maintenue dans sa quasi-intégralité entre le pays de Galles et l'Ecosse, Fabien Galthié a déjà octroyé deux feuilles de match à son XV de majeur. Or, les derniers accords entre la FFR et la LNR ne lui en autorisent que trois sur la fenêtre d'automne, qui comporte encore quatre rencontres à jouer. Alors, que faire, contre les Fidji dans deux semaines: maintenir une dernière fois cette équipe type, pour surfer sur la bonne dynamique et donner encore un peu de temps de jeu en commun à tous ces joueurs, ou panacher les éléments pour procéder à une revue d'effectif?

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